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La polygamie de Mohammed (psl)

Dimanche 18 Mai 2008 - 14:37:41

La polygamie de Mohammed (psl) a été souvent utilisée comme cheval de bataille pour dénigrer l’Islam et son Prophète.

Quand on examine minutieusement la vie conjugale du Prophète Mohammed, on s’aperçoit qu’il n’avait jamais pratiqué la polygamie pour le plaisir charnel, mais pour d’autres raisons éminemment importantes.
En effet, s’il avait une quelconque ‘obsession sexuelle’ comme le prétendent ses adversaires, il n’aurait pas attendu jusqu’à vingt cinq ans pour se marier, dans un milieu où les jeunes se mariaient dès l’adolescence. De même qu’il n’aurait pas accepté d’épouser une femme âgée de 40 ans, soit de 15 ans son aînée et passer le printemps de sa jeunesse avec elle.
Lorsqu’il reçut la mission à 40 ans, il pouvait facilement se remarier auprès de son entourage, d’autant plus que Kadijah était déjà entrée dans la vieillesse, mais il n’y a guère songé. La force de l’âge se situe entre 20 et 50 ans, c’est au cours de cette période que se manifeste l’appétit sexuel d’un homme; or, Mohammed a passé cette période de sa jeunesse avec une vieille dame. Ses détracteurs soutiennent qu’il resta avec Kadijah à cause de sa richesse; cet argument est faux parce que, avant la mission il n’avait pas besoin de la richesse de Kadijah et de toute façon cela ne l’empêchait pas de prendre une maîtresse ou du moins une servante, et après la mission, il pouvait se passer de la fortune de Kadijah du fait que Abou bakr, Uthmane et d’autres étaient là pour financer. C’est seulement à l’âge de 53 ans et après le décès de son épouse bien-aimée que la polygamie s’est imposée au Prophète par la Volonté de Dieu et les besoins de sa mission.
Ses différents mariages devaient répondre aux exigences politiques, humanitaires et législatifs du message. Ses épouses faisaient fonction de jurisconsultes pour les femmes musulmanes. Il y a des questions délicates qui ne peuvent être discutées qu’entre femmes. Ainsi, les femmes du prophète ont contribué à enrichir et à  transmettre la législation féminine. Il est des cas où le mariage du prophète était motivé par la nécessité de nouer des liens d’amitié avec certaines tribus. En outre, certaines femmes avaient rendu de grands services ou devenues veuves pour la cause de l’Islam. Le Prophète devait les recueillir soit à cause des orphelins à leur charge, soit à cause de leurs époux morts pour l’Islam, soit en récompense des services rendus par la veuve. Donc, leur mariage avec le prophète était pour elles la meilleure récompense. Quelle musulmane refuserait d’être l’épouse d’un Messager de Dieu, même en présence d’autres épouses?

Quant à son mariage avec Zaineb bint Jahch -injustement décrié par ceux qui n’en connaissent pas les raisons- il a essentiellement pour but d’abolir la coutume de l’adoption. Par ailleurs, c’est Mohammed qui maria Zaineb à Zaïd ibn Haritha, son fils adoptif. Le ménage connut ensuite des difficultés et, malgré les tentatives de réconciliation des époux par le Prophète, Zaïd finit par divorcer. Dans leurs coutumes, les Arabes traitaient le fils adoptif au même titre que le propre fils tant en ce qui concerne les droits de succession que l’interdiction de mariage: la femme divorcée ou veuve du fils adoptif était interdite à l’adoptant. C’est cette coutume que le Coran voulait réformer.
Peu de temps après le divorce de Zaineb, le Prophète reçut l’ordre de Dieu d’épouser cette dernière. Celui-ci hésita et il fut blâmé pour cela: «Tu craignais les gens, et c’est Allah qui est plus digne de ta crainte. Puis quand Zaid eut cessé toute relation avec elle, Nous te la fîmes épouser, afin qu’il n’y ait aucun empêchement pour les croyants d’épouser les femmes de leurs fils adoptifs, quand ceux-ci cessent toute relation avec elles. L’ordre d’Allah doit être exécuté. Il n’y a pas de faute à reprocher au Prophète au sujet de ce qu’Allah lui a imposé, conformément aux lois établies pour ceux qui vécurent antérieurement. L’ordre d’Allah est un Décret immuable.» Coran 33.37-38

Dès la révélation de ce verset, la coutume de l’adoption fut abolie. Le prophète n’avait aucunement le choix, il ne faisait qu’exécuter le destin et l’ordre de Dieu.

Allah dit dans un autre endroit: «Et Nous avons certes envoyé avant toi des Messagers, et leur avons donné des épouses et des descendants.» Coran 13.38 

Mohammed avait neuf épouses lorsque fut révélé le verset fixant à quatre le nombre des femmes qu’un musulman a le droit de réunir en mariage. Faut-il comprendre qu’il était au-dessus des lois révélées? Non, loin de là. Celui-ci proposa à cinq de ses femmes de se libérer des liens du mariage, et il leur offrit les moyens de subsistance. Mais aucune d’elles n’avait accepté sa proposition. Et comme il ne pouvait pas les divorcer contre leur gré, il s’est trouvé dans un dilemme que le Coran a tranché: il ordonna au Prophète de rompre ses liens de cohabitation avec toutes sauf quatre (cf. Coran 33.51). Dès lors, cinq femmes étaient séparées de fait mais elles voulurent, malgré tout, garder le lien de droit.


Aïcha (radhia Allâhou anhâ)

Dimanche 18 Mai 2008 - 14:35:24

Aïcha (radhia Allâhou anhâ)

La vie d'Aïcha (radhyallâhou'anha) est la preuve qu'une femme peut être beaucoup plus instruite que les hommes et qu'elle peut enseigner à des érudits et à des spécialistes.

C'est aussi la preuve qu'une femme peut exercer une influence sur les hommes et leur être source d'inspiration et de commandement.

C'est encore la preuve que cette même femme peut être totalement féminine et être source de plaisir, de joie et de réconfort pour son époux.

Elle n'était pas diplômée d'une université, il n'y avait pas encore de telle structure à son époque. Mais aujourd'hui, ses paroles sont étudiées dans les facultés de littérature, ses déclarations juridiques sont étudiées dans les écoles de droit, sa vie et son œuvre sont étudiées et font l'objet de recherches par les étudiants et les professeurs d'histoire de l'Islam comme elles l'ont été depuis des centaines d'années.

La plus grande partie de son vaste trésor de connaissance a été acquise quand elle était encore assez jeune. Dans sa tendre enfance, elle a été élevée par son père (Abou Bakr (radhyallâhou'anhou)) qui était considérablement aimé et respecté car il était un homme de grande connaissance, de bonnes manières et d'agréable compagnie. De plus, il était l'ami le plus proche du noble Prophète (sallallâhou 'alayhi wa sallam) qui leur rendait fréquemment visite dès les premiers jours de sa mission.

Dans sa jeunesse, déjà connue pour sa beauté frappante et sa mémoire formidable, elle s'est attirée l'affection et l'attention du Prophète (sallallâhou 'alayhi wa sallam) lui-même. En tant qu'épouse et proche compagne de Mouhammad (sallallâhou 'alayhi wa sallam), elle acquît de lui des connaissances et la perspicacité qu'aucune femme n'a jamais acquise.

Aïcha (radhyallâhou'anha) est devenue la femme du Prophète (sallallâhou 'alayhi wa sallam) à Makkah, mais elle est allé vivre auprès de lui qu'après l'émigration à Médine.

Avant et après ses noces, elle a conservé sa gaieté naturelle et son innocence, et elle ne semblait pas du tout intimidée à l'idée d'être l'épouse de celui qui était le Messager de Dieu (sallallâhou 'alayhi wa sallam), que tous ses compagnons, y compris ses propres parents, traitaient avec plus d'amour et de respect qu'ils n'en avaient jamais témoigné à qui que ce soit.

Au sujet de son mariage, elle a rapporté que peu avant qu'elle quitta la maison de ses parents, elle sortit dans la cour pour jouer avec une amie qui passait : "J'étais en train de jouer sur une bascule et mes longs cheveux flottant au vent étaient ébouriffés…", dit-elle. "Ils vinrent, me prirent de mon jeu et me préparèrent. " Ils la vêtirent d'une robe de mariée faite de fin tissu à rayures rouges de Bahrain et ensuite sa mère l'emmena à la maison récemment construite où des femmes des Ansars attendaient devant la porte. Elles l'accueillirent en disant : "Pour toujours et dans la joie, soit la bienvenue !"

Alors, en présence du Prophète (sallallâhou 'alayhi wa sallam), souriant, un bol de lait fut amené. Le Prophète (sallallâhou 'alayhi wa sallam) en but lui-même et en offrit à Aicha (radhyallâhou'anha). Elle refusa timidement mais il insista, elle but et offrit le bol à sa sœur Asma (radhyallâhou'anha) qui était assise à ses côtés. D'autres en burent aussi et ce fut simple et solennel. Il n'y eut pas de fête de mariage.

Son mariage avec le Prophète (sallallâhou 'alayhi wa sallam) ne changea pas son caractère enjoué. Ses jeunes amies venaient régulièrement lui rendre visite dans son propre appartement.

"J'étais en train de jouer avec mes poupées", dit-elle, "avec les filles qui étaient mes amies ; le Prophète (sallallâhou 'alayhi wa sallam) entra et celles-ci se sauvèrent hors de la maison. Il sortit les rechercher et les ramena, car il était satisfait pour ma sécurité qu'elles soient là."

Parfois il disait : "Restez où vous êtes" avant qu'elles n'aient eu le temps de partir, et il se joignait aussi à leurs jeux.

Aicha (radhyallâhou'anha) dit :

Un jour le Prophète (sallallâhou 'alayhi wa sallam) entra alors que j'étais en train de jouer avec mes poupées - il y avait également un cheval ailé parmi celles-ci- , et il dit : "O Aicha, quel est ce jeu ?" "Ce sont les chevaux de Salomon" dis-je, ce qui le fit rire.

Parfois il entrait et se cachait avec son manteau pour ne pas déranger Aicha (radhyallâhou'anha) et ses amies.

La vie d'Aicha (radhyallâhou'anha) à Madinah eut aussi des moments plus sérieux et tourmentés. Un jour, son père et deux compagnons qui étaient restés avec lui attrapèrent une dangereuse fièvre qui était fréquente à Madinah à certaines saisons. Un matin, Aicha (radhyallâhou'anha) vint lui rendre visite et fut consternée de trouver les trois hommes couchés, complètement faibles et épuisés. Elle demanda à son père comment il allait et il lui répondit sous forme de vers mais elle ne comprit pas ce qu'il disait. Les deux compagnons lui répondirent également en vers qui lui semblaient n'être que du babillage inintelligible. Elle fut profondément troublée et retourna chez elle pour dire au Prophète (sallallâhou 'alayhi wa sallam) : "Ils délirent, ils n'ont plus leurs esprits, à cause de la fièvre". Il lui demanda ce qu'ils avaient dit, et il fut quelque peu étonné quand elle répéta presque mot pour mot les paroles qu'ils avaient prononcées et qui avaient un sens, bien qu'elle ne l'avait pas complètement saisi alors.

C'était une démonstration de la puissante capacité de sa mémoire, qui, après que les années passèrent, put préserver beaucoup de paroles inestimables du Prophète (sallallâhou 'alayhi wa sallam).

Parmi les épouses du Prophète (sallallâhou 'alayhi wa sallam) à Madinah, c'était clair qu'Aicha (radhyallâhou'anha) était celle qu'il aimait le plus.

De temps en temps, l'un de ses compagnons demandait : "O Messager de Dieu (sallallâhou 'alayhi wa sallam), qui aimes-tu le plus au monde ?" Il ne donnait jamais la même réponse à cette question car il ressentait un grand amour pour ses filles et leurs enfants, pour Abu Bakr, pour Ali, pour Zayd et son fils Usamah. Mais de ses épouses, la seule qu'il nommait était Aicha (radhyallâhou'anha). Elle l'aimait aussi beaucoup en retour, et voulait souvent être rassurée quant à son amour pour elle.

Une fois elle lui demanda "Comment est ton amour pour moi ?". Il lui répondit : "Comme le nœud de la corde", voulant ainsi dire qu'il était fort et sûr. A maintes reprises ensuite elle lui demanda comment était le nœud, il lui répondait : "Alâ haaliha - de la même façon…"

Ainsi aimait-elle le Prophète (sallallâhou 'alayhi wa sallam), et son amour était "jaloux" ; elle ne pouvait supporter l'idée que les attentions du Prophète (sallallâhou 'alayhi wa sallam) puissent être données à d'autres plus qu'elle ne jugeait suffisant.

Elle lui demanda : "O Messager de Dieu (sallallâhou 'alayhi wa sallam), parle-moi de toi-même. Si tu étais entre les deux pentes d'une vallée dont l'une avait été donnée en pâture tandis que l'autre ne l'avait jamais été, laquelle choisirais-tu pour faire paître ton troupeau ?" "Sur celle qui n'a jamais été donnée en pâture", répondit-il. Elle dit : "…Et bien je ne suis pas comme tes autres épouses, chacune d'elle avait déjà été mariée sauf moi." Le Prophète (sallallâhou 'alayhi wa sallam) sourit et ne dit rien.

De sa jalousie Aicha dit des années plus tard : Je n'étais jalouse d'aucune autre épouse du Prophète (sallallâhou 'alayhi wa sallam) comme je l'ai été de Khadîdja (radhyallâhou'anha) parce qu'il faisait constamment allusion à elle, et parce que Dieu lui avait ordonné d'annoncer à celle-ci la bonne nouvelle d'une demeure au Paradis faite de pierres précieuses. Et chaque fois qu'il sacrifiait un mouton, il en envoyait un beau morceau à celles qui avaient été ses amies intimes. Plusieurs fois je lui dis : "C'est comme s'il n'y avait eu d'autres femmes au monde que Khadîdja."

Une fois, alors qu'Aicha (radhyallâhou'anha) s'était plaint et avait demandé à son époux pourquoi il parlait tant d'une "vieille femme Qouraïchite" (elle faisait par là allusion àKhadîdja), le Prophète (sallallâhou 'alayhi wa sallam) fut blessé et lui dit : "Elle fut l'épouse qui a cru en moi quand d'autres m'ont rejeté. Quand les gens m'accusaient de mentir, elle a affirmé ma sincérité. Quand j'ai été abandonné, elle a dépensé sa richesse pour soulager le poids de ma douleur."

En dépit de son sentiment de jalousie qui néanmoins n'était pas de nature destructrice, Aicha (radhyallâhou'anha) était vraiment une âme généreuse et patiente.

Elle supportait avec le reste de la famille du Prophète (sallallâhou 'alayhi wa sallam) la pauvreté et la faim, qui, souvent, durèrent longtemps. Pendant des jours interminables, aucun feu n'était allumé dans la maison du Prophète (sallallâhou 'alayhi wa sallam) qui était modestement meublée pour cuisiner ou cuire le pain, et ils vivaient simplement de dattes et d'eau.

La pauvreté ne lui a causé ni détresse ni humiliation. Et la suffisance, quand elle est venue, n'a pas altéré son style de vie.

Une fois, le Prophète (sallallâhou 'alayhi wa sallam) demeura loin de ses épouses pendant un mois car elles l'avaient attristé en lui demandant ce qu'il n'avait pas. C'était après l'expédition de Khaybar, quand une hausse des richesses aiguisa l'appétit de ceux qui étaient présents. De retour de cette retraite qu'il s'était lui-même imposé, il se rendit en premier à l'appartement d'Aicha (radhyallâhou'anha). Elle fut enchantée de le voir mais il lui annonça qu'il avait reçu une révélation qui lui ordonnait de leur proposer deux options. Il récita alors les versets suivants :

"O Prophète ! Dis à tes femmes : Si vous désirez la vie de ce monde et son faste, venez ! Je vous procurerai quelques avantages puis je vous donnerai un généreux congé. Si vous recherchez Dieu, son Prophète (sallallâhou 'alayhi wa sallam) et la demeure dernière, sachez que Dieu a préparé une récompense sans limite pour celles d'entre vous qui font le bien." (Sourate 33 / Versets 28-29)

Aicha (radhyallâhou'anha) répondit : "En effet, je désire Dieu, Son Prophète (sallallâhou 'alayhi wa sallam) et la demeure dernière." Et sa réponse fut suivie par toutes les autres.

Elle s'est tenue à son choix pendant la vie du Prophète (sallallâhou 'alayhi wa sallam) et après.

Plus tard quand les musulmans ont été gratifiés par d'énormes richesses, elle reçut un cadeau de cent milles dirhams. Elle jeûnait quand elle reçut cet argent… Elle distribua alors la somme entière aux pauvres et aux nécessiteux bien qu'elle n'ait aucune nourriture chez elle. Peu après, sa servante lui dit "Tu aurai pu acheter de la viande pour un dirham -et ne pas distribuer ainsi l'intégralité de l'argent reçu- , viande avec laquelle tu aurai pu rompre le jeûne…" "Si je m'en étais souvenu je l'aurais fait", répondit-elle.

L'affection du Prophète (sallallâhou 'alayhi wa sallam) pour Aicha (radhyallâhou'anha) dura jusqu'au dernier moment de sa vie. A la fin de sa maladie, il restait chez Aicha (radhyallâhou'anha), suivant la suggestion de ses épouses.

La plupart du temps il reposait sur une couche, la tête sur la poitrine ou les genoux d'Aicha (radhyallâhou'anha).

Elle prit le Siwâk (bâton utilisé pour se brosser les dents) de son frère, le mâcha pour le ramollir et le donna au Prophète (sallallâhou 'alayhi wa sallam). Malgré sa faiblesse, il se nettoya les dents vigoureusement avec.

Peu de temps après il perdit connaissance et Aicha (radhyallâhou'anha) pensa que c'était les prémisses de la mort, mais au bout d'une heure il ouvrit les yeux.

Aicha (radhyallâhou'anha) a préservé pour nous ces moments de la mort de la créature la plus honoré de Dieu, Son bien-aimé messager (sallallâhou 'alayhi wa sallam), puisse-t-Il répandre Ses meilleures bénédictions sur lui.

Quand il rouvrit les yeux, Aicha (radhyallâhou'anha) se souvint qu'il lui disait : "Aucun Prophète ne mourut avant que ne lui soit montrée sa place au Paradis, et qu'il n'ait eu le choix entre vivre et mourir."

"Il ne nous choisira pas maintenant…" se dit-elle. Alors elle l'entendit murmurer : "Avec la communion suprême au Paradis, avec ceux sur qui Dieu a répandu ses faveurs, les Prophètes, les martyrs et les justes…"

Elle l'entendit encore murmurer : "O Seigneur, avec la suprême communion - al malaoul a'lâ …" Et ce fut les derniers mots qu'elle l'entendit prononcer.

Petit à petit sa tête devient plus lourde sur sa poitrine, jusqu'à ce que d'autres dans la chambre commencèrent à pleurer, Aicha (radhyallâhou'anha) posa alors sa tête sur un oreiller et se joignit à leurs pleurs.

Dans le sol de la chambre d'Aicha (radhyallâhou'anha), près du divan où il se trouvait, une tombe fut creusée, dans laquelle on enterra le Sceau des Prophètes. Ce fut une occasion de grand bouleversement et une grande douleur.

Aicha (radhyallâhou'anha) survécut au Prophète (sallallâhou 'alayhi wa sallam) presque 50 ans. Elle avait été son épouse pendant dix ans.

Beaucoup de son temps, elle l'a passé à apprendre et comprendre les deux plus importantes sources de la guidée de Dieu : le Coran et la Sounnah du Prophète (sallallâhou 'alayhi wa sallam). Elle était l'une des trois épouses (les autres étant Hafsa et Oum Salamah (radhiyallâhou'anhouma)) à avoir mémorisé le Coran. Comme Hafsa (radhyallâhou'anha) elle eut son propre exemplaire du Coran, écrit après la mort du Prophète (sallallâhou 'alayhi wa sallam).

En ce qui concerne les hadiths ou les récits du Prophète (sallallâhou 'alayhi wa sallam), Aicha (radhyallâhou'anha) fut une des quatre personnes (les autres étant Abou Hourayrah, Abdoullah ibn Oumar, et Anas ibn Malik (radhiyallâhou'anhoum)) à avoir transmis plus de 2 000 récits.

Beaucoup concernent certains des aspects les plus intimes du comportement personnel du Prophète (sallallâhou 'alayhi wa sallam), dont seule quelqu'un dans la situation d'Aicha (radhyallâhou'anha) pouvait avoir eu connaissance.

Le plus important est que sa connaissance des hadiths fut transmise à l'écrit par au moins trois personnes, dont son neveu Ourwah, qui devint un des plus grands savants de la génération suivant celle des compagnons.

Beaucoup de compagnons instruits et de leurs successeurs tirèrent profit de la connaissance d'Aicha (radhyallâhou'anha).

Abou Moussa al-Ash'ari a indiqué que "si nous, compagnons du Messager de Dieu (sallallâhou 'alayhi wa sallam), avions quelques difficultés sur une question, nous interrogions Aicha (radhyallâhou'anha) à son sujet."

Son neveu Ourwah affirma qu'elle était non seulement compétente en matière de fiqh (jurisprudence) mais aussi en matière de médecine et de poésie.

Plusieurs des compagnons âgés du Prophète (sallallâhou 'alayhi wa sallam) sont venus chez elle lui demander conseil au sujet de questions relatives à l'héritage, qui nécessitent un esprit mathématique très habile.

Les savants la considérèrent comme l'un des premiers fouqaha (juristes) de l'Islam, au même titre que Oumar ibn al-Khattab, Ali et Abdoullah ibn Abbas (radhiyallâhou'anhoum).

(…)

Aicha (radhyallâhou'anha) a non seulement possédé un grand savoir, mais elle a participé activement à l'éducation et à la réforme sociale.

En tant que professeur elle avait un discours de style clair et persuasif ; et la puissance de son éloquence a été décrite en des termes superlatifs par al-Ahnaf qui a dit : "J'ai entendu des discours de Abou Bakr, de Oumar, de Uthman et de Ali (radhiyallâhou'anhoum) jusqu'à ce jour, mais je n'ai pas entendu de discours plus persuasif et plus beau de la bouche d'une autre personne que de la bouche de Aicha (radhyallâhou'anha)."

Les hommes et les femmes venaient de partout pour profiter de sa connaissance. On dit que le nombre de femmes était plus important que celui des hommes.

En plus de répondre aux questions, elle prit des garçons et des filles, dont certains étaient orphelins, sous sa tutelle, et les éduqua avec ses soins et ses conseils, ceci en plus de leurs parents, qui avaient reçu d'elle l'instruction. Sa maison devint ainsi une école et une université.

Certains de ses étudiants étaient exceptionnels. Nous avons déjà mentionné son neveu Ourwah en tant que distingué rapporteur de hadiths.

Parmi ses élèves femmes il y avait Oumrah bint Abdir Rahman. Elle est considérée par les érudits comme un rapporteur de hadiths digne de confiance. Elle était la secrétaire de Aicha (radhyallâhou'anha), recevant et répondant aux lettres qui lui était adressée.

L'exemple de Aicha (radhyallâhou'anha) qui favorisait l'éducation et en particulier l'éducation des femmes musulmanes en droit et dans les sciences islamiques est un exemple à suivre.

Après Khadîdja al-Kubra (la grande) et Fâtimah Az-Zahra (la resplendissante) (radhiyallâhou'anhouma), Aicha As-Siddiqah (la véridique) (radhyallâhou'anha) est considérée comme la meilleure femme de Islam.

En raison de la force de sa personnalité, elle était un meneur dans chaque domaine de la connaissance, dans la société, dans la politique et dans la guerre.

Elle a souvent regretté sa participation à la guerre mais a vécu assez longtemps pour regagner la position de femme la plus respectée de son temps.

Elle est morte en 58 après l'hégire, pendant le mois de Ramadan et pendant qu'elle enseignait.

Elle a été enterrée dans le (cimetière qui a pour nom) Jannat al-Baqi, dans la ville lumineuse (Madina Mounawwarah), à côté d'autres compagnons du prophète (sallallâhou 'alayhi wa sallam).

Qu'Allah soit satisfait d'elle et l'agrée ! Âmine


Oum Salamah (radhia Allâhou anha)

Dimanche 18 Mai 2008 - 14:27:36

Oum Salamah (radhia Allâhou anha - Qu'Allah l'agrée).

 Oum Salamah (radhyallâhou'anha) ! Quelle vie mémorable elle eut ! Son vrai nom était Hind. Elle était la fille d'un notable du clan Makhzoum surnommé "Zad ar-Râkib" parce qu'il était bien connu pour sa générosité particulièrement avec les voyageurs.

Le mari d'Oum Salamah (radhyallâhou'anha) était Abdoullah ibn Abdoul Asad (radhiyallâhou'anhou) et tous deux étaient parmi les premières personnes à accepter l'Islam. Seul Abou Bakr et quelques autres que l'on peut compter sur les doigts d'une main sont devenus musulmans avant eux.

Dès que la nouvelle de leur conversion se répandit, les Qouraïches réagirent avec une colère folle. Ils commencèrent à poursuivre et à persécuter Oum Salamah et son mari. Mais le couple n'hésita, ni ne désespéra pas et ils restèrent fermes dans leur nouvelle foi.

La persécution devint de plus en plus intense. La vie à Makkah devint insupportable pour beaucoup de nouveaux musulmans. Le Prophète (sallallâhou 'alayhi wa sallam) leur donna alors la permission d'émigrer en Abyssinie.

Oum Salamah et son mari (radhiyallâhou'anhouma) furent au premier rang de ces Mouhâdjiroûn (émigrés), à la recherche d'un refuge en terre étrangère. Pour Oum Salamah (radhyallâhou'anha), cela signifiait abandonner sa maison spacieuse et renoncer aux traditionnels liens de famille et d'honneur pour quelque chose de nouveau dans l'espoir de plaire à Allah et d'obtenir Sa récompense.

Malgré la protection qu'Oum Salamah (radhyallâhou'anha) et les compagnons reçurent du dirigeant Abyssin, le désir de retourner à Makkah, d'être près du Prophète (sallallâhou 'alayhi wa sallam), de la source de révélation et de guidée, persistait.

La nouvelle que le nombre de musulmans à Makkah avait augmenté arriva finalement aux Mouhâdjiroûn. Parmi les nouveaux convertis, il y avait Hamzah Ibn Abdoul-Mouttalib et Oumar Ibn Al Khattab. Leur foi avait énormément renforcé la communauté et les émigrés en Abyssinie entendirent que les Qouraïches avaient quelque peu diminué la persécution. Ainsi un groupe de Mouhâdjiroûn, poussé par un profond désir dans leur cœur, décidèrent de retourner à Makkah.

Le relâchement de la persécution ne fut que bref, comme le découvrirent bientôt ceux qui y retournèrent. L'augmentation spectaculaire du nombre de musulmans après l'acceptation de l'Islam par Hamzah et Oumar (radhiyallâhou'anhouma) avait même exaspéré davantage les Qouraïches. Ils intensifièrent leurs persécutions et tortures à un degré encore jamais vu. Le Prophète (sallallâhou 'alayhi wa sallam) donna alors la permission à ses compagnons d'émigrer à Madinah. Oum Salamah et son mari (radhyallâhou'anhouma) furent parmi les premiers à partir.

La Hidjrah d'Oum Salamah et de son mari (radhiyallâhou'anhouma) ne fut cependant pas aussi facile qu'ils l'avaient imaginé. En fait, ce fut une expérience amère et douloureuse et un tourment particulier pour elle.

Laissons à présent Oum Salamah (radhyallâhou'anha) nous raconter elle-même son histoire...

"Quand Abou Salamah décida de partir pour Madinah, il prépara un chameau pour moi, me hissa dessus et plaça notre fils Salamah sur mes genoux. Mon mari prit alors la tête et continua sans arrêter ou attendre quoi que ce soit. Cependant, avant que nous fussions sortis de Makkah, quelques hommes de mon clan nous arrêtèrent et dirent à mon mari :

"Quoique vous soyez libre de disposer de vous vous-mêmes, vous n'avez aucun pouvoir sur votre femme. Elle est notre fille. Vous attendez-vous à ce que nous vous permettions de l'emporter loin de nous ?"

Ils se précipitèrent alors sur lui et m'arrachèrent de ses mains. Le clan de mon mari, Banu Abdoul asad, les vit me prendre, moi et mon enfant. Ils devinrent fous de colère.

"Non, par Allah !" crièrent-ils "nous n'abandonnerons pas le garçon. Il est notre fils, et nous avons un droit sur lui."

Ils le prirent par la main et me le retirèrent brusquement. Soudainement, en l'espace de quelques instants, je me retrouvais seule et solitaire. Mon mari se dirigea vers Madinah tout seul et son clan m'avait enlevé mon fils. Mon propre clan, Banu Makhzoum, eut le dessus sur moi et me força à rester avec eux.

Depuis le jour où mon mari et mon fils furent séparés de moi, j'allais quotidiennement, à midi, jusqu'à cette vallée et m'asseyais à l'endroit où cette tragédie avait eu lieu. Je me rappelais ces moments épouvantables et pleurais jusqu'à ce que la nuit tombe sur moi.

Je continua ainsi pendant une année, jusqu'au jour où un homme des Banou Oumayyah passa par-là et vit ma condition. Il alla trouver mon clan et dit :

"Pourquoi ne libérez-vous pas cette pauvre femme ? Vous avez éloigné son mari et son fils d'elle."

Il continua à essayer d'adoucir leurs cœurs et de jouer avec leurs sentiments. Enfin ils me dirent : "Va et rejoins ton mari si tu le veux."

Mais comment pourrais-je rejoindre mon mari à Madinah et laisser mon fils, un morceau de ma propre chair et de mon sang à Makkah, chez les Banou Abdul asad ? Comment pourrais-je être sans angoisse et mes yeux sans larmes, devrais-je rejoindre le lieu de la hidjrah ne sachant rien de mon fils laissé derrière moi à Makkah ?

Certains comprirent ce que je vivais et leurs cœurs me rejoignirent. Ils adressèrent une requête aux Banu Abdul Asad pour ma défense et leur proposèrent de me rendre mon fils.

Je ne voulais pas, à présent, m'attarder à Makkah jusqu'à trouver quelqu'un pour voyager avec moi: J'avais peur que quelque chose puisse arriver qui me retarderait ou m'empêcherait de rejoindre mon mari. Donc je prépara promptement mon chameau, plaça mon fils sur mes genoux et partis en direction de Madinah.

J'eus à peu près atteint Tan'im (à environ trois miles de Makkah) quand je rencontra Outhman Ibn Talhah (c'était un gardien de la Ka'bah dans la période préislamique et il n'était pas encore musulman).

"Où allez-vous, Bint Zad ar-Rakib ?" demanda-t-il.

"Je vais chez mon mari à Madinah"

" Et il n'y a personne avec vous ? "

"Non, par Allah ! Sauf Allah, et mon garçon que voici..."

"Par Allah, je ne vous abandonnerai jamais avant que vous n'atteigniez Madinah" jura-t-il.

Il prit alors les rênes de mon chameau et nous conduisit. Je n'ai, par Allah, jamais rencontré un arabe plus généreux et noble que lui. Quand nous atteignîmes un lieu de repos, il fit agenouiller mon chameau, attendit que j'en descende, l'amena à un arbre et l'y attacha. Il alla alors à l'ombre d'un autre arbre. Quand nous fûmes reposés, il prépara le chameau et nous conduisit.

C'est ce qu'il fût chaque jour avant que nous n'ayons atteint Madinah. Quand nous fûmes arrivés à un village près de Qouba (à environ deux milles de Madinah) appartenant aux Banou Amr Ibn Awf, il dit : "Votre mari est dans ce village. Entrez-y avec les bénédictions de Dieu."

Il fit demi-tour et se dirigea vers Makkah."

Leurs routes se croisèrent finalement après la longue séparation. Oum Salamah (radhyallâhou'anha) fut ravie de revoir son mari et il fut enchanté de voir sa femme et son fils.

De grands et importants événements se succédèrent alors. Il y eut la bataille de Badr dans laquelle Abou Salamah (radhiyallâhou'anhou) participa. Les musulmans furent victorieux et se renforcèrent. Il y eut la bataille d'Ouhod, dans laquelle les musulmans furent douloureusement éprouvés. Abou Salamah (radhyallâhou'anhou) en sortit très grièvement blessé. Il sembla d'abord bien réagir au traitement, mais ses blessures ne guérirent jamais complètement et il resta cloué au lit.

Une fois, tandis qu'Oum Salamah (radhyallâhou'anha) le soignait, il lui dit :

"J'ai entendu les paroles du Messager de Dieu (sallallâhou 'alayhi wa sallam). Chaque fois qu'une calamité affligeait quelqu'un, il disait : "Certes c'est à Allah que nous appartenons et c'est vers Lui que nous retournerons." Et il priait : "Ô Seigneur ! Accorde-moi une rétribution dans mon malheur, que seul Toi, loué et puissant, peut donner."

Abou Salamah (radhiyallâhou'anhou) resta au lit, malade, pendant plusieurs jours. Un matin, le Prophète (sallallâhou 'alayhi wa sallam) vint le voir.

La visite fut plus longue que d'habitude. Tandis que le Prophète (sallallâhou 'alayhi wa sallam) était toujours à son chevet, Abou Salamah décéda. De ses mains bénites, le Prophète (sallallâhou 'alayhi wa sallam) ferma les yeux de son compagnon mort. Il leva alors les mains au ciel et pria :

"Ô Seigneur, accorde le pardon à Abou Salamah. Elève son rang parmi les biens guidés. Charge-toi de sa famille à tout moment. Pardonne-nous et pardonne-lui. Ô Seigneur des Mondes, élargis-lui sa tombe et remplis-la de lumière."

Oum Salamah (radhyallâhou'anha) se rappela la prière que son mari avait rapporté du Prophète (sallallâhou 'alayhi wa sallam) sur son lit de mort et commença à la répéter: "Certes, à Dieu nous appartenons et c'est à Lui que nous retournons." ... mais elle ne pouvait se résoudre à continuer "Ô Seigneur ! Accorde-moi une rétribution dans mon malheur et remplace-moi (ce que j'ai perdu) par quelque chose de meilleur" parce qu'elle se demandait sans cesse "qui pourrait être meilleur qu'Abou Salamah ? "... Mais elle continua malgré tout ses invocations.

Les musulmans furent énormément attristés par la situation critique d'Oum Salamah. Elle devint "Ayyim Al Arab", "la veuve arabe". Elle n'avait pas de proche à Madinah sauf ses jeunes enfants, complètement démunie...

Et les Mouhâdjiroûn comme les Ansars estimèrent qu'ils avaient un devoir envers Oum Salamah (radhyallâhou'anha).

Quand elle eut achevé son Iddah (délai de viduité de quatre mois et dix jours), Abou Bakr (radhiyallâhou'anhou) la demanda en mariage mais elle refusa. Puis Oumar (radhiyallâhou'anhou) en fit de même, mais elle déclina également. Le Prophète (sallallâhou 'alayhi wa sallam) lui présenta à son tour une proposition de mariage et elle répondit :

"Ô Messager de Dieu, j'ai trois défauts. Je suis une femme extrêmement jalouse et j'ai peur que tu voies en moi quelque chose qui t'irrite et qu'Allah me punisse pour cela. Je suis une femme d'un certain âge et j'ai de jeunes enfants."

Le Prophète (sallallâhou 'alayhi wa sallam) répondit :

"En ce qui concerne la jalousie, je prie Allah le Tout Puissant de la chasser de toi. Pour ce qui est de la question d'âge, j'ai le même problème que toi. Et quant à la famille dont tu as la charge, ta famille est ma famille."

On les maria et Allah répondit à la prière d'Oum Salamah (radhyallâhou'anha) et lui donna mieux qu'Abou Salamah (radhiyallâhou'anhou).

Dès ce jour Hind Al Makhzoumiyah n'était plus que la mère de Salamah, mais aussi la Mère de tous les Croyants, Oumoul Mou'minîn.

 Qu'Allah soit satisfait d'elle et l'agrée ! Âmine


Khadija (radhyallâhou'anha)

Dimanche 18 Mai 2008 - 14:22:45

Khadîdjah bint Khuwaylid (radhyallâhou'anha)

 Khadîdjah bint Khuwaylid (radhyallâhou'anha) est née en 68 avant l'Hégire, de Khuwaylid bin Asad et de Faatimah bint Za'idah.

Elle avait développé par son éducation des traits de caractères dignes d'éloges et était connue et appréciée pour son intelligence, sa pudeur et sa sagesse, au point que l'on commença à l'appeler "Tâhirah" (la pure).

C'était une femme d'affaire accomplie, qui avait bâti sa fortune par l'intermédiaire de quelques hommes qui faisaient du commerce pour son compte.

Elle fut d'abord mariée à Abu Hâlah bin Zurarah des Banu Tameem et fut mère de deux garçons, dont l'un mourut à la bataille d'al-Jamal, en combattant aux côtés d'Ali (radhiyallâhou'anhou).

Elle entendit parler de l'honnêteté et de la générosité du Messager de Dieu (sallallâhou'alayhi wa sallam).

Un jour, Abou Tâlib dit à son neveu : "Je suis un homme sans fortune, les temps sont devenus durs pour nous, nous avons été tourmentés par ces années de misère, et nous n'avons ni possessions matérielles ni marchandises. Cette femme, Khadîdjah, envoie des hommes de ton peuple pour faire des affaires avec sa fortune et ils en gagnent un bénéfice. Alors si elle vient vers toi, montre-lui ton honnêteté."

Khadîdja le fit chercher et lui proposa de se rendre avec sa fortune à ash-Shaam (région de la Syrie) pour faire du commerce. En contrepartie, elle lui donnerait plus qu'elle donnait aux autres hommes qui travaillaient pour elle. Elle enverrait aussi avec lui un de ses jeunes serviteurs du nom de Maysara. Le Messager de Dieu (sallallâhou 'alayhi wa sallam) accepta et partit avec sa fortune et son serviteur, Maysara, jusqu'à ce qu'il atteignit as-Shaam. Là il vendit les articles avec lesquels il était parti et acheta ce qu'il désirait acheter pour le compte de Khadîdja. Accompagné de Maysara, il embarqua pour Makkah avec une caravane. Les transactions qu'il fit rapporta deux fois plus de profit que le profit habituel… et le salaire qu'il reçut de la part de Khadîdja fut le double du salaire qu'elle donnait d'habitude.

Lorsque Maysara rapporta à Khadîdja ce qu'il avait vu du caractère de Mouhammad (sallallâhou 'alayhi wa sallam), elle le fit chercher. Elle lui dit :

"Ô cousin, vraiment, je t'apprécie en raison des liens familiaux qui nous unissent, de l'incontestable noblesse de tes origines, de ton honnêteté et de ta sincérité, mais aussi pour l'intégrité de ton caractère et la véracité de tes propos."

Et elle lui proposa le mariage.

Le Messager de Dieu (sallallâhou 'alayhi wa sallam) en fit part à ses oncles. Hamza vint avec lui et ils appelèrent Khuwaylid qui dit (en ce sens) : "Il est fort, rien ne peut l'atteindre." (Il exprima de la sorte son approbation pour le mariage…)

Ainsi, le Messager de Dieu (sallallâhou 'alayhi wa sallam) l'épousa et lui donna une dot de 20 chameaux.

Elle était âgée de 40 ans quand elle l'épousa, et il en avait 25. Elle fut sa première épouse. Le Prophète Mouhammad (sallallâhou alayhi wa sallam) ne prit aucune autre femme tant qu'elle fut en vie.

Elle lui donna 6 enfants: Al-Qaasim, 'Abdullah (surnommé Tayyib (le bon) et Tâhir (le pur)), Zaynab, Ruqqayyah, Oum Koulthoum, et Fâtimah.

Quand le Prophète (sallallâhou 'alayhi wa sallam) reçut la mission prophétique, elle fut la première à croire en Dieu et en son Messager Mouhammad (sallallâhou 'alayhi wa sallam); elle fut la première à croire en ce que Son Seigneur lui envoya et le soutint dans sa mission.

A chaque fois que le Prophète (sallallâhou 'alayhi wa sallam) était confronté à des propos détestables de la part des polythéistes qui ne croyaient pas en son message, Dieu le consolait à travers Khadîdja. Celle-ci atténuait ainsi la tristesse que provoquait chez le Messager l'attitude (de refus et de rejet) dont il était témoin de la part des gens.

Selon Aicha (radhyallâhou'anha), la Mère des Croyants, le commencement de l'Inspiration Divine ("Wahiy") à l'Envoyé de Dieu (sallallâhou 'alayhi wa sallam) prit la forme de rêves pieux, qui se révélaient véridiques comme la clarté du jour… Ensuite, l'amour de la solitude lui fut donnée.

Il se retirait, seul, dans la grotte de Hîra, où il adorait Dieu Unique continuellement pendant plusieurs jours, jusqu'à ce qu'il désirait voir sa famille. Il prenait avec lui des provisions pour son séjour. Puis, il revenait vers sa femme Khadîdja pour en reprendre de la même façon, quand soudainement la Vérité descendit à lui alors qu'il se trouvait dans la grotte.

L'ange vint à lui et lui demanda de lire. Le Prophète (sallallâhou 'alayhi wa sallam) répondit "Je ne sais pas lire." Le Prophète (sallallâhou 'alayhi wa sallam) ajouta (dans sa narration de l'événement à Aïcha) : l'ange m'attrapa avec force et me serra si fort que je ne pouvais plus le supporter.

Il me relâcha alors et me demanda à nouveau de lire et je répondis : "Je ne sais pas lire." Sur quoi il m'attrapa à nouveau et me serra une seconde fois jusqu'à ce que je ne puisse plus le supporter. Il me relâcha alors et me demanda à nouveau de lire mais à nouveau je répondis : "Je ne sais pas lire." Sur quoi il m'attrapa pour la troisième fois et me serra et me relâcha et dit : "Lis ! Au nom de Dieu, qui a créé tout ce qui existe, qui a créé l'homme à partir d'un caillot de sang, Lis ! Et ton Seigneur est le plus généreux".

Puis le Messager de Dieu (sallallâhou 'alayhi wa sallam) repartit (chez lui) avec la Révélation et le cœur battant très vite. Il vint à Khadîdja bint Khuwaylid et dit :"Couvre-moi ! Couvre-moi !" Elle le couvrit jusqu'à ce que sa peur se dissipa, après quoi il lui raconta tout ce qui s'était passé et dit : "J'ai peur que quelque chose ne m'arrive !" Khadîdja répondit :

"Jamais ! Par Dieu, Dieu ne permettra jamais que tu sois dans une situation de honte ! Tu gardes de bonnes relations avec tes parents et amis, tu aides les pauvres et les miséreux, tu sers généreusement tes invités, et assiste ceux qui sont victimes d'une calamité."

Khadîdja l'accompagne alors chez son cousin Waraqah bin Nawfal bin Asad bin 'Abdul-'Uzza, qui, pendant la période pré-islamique, s'était converti au christianisme et s'était attaché à l'apprentissage de l'hébreu… Il écrivait l'Evangile en hébreu autant que Dieu le permettait. C'était un vieil homme et il avait pratiquement perdu la vue.

Khadeejah dit à Waraqah : "Ecoute l'histoire de ton neveu, Ô mon cousin !" Waraqah demanda : "Ô mon neveu ! Qu'as-tu vu ?"

L'Envoyé de Dieu (sallallâhou 'alayhi wa sallam) décrivit tout ce qu'il avait vu. Waraqah dit : "C'est celui (l'ange Gabriel) qui garde les secrets, qui a été envoyé par Dieu à Moïse. Comme j'aurai aimé être encore jeune et pouvoir vivre jusqu'au moment où ton peuple te chassera."

L'Envoyé de Dieu (sallallâhou 'alayhi wa sallam) demanda : "Vont-ils me chasser ?"

Waraqah lui répondit par l'affirmative et dit : "Quiconque est venu avec quelque chose de semblable à ce que tu as rapporté a toujours été traité avec hostilité et si je devais rester en vie jusqu'au jour où tu seras chassé alors je te soutiendrai fortement. "

Mais après quelques jours, Waraqah mourut, et la Révélation Divine s'arrêta également pendant un certain temps. (…) (Boukhâri)

Le Messager de Dieu (sallallâhou 'alayhi wa sallam) et Khadîdja (radhyallâhou'anha) continuèrent à prier en secret aussi longtemps que Dieu le voulut.

Afeef al-Kanadee rapporte : "Je vins à Makkah pendant les jours d'Ignorance et je voulais vendre pour le compte de ma famille des vêtements et du parfum. J'allai chez al-Abbaas b.'Abdul-Muttalib." Il dit : "Pendant que j'étais dans sa maison, je regardais la Ka'bah. Alors un jeune homme leva sa tête vers le ciel et se tourna, debout, en direction de la Ka'bah. Un adolescent vint et se mit à sa droite. Il ne s'écoula pas beaucoup de temps jusqu'à ce qu'une femme vint et se mit derrière eux. Alors le jeune homme se courba, puis l'adolescent et la femme se courbèrent. Le jeune homme leva sa tête et l'adolescent et la femme la levèrent. Alors le jeune homme se prosterna et l'adolescent et la femme se prosternèrent. " Il continue: "Alors, je dis : "Ô Abbaas ! Vraiment, je vois un grand homme " Abbâs répondit: "Une question importante : Sais-tu quel est ce jeune homme ? " Je dis : "Non." Il dit : "C'est Mouhammad bin Abdoullah bin Abdoul-Mouttalib, mon neveu. Sais-tu quelle est cette femme ?". Je dis : "Je ne sais pas ". Il répliqua: "C'est Khadîdja bint Khouwaylid, la femme de mon neveu… Mon neveu, que tu as vu, nous a rapporté que son Seigneur est le Seigneur des Cieux et de la Terre et qu'il lui a ordonné cette religion qu'il suit. Je jure par Dieu que je ne connais personne d'autre sur Terre qui suit cette religion à part eux. " Afeef dit : "Je voulais être le quatrième (à leurs côtés)… " 

Le Messager de Dieu (sallallâhou 'alayhi wa sallam) honorait Khadîdja (radhyallâhou'anha) et l'aimait. Il n'était jamais en désaccord avec elle, et ce, avant même de recevoir la révélation.

Il pensait beaucoup à elle après sa mort et ne se lassait pas de prier pour elle; au point qu'Aisha (radhyallâhou'anha), la Mère des Croyants, en fut jalouse et dit au Prophète (sallallâhou 'alayhi wa sallam): "Véritablement Dieu t'a donné mieux que cette vieille femme."

Le Prophète (sallallâhou 'alayhi wa sallam) se mit en colère et dit :

"Non, par Dieu, je jure que Dieu ne m'a jamais rien donné de meilleur qu'elle. Elle fut la femme qui crut en moi quand personne d'autre ne me croyait. Elle a affirmé que je disais vrai quand tout le monde m'accusait de mentir. Elle me soutint avec son argent quand tout le monde m'infligeait des privations. Et Dieu m'apporta à travers elle des enfants, alors qu'aucune autre femme ne m'en a donné. "

En fait, le Prophète (sallallâhou 'alayhi wa sallam) fut si en colère à propos de ce que j'avais dit que son front trembla.

Alors je me suis dis: "Ô Dieu, si le Messager de Dieu (sallallâhou 'alayhi wa sallam) se calme, je ne dirais plus jamais de choses comme ça."

Aicha (radhyallâhou'anha) dit également :"Je n'ai jamais été jalouse d'une autre épouse du Prophète (sallallâhou 'alayhi wa sallam) comme je l'ai été de Khadîdja (radhyallâhou'anha). Pourtant, je ne l'ai pas vu, mais le Prophète (sallallâhou 'alayhi wa sallam) se souvenait beaucoup d'elle. Parfois, il sacrifiait un mouton, le coupait en morceaux et les envoyait aux amis de Khadîdja (radhyallâhou'anha) et il disait : "Comment puis-je l'oublier ? Elle m'a aussi donné les enfants les plus affectueux."

Aicha (radhyallâhou'anha) dit encore : "Le Messager de Dieu (sallallâhou 'alayhi wa sallam) quittait rarement la maison avant d'avoir parlé de Khadeejah et d'avoir prié pour elle ".

Khadîdja (radhyallâhou'anha), Mère des Croyants, mourut en aidant le Messager de Dieu (sallallâhou 'alayhi wa sallam) à transmettre l'appel de l'islam. Elle quitta ce monde trois années avant l'émigration à Médine, à l'âge de 65 ans. Le Prophète (sallallâhou 'alayhi wa sallam) l'enterra de ses propres mains. Sa mort fut une grande source de tristesse pour le Prophète (sallallâhou 'alayhi wa sallam).

Qu'Allah soit satisfait d'elle et l'agrée ! Âmine


Les Femmes du Prophète (saw)

Dimanche 18 Mai 2008 - 14:19:28

Les épouses du Messager de Dieu (saw) sont les mères des Croyants. Ce sont elles les croyantes, les musulmanes, les pleines d'humble dévotion à Dieu, les repentantes et celles qui se consacrent entièrement à son Adoration. Le Prophète les a épousées vierges ou veuves. Elles arrivèrent au sommet de la gloire, obtinrent la satisfaction de Dieu et de son Messager (saw) et devinrent un modèle que toute musulmane devrait suivre. Elles se sont purifiées des souillures de l'ère antéislamique.


Les versets du Coran ont affirmé la noblesse des épouses du Prophète (saw) et leur supériorité sur le reste des femme. Cette noblesse n'est pas due à leur famille, ou à leur pouvoir, ou à leurs richesses, ou à leur beauté.

Le Coran a voulu montrer le haut degré de leur moralité et leur influence sur leur société qu'on considère comme le premier noyau de toutes les sociétés islamiques à venir.

Dieu exalté a dit :

"Le Prophète est plus digne de l'amour et de l'obéissance des Croyants que leurs propres personnes. Ses épouses sont leurs mères et les parents sont plus dignes d'hériter les uns des autres que ceux qui n'ont d'autre lien que leur qualité de Croyants et de réfugiés de la Mecque ;à moins que vous ne fassiez quelque honnête donation à vos protégés et cela est inscrit dans le Livre ".( 33/6 )

Elles sont pour eux un bon exemple à suivre. Ils gagnent beaucoup à avoir leur conduite et à tirer leçon de leur façon de supporter les peines de la vie et de résoudre ses problèmes.

Le verset peut aussi faire sentir le don que Dieu leur a accordé de pouvoir supporter les charges de mères des Croyants.

Dieu exalté a dit :

" O femmes du Prophète ! Vous n'êtes pas comme le commun des femmes si vous êtes pieuses . Ne parlez pas (aux hommes) sur un ton soumis (à force d'être aimable) car cela pourrait susciter la convoitise de celui qui a quelque maladie au cœur ,mais parlez sur un ton franc et net. "(33/32 )

Leurs responsabilités étaient donc plus lourdes. Elles prirent part avec le Messager de Dieu (saw) à la bataille du renouvellement propageant la vertu et dissipant les nuages du vice en obéissant à Dieu et à son Messager (saw) et en exhortant les gens à consolider toujours plus les bases de l'Islam en tant que culte et champ d'action.


Les 4 Califes des musulmans

Mardi 13 Mai 2008 - 16:47:42

1. Abou Bakr

Son nom et sa généalogie

Il se nomme 'Abdoullah Ibn Abi Qouhafa 'Othman Ibn 'Amir.

Abou Bakr était le septième dans la descendance de taym, le fils de Mourra, le septième ancêtre du Prophète. le clan auquel il appartenait se dénommait banû taym du nom de taym sa mère salmâ était une fille de l'oncle de son père, saqr. Le nom originel d'Abou Bakr avait été 'abdul ka'bah. Il s'appelait également 'atîq. Sa mère n'avait aucun fils survivant, et lorsqu'elle avait mis au monde Abou Bakr, elle l'amena au temple et s'exclama : "Ô déité ! si celui-ci est immunisé contre la mort, alors donne-le moi".

Sa naissance

Il est né environ trois ans après l'année de l'éléphant.

Avant sa conversion

Il faisait partie des notables du peuple de Qouraych et comptait parmi leurs savants, il était aimé parmi eux.

Sa conversion à l'Islam (-13 H. ; 37 ans)

Abôu Dardâ a rapporté que le Messager d'Allâh a dit : "N'allez-vous pas laisser tranquille mon compagnon ! N'allez-vous pas cessez, et laisser tranquille mon compagnon ! Lorsque je vous ai dit : " Ô peuple, je suis le Messager d'Allâh auprès de vous ! Vous m'avez répondu : " Menteur ! ", sauf Abou Bakr qui, lui, m'a cru !". (al-boukhâri)fleche

Le Prophète a dit : "Quand j'ai invité les gens à embrasser l'Islam, tous on pris un temps de réflexion et d'hésitation, excepté Abou Bakr : il ne s'est pas retenu, et n'a pas hésité ! " (Ibn Ishaq)

'Alî Ibn Abî Tâlib a rapporté qu'Abou Bakr a été le premier homme musulman. (Ibn 'Asâkir)

La libération de Bilâl (-13 H ; 37 ans)

Il fut affranchi par Abou Bakr As-Siddîq qui l'avait racheté de Umayya Ibn khalaf à neuf onces d'or. Ce dernier exagérait son prix afin de décourager Abou Bakr, tout en se disant toutefois : "Si Abou Bakr insiste à l'acheter à une seule once d'or, je le vendrai à ce prix".
Tandis que Abou Bakr se disait : "S'il ne consent à la vente qu'au prix de cent onces d'or, je les payerai".

Son émmigration vers Médine en compagnie du Prophète (1 H. ; 51 ans)

Dès que le départ du Prophète fut signalé, les Qoraïshites se lancèrent sur ses traces et Aboutirent à l'entrée d'une grotte où le Prophète et son compagnon Abou Bakr s'étaient réfugiés... Allâh troubla les Qoraïshites : les traces de pas menaient bien à cette grotte mais visiblement, elle n'était pas fréquentée. Plus bas, dans la grotte, Abou Bakr dit à son ami Muhammad : "Si l'un d'eux regarde sous ses pieds, il nous verra..."
Et le Prophète de répondre : "Que penses-tu de deux [personnes] dont Allâh est le troisième ?"

Allâh a dit : {Si vous ne lui portez pas secours... Allâh l'a déjà secouru, lorsque les mécréants l'avaient banni, deuxième de deux. Quand ils étaient dans la grotte et qu'il disait à son compagnon : "Ne t'afflige pas, car Allâh est avec nous." Allâh fit alors descendresur lui Sa sérénité et le soutint de soldats que vous ne voyiez pas, et Il abaissa ainsi la parole des mécréants, tandis que la parole d'Allâh eut le dessus. Et Allâh est Puissant et Sage.} (9/40)fleche

Quand ils furent débarrassés de leur poursuivants, le Prophète et Abou Bakr retrouvèrent leur guide Abdullâh Ibn Uraïqit et le berger d'Abou Bakr, 'Âmir Ibn Fuhaïrah, et continuèrent leur route. Ils passèrent à proximité de la tente d'une femme qu'on appelait Oum Ma'bad Al-Khozâ'iyyah. Les voyageurs étaient alors à bout de vivres. Ils demandèrent à Oum Ma'bad de leur vendre de quoi tenir le reste du trajet. Mais la femme, gênée, leur dit : "Par Allâh, si j'avais de quoi vous donner, je vous l'aurais donner gratuitement".
Le Prophète vit dans un coin une chèvre frêle. "Et cette chèvre ?", demanda le Prophète.
"Elle est frêle comme tu le vois", répondit la femme.
Le Prophète lui demanda d'approcher la chèvre. Alors, le Prophète posa sa main sur la chèvre qui subitement prit des forces. Puis, il toucha son pis qui se remplit de lait. Le Prophète prit du lait de la chèvre et commença par donner à ses compagnons. Ensuite, il en donna à Oum Ma'bad, il remplit un bol destiné à Abou Ma'bad et il finit par en boire à son tour. Les voyageurs suivirent leur chemin. Quand Abou Ma'bad fut de retour, il s'étonna à la vue du bol de lait car il savait que leur chèvre ne donnait pas de lait. Alors, Oum Ma'bad lui décrivit le Prophète et lui raconta ce qu'il fit. Il lui dit : "C'est l'homme que Qoraïsh poursuit pour l'assassiner". Oum Ma'bad et Abou Ma'bad embrassèrent l'Islam.

La bataille de Badr (2 H)

Anas dit : "Le Messager d'Allah consulta les gens à propos des captifs à Badr en disant : "Allâh le Puissant,le Majestueux vous a fait triompher sur eux..."
'Omar Ibn al-Khattab se leva et dit : "Ô Messager d'Allah, tranche leur le coup!"
Le Messager d'Allâh se détourna de lui. Puis il reprit la parole : "Ô gens, Allâh le Puissant,le Majestueux vous a fait triompher sur eux. Pourtant hier encore ils étaient vos frères.."
'Omar Ibn al-Khattab se leva et dit : "Ô Messager d'Allah, tranche leur le coup!"
Le Messager d'Allâh se détourna de lui encore et reprit les mêmes propos à l'adresse de ses compagnons.
Abou Bakr se leva alors et dit : "Ô Messager d'Allah, si tu penses devoir leur pardonner et accepter une rançon...."
Le vissage du Prophète fut débarrassé de l'expression de souci qui l'avait marqué, et il leur pardonna et accepta une rançon.
Puis Allah, le Puissant, le Majestueux révéla : {N'eût-été une prescription préalable d'Allah, un énorme châtiment vous aurait touché pour ce que vous avez pris (de la rançon)} (8/67)". (Ahmad n°13143)fleche

Son pélerinage

En revenant de TAbouk, le Prophète pensa au pélerinage. Puis il dit : "Les Polythéistes font la circumambulation tout en étant complètement nus, je redoute le pélerinage à cause d'eux".

Il envoya Abou Bakr à la Mecque et le fit suivre de 'Ali avec pour mission d'interdire désormais le pélerinage aux polythéistes, et de leur accorder un délai de quatre mois pour se convertir, au bout duquel, la guerre serait déclarée entre eux et les Musulmans, s'ils ne se convertissaient pas.

Le Prophète fit accompagner Abou bakr de trois cent Médinois, emportant vingt chameaux marqués en guise d'offrande. (Ibn Sâ'd)fleche

Récit de la mort du Prophète et discours d'Abou Bakr (11 H ; 61 ans)

'Orwa Ibn Zoubayr, qu'Allâh les agrée, rapporte : Abou Bakr revint alors du Sonh sur sa monture et s'arrêta devant la porte de la mosquée. Il vint, affligé et attristé, et demanda la permission d'entrer dans la maison de sa fille Aïcha et elle l'autorisa à entrer. Il entra, le Messager d'Allâh était mort sur son lit et ses femmes étaient autour. Elles voilèrent leurs visages et se cachèrent d'Abou Bakr sauf Aïcha. Il découvrit le visage du Messager d'Allâh et se pencha sur lui en l'embrassant et en pleurant. Il dit : "Ce que prétend Ibn Al-khattab est faux. Le Messager d'Allâh est bien mort, par celui qui tient mon âme dans sa main! Miséricorde d'Allâh sur toi, Ô Messager d'Allah! Tu es si bon, vivant et mort". Puis il le couvrit de son habit et sortit rapidement à la mosquée. Il passa au-dessus des épaules des gens et arriva au minbar. En le voyant venir, 'Omar s'assit. Abou Bakr se leva à côté du minbar et appela les musulmans. Ils s'assirent et écoutèrent.
Abou Bakr prononça l'attestation de foi et fit une introduction très touchante. Puis il reprit : "Allâh puissant et glorieux a annoncé à son Prophète sa mort alors qu'il était vivant et parmi vous, de même qu'il vous a annoncé votre mort. La mort est une vérité et il ne restera aucun parmi vous sauf Allâh puissant et glorieux. Allâh élevé a dit : {Mouhammad n'est qu'un messager - des messagers avant lui sont passés. S'il mourait, donc, ou s'il était tué, retourneriez-vous sur vos pas ? Quiconque retourne sur ses pas ne nuira en rien à Allah; et Allâh récompensera bientôt les reconnaissants} (3/144).
-Ce verset est dans le Coran?! s'exclama 'Omar. Par Allah! Je ne savais pas avant ce jour que ce verset avait été révélé (j'étais inconscient de son sens)!
- Et Allâh élevé, continua Abou Bakr, a dit à Mouhammad, prière et paix sur lui : {En vérité tu mourras et ils mourront aussi} (39/30). Allâh élevé dit aussi : {Tout ce qui est sur elle doit périr. Seule subsistera la face de ton Seigneur plein de majesté et de noblesse} (55/26-27). Il dit encore : {Toute âme goûtera la mort. Mais c'est seulement au jour de la résurrection que vous recevrez votre entière rétribution} (3/185). Allâh a fait vivre Mouhammad et l'a gardé jusqu'à ce qu'il établit grâce à lui la religion d'Allah. Mouhammad a fait triompher la volonté d'Allah, il a transmis la religion d'Allâh et a combattu pour la cause d'Allah, puis il est mort en accomplissant cela. Il vous a laissés sur la voie; quiconque périra aura déjà reçu la preuve et le remède. Celui dont le Seigneur est Allah, Allâh est vivant et ne meurt pas, et celui qui adorait Mouhammad et le considérait comme un dieu, alors son dieu est mort. Musulmans! Soyez pieux envers Allah! Tenez à votre religion! Placez votre confiance en votre Seigneur! La religion d'Allâh est inébranlable et la parole d'Allâh est complète. Allâh aidera celui qui l'aide et il fera triompher sa religion. Le livre d'Allâh est parmi nous; il est la lumière et le remède; par lui, Allâh a guidé Mouhammad, prière et paix sur lui; il contient le licite et l'illicite. Par Allah! Peu nous importe les créatures qui se coalisent contre nous! Nos sabres sont dégainés, nous ne les avons pas encore déposés, et nous combattrons ceux qui nous contredisent comme nous avons combattu avec le Messager d'Allah, prière et paix sur lui. Pour cela que personne ne se lance dans la perdition!". Puis les mouhajirins partirent avec lui voir le Messager d'Allah, prière et paix sur lui.fleche

Discussion au sujet du califat dans la cour

Ibn 'Abbâs, qu'Allâh les agrée, rapporte : 'Omar raconta : voilà ce qui s'est passé quand le Messager d'Allâh mourut. On vint nous dire que les ançars s'étaient réunis dans la cour des Banou Sa'ida pour prêter serment à Saâd Ibn 'Oubèda, qu'Allâh l'agrée. Je me suis levé précipitamment ainsi qu'Abou Bakr et Abou 'Oubeyda Ibn Al-jarrah, qu'Allâh les agrée. Nous craignîmes qu'ils ne causent un tort à l'Islam et nous partîmes les rejoindre. Nous rencontrâmes deux hommes véridiques des ançars : 'Ouwaym Ibn Sa'ida et Maâan Ibn Âadiy, qu'Allâh les agrée. Ils demandèrent : "Où allez-vous?"
Nous répondîmes : "Rejoindre votre tribu, à cause de ce qu'ils préparent".
Ils proposèrent : "Retournez, car ils ne vous désobéiront pas et ne feront pas une chose que vous désapprouvez".
Mais nous insistâmes pour partir. Je me mis à arranger des paroles que je voulais dire jusqu'à ce que nous arrivâmes. Ils étaient autour de Saâd Ibn 'Oubèda qui était malade et couché sur un lit. Quand nous entrâmes, ils prirent la parole et dirent : "Ô mouhajirins! Un émir des nôtres et un des vôtres!"
Houbèb Ibn Almondhir dit : "C'est moi le stratège et le politicien hors pair! Par Allah! Si vous voulez, nous rallumerons la guerre!"
Abou Bakr dit : "Doucement".
Je voulus parler mais il dit : "Écoute, 'Omar!"
Il loua Allâh et le félicita puis dit : "Ô ançars! Par Allah! Nous ne nions pas vos vertus, ni votre valeur dans l'Islam, ni nos devoirs envers vous. Mais vous savez bien que cette tribu, Qouraych, tient une place parmi les arabes qu'aucune autre tribu ne possède, et que les arabes ne se soumettront qu'à un homme d'entre eux. Nous serons donc les souverains et vous les ministres. Soyez pieux envers Allah! N'ébranlez pas l'Islam et ne soyez pas les premiers à causer du tort à l'Islam. Je vous propose un de ces deux hommes (moi et Abou 'Oubeyda), lequel choisirez-vous, vous pourrez lui faire confiance".
Par Allah! Il avait dit tout ce que je voulais dire, à part cette dernière parole. Par Allah! Je préfère être tué et être ressuscité, puis être tué encore et revivre, sans avoir commis de péché, plutôt que d'être le chef d'un groupe contenant Abou Bakr.
Puis je dis : "Ô ançars! Ô musulmans! La personne qui mérite le plus la place du Messager d'Allâh après lui est le {Deuxième de deux quand ils étaient dans la grotte} (9/40) : Abou Bakr qui a de loin dépassé tous les autres". Puis je pris sa main et un homme des ançars me précéda et tapa sur sa main avant moi. Puis les gens se suivirent et on laissa Saâd Ibn 'Oubèda.fleche

Abou Bakr et 'Omar se rejettent le califat dans la cour

Ibn Sirine rapporte : ce jour-là, Abou Bakr et 'Omar, qu'Allâh les agrée, rejoignirent les ançars.
Abou Bakr dit : "Ô ançars! Nous ne nions pas vos vertus, et aucun croyant ne nie vos vertus. Par Allah! Tout bien que nous avons atteint, vous y avez participé. Mais les arabes n'accepteront qu'un homme de Qouraych et ne resteront pas sous l'autorité d'un autre. Les qouraychites sont les meilleurs orateurs, ils ont les origines les plus nobles et la terre la plus noble, ils sont aussi les plus généreux parmi les arabes. Prêtez donc serment à 'Omar!
- Non, répondirent-ils.
- Pourquoi donc? questionna 'Omar.
- Nous craignons d'être défavorisés.
- Tant que je vivrai, affirma-t-il, cela n'aura pas lieu. Prêtez donc serment à Abou Bakr.
- Tu es plus fort que moi, dit Abou Bakr à 'Omar.
- Tu es meilleur que moi, répliqua 'Omar.
- Tu es plus fort que moi, répéta Abou Bakr".
'Omar donna la même réponse. Abou Bakr répéta une troisième fois et 'Omar répondit : "Ma force est à ton service en plus de ta supériorité".
Ils prêtèrent alors serment à Abou Bakr, qu'Allâh l'agrée. Quand on prêta serment à Abou Bakr, certaines personnes allèrent voir Abou 'Oubayda Ibn Aljarrah. Il rétorqua : "Vous venez vers moi alors que le {Deuxième de deux} (9/40) est parmi vous!"fleche

Discours de 'Omar et le serment collectif pour Abou Bakr (11 H ; 61 ans)

Anas raconte : j'ai entendu le deuxième discours de 'Omar le lendemain de la mort du Messager d'Allah, prière et paix sur lui. Abou Bakr était silencieux et ne disait pas un mot. 'Omar dit : "J'espérais que le Messager d'Allâh vive jusqu'à ce qu'il soit le dernier d'entre nous à mourir. Mais si Mouhammad est mort, Allâh a mis parmi nous une lumière pour être guidés. Allâh a guidé Mouhammad et Abou Bakr est le compagnon du Messager d'Allâh et le {Deuxième de deux} (9/40). Il est le musulman le plus digne d'être votre chef. Levez-vous donc et prêtez-lui serment (bayâa)".
Un groupe lui avait déjà prêté serment dans la cour des Banou Sa'ida, et le serment public eut lieu alors sur le minbar. J'ai entendu 'Omar dire à Abou Bakr à ce moment-là : "Monte sur le minbar". 'Omar ne cessa de le presser jusqu'à ce qu'il monta et les musulmans lui prêtèrent serment.fleche

Son premier discours en tant que calife (11 H. ; 61 ans)

Après la mort du Messager d'Allâh et l'élection de Abou Bakr comme calife, il a dit dans un de ses discours : "Allâh a donné à Mouhammed une certaine longévité jusqu'à ce qu'il a pu établir la religion d'Allâh, fait triompher la parole d'Allâh, transmis le Message et combattu pour Sa cause. Allâh a recueilli son âme en cet état et en vous laissant sur ce chemin droit, donc celui qui périra, il périra averti. Quiconque considère que Allâh est son Seigneur, qu'il sache que Allâh est vivant et ne mourra pas. Quant à celui qui adore Mouhammed et le prend pour divinité qu'il sache que celle-ci est morte. Ô hommes! Craignez Allâh! Attachez-vous à votre religion et fiez-vous à votre Seigneur. La religion d'Allâh est déjà établie, la Parole d'Allâh est parfaite, Allâh accorde la victoire à celui qui défend sa religion. Le Livre d'Allâh est entre nos mains, elle est la lumière et la guérison, par quoi Allâh a guidé Mouhammed -que Allâh l'agrée-, et on y trouve le licite et l'illicite. Par Allâh! nous ne soucions plus de ceux qui se rassemblent pour nous combattre. Les sabres d'Allâh sont dégainés et nous ne les avons pas encore mis dans leurs fourreaux. Nous combattrons ceux qui nous seront hostiles comme nous avons combattu à côté du Messager d'Allâh". (Al-Bayhaqi)fleche

La tentative de démission

Ibn Rahawayh rapporte : quand il fut nommé calife, Abou Bakr s'assit tristement dans sa maison. 'Omar entra chez lui et Abou Bakr se mit à lui faire des reproches.
Il lui dit : "C'est toi qui m'a fait porter cette responsabilité" et il se plaint de devoir juger entre les gens.
'Omar lui dit : "Mais tu sais bien que le Messager d'Allâh a dit : si le gouverneur s'efforce et atteint la vérité, il a deux récompenses. Et s'il s'efforce et se trompe, il a une récompense". Abou Bakr fut alors un peu soulagé.

Aboul Jahhaf rapporte : quand on prêta serment à Abou Bakr il s'enferma pendant trois jours. Il sortait chaque jour et disait : "Musulmans! J'ai annulé votre serment! Prêtez serment à qui vous voulez". À chaque fois, 'Ali Ibn Abou Talib lui répondait : "Nous n'acceptons pas ta démission et nous ne te démettons pas. Puisque le Messager d'Allâh t'a placé à l'avant, qui donc te fera reculer?"

Zayd Ibn 'Ali rapporte : Abou Bakr, qu'Allâh l'agrée se leva sur le minbar du Messager d'Allâh et appela : "Y a-t-il une personne qui déteste que je sois émir pour que je démissionne?" Il répéta cela trois fois.
'Ali Ibn Abou Talib se leva alors et répondit : "Non, par Allah! Nous n'acceptons pas ta démission et nous ne te démettons pas. Qui donc pourra te faire reculer alors que le Messager d'Allâh t'a placé à l'avant?"fleche

L'une des premières choses qu'il fait en tant que calife est de régler les dettes que le Prophète n'a pu faire de son vivant (11 H. - 61 ans)

Selon Jâbir , le Messager d'Allâh lui a dit : "Si les contributions du Bahrayn arrivaient, je t'en donnerais telle et telle chose". Mais l'or du Bahrayn n'arriva pas jusqu'à la mort du Prophète . Quand cet or arriva enfin, le calife Abou Bakr cria à haute voix : "Que celui qui a une promesse du Messager d'Allâh ou auquel ce dernier doit quelque chose vienne à nous".
Je vins à lui et lui dis : "Le Prophète m'a dit ceci et cela". Il me donna alors une certaine somme. Je la comptai et voilà qu'elle représentait cinq cents (dinars ou dirhams).
Il me dit : "Prends-en encore le double". (Al-Boukhâri, Mouslim)fleche

Sa fermeté face aux apostats (11 H. ; 61 ans)

Abou Hourayra a dit : "Lorsque mourut le Messager d'Allâh , qu'Abou Bakr lui succéda et qu'un certain nombre de tribus arabes apostasièrent, 'Omar a dit : "Comment combattrais-tu ces gens alors que le Messager d'Allâh a dit : "J'ai reçu l'ordre de combattre les gens jusqu'à ce qu'ils disent : "Il n'y a de dieu que Allâh", et celui qui l'a dit a mis à l'abri de moi ses biens et sa vie sauf pour ce qui en revient de droit à l'Islam, et c'est à Allâh de lui demander des comptes"?
Abou Bakr lui dit : "Par Allâh! Je combattrai sûrement tous ceux qui font une différence entre la prière et l'aumône légale car l'aumône est la redevance des biens. Par Allâh! S'ils refusent de me donner un bout de corde qu'ils donnaient au Messager d'Allâh, je les combattrai à cause de lui".
'Omar dit alors : "Par Allâh! Je ne tardai pas à comprendre que c'était Allâh qui avait fait choisir à Abou Bakr la solution du combat et j'ai su qu'il avait raison"". (Al-Boukhâri, Mouslim)

Aïcha (raa) raconte : mon père partit sur sa monture en brandissant son sabre vers Dhoul Qasça. 'Ali Ibn Abou Talib vint et attrapa les rênes de sa monture en disant : "Où vas-tu, calife du Messager d'Allah?! Je te dis comme t'a ordonné le Messager d'Allâh le jour d'Ouhoud : range ton sabre et ne nous cause pas la calamité de ta mort. Par Allah! S'il nous arrivait un malheur en ta personne, l'ordre de l'Islam ne sera jamais plus rétabli après toi". Abou Bakr retourna alors et envoya l'armée.fleche

La bataille de Mouta

La première affaire que mena à bien Abou Bakr fut d'envoyer 'Ousama Ibn Zayd accompagné d'une légion, avec l'ordre de se rendre du côté des terres de Mouta, là où mourut martyr son père Zayd Ibn Haritha.

Après la mort du Messager , la catastrophe devint grande, l'hypocrisie s'accrut, certaines tribus apostasièrent et certains refusèrent de verser la zaka, l'aumône obligatoire. Abou Bakr s'attacha alors à régler cette affaire primordiale, il ordonna d'équiper les troupes pour combattre les apostats et ceux qui refusaient de verser la zakat. Abou Bakr sortit avec l'armée et marcha jusqu'à arriver à Rabdhah qui est un village voisin de Médine à trois jours de Dhati 'Irq. Puis, il fut rappelé à Médine et y retourna ; il avait organisé onze légions pour combattre les apostats. Les armées se dirigèrent donc vers l'ennemi et combattirent les apostats. Mousaylama le menteur fut tué, et Toulayhah Ibn Khouwaylid s'enfuit vers la terre de Cham, il avait prétendu être Prophète, mais il se convertit par la suite à l'Islam à l'époque de 'Omar Ibn al-Khattab. Parmi les compagnons, environ sept cents moururent martyrs, la plupart était de ceux qui connaissaient le Coran par cœur : parmi eux Zayd Ibn al-Khattab le frère de 'Omar ainsi que Al-Bara Ibn Malik le frère de Anas Ibn Malik, parmi les Bani Hanifah, environ dix-sept mille hommes furent tués.fleche

La compilation du Coran à l'époque de Abou Bakr

Zayd Ibn Thâbit raconte : "'Omar était motivé à cause du nombre important de Houffadh (personnes ayant mémorisés le Coran) décédés. Déjà, à l'époque du Prophète, environ soixante-dix d'entre eux avaient déjà été fait martyrs à Bi'r Ma'ouna. Et plus tard, à l'époque de Abou Bakr , une expédition à Yamama contre les apostats coûta la vie à un nombre identique de houffadh (en l'an 12 de l'hégire). Tout ceci fit réfléchir 'Omar qui essaya de convaincre Abou Bakr avec succès". (Al-Boukhâri)

Lorsque 'Omar lui pria de porter une attention particulière à ce projet, il lui répondit : "Comment puis-je accomplir une chose que le Prophète n'a jamais fait ?" Cependant, lorsqu'il réalisa la sagesse et le besoin d'entreprendre un tel acte, il se résolut à le faire et soutint Zayd qui était lui-même hésitant.

C'est pour cette raison que Abou Bakr s'est adressé à lui en ces termes : "Tu es un jeune homme intelligent. Nous ne doutons pas de ton intégrité. De plus, tu écrivais les versets révélés au Prophète ".fleche

La bataille de Dhât As-Salâsil (12 H. - 62 ans)

Dhât As-Salâsil fut la première grande confrontation armée entre les musulmans et les troupes de la Perse, sous le premier calife.

Elle eut lieu au terme des guerres contre les apostats, où les sassanides de Perse avaient prêté main forte à l'imposteur Musaylima Al-Kadhdhâb.

Les troupes musulmanes comptaient 18 000 hommes sous le commandement de Khâlid Ibn Al-Walîd lorsqu'elles arrivèrent aux frontières de la Perse. Refusant d'embrasser l'islam et de verser le tribut, les chefs sassanides de la Perse durent affronter les musulmans dans cette bataille où ils enchaînèrent leurs soldats de peur que ceux-ci fuissent le combat. A peine les armes se rencontrèrent-elles que Khâlid Ibn Al-Walîd se débarrassa du commandant des troupes ennemies appelé Ormizd, ce qui déclina le moral du reste des combattants. Ensuite, les musulmans ne tardèrent pas à remporter la victoire, prenant un part important sur le golfe Arabo-Persique.fleche

Son empoisonnement par les juifs de Khaybar (12 H. ; 62 ans)

Tabari a rapporté dans son Tarikh qu'Abou Bakr avait été invité à un repas par un des principaux chef de la communauté juive de Khaibar ; le calife se trouvait à table avec Al Harith Ibn Khalada, qui était le médecin réputé des Arabes et on leur présenta un plat de riz.

Abou Bakr en mangea une bouchée, Al Harith en prit de même une bouchée mais la rejeta aussitôt en s'écriant : "Il y a dans ce riz un poison qui tue au bout d'une année !"fleche

La désignation de 'Omar comme succeseur au califat (13 H. ; 63 ans)

Lorsque Abou Bakr fut sous le coup de la maladie, il réunit auprès de lui Talhah, 'Outhman Ibn 'Affan, 'Abdou r-Rahman Ibn 'Awf ainsi que d'autres parmi les grands compagnons et il les informa qu'il voyait 'Omar Ibn Al-Khattab comme calife. Ils approuvèrent cela et firent l'éloge de son avis, puis il apparut devant les gens et les informa que 'Oumar serait son successeur. Il leur ordonna de l'écouter et de lui obéir. Ensuite, il appela 'Outhman Ibn 'Affan et lui dit : "Ecris !" puis il lui ordonna de cacheter cet écrit avec le sceau du Messager d'Allâh , ce qu'il fit. Ensuite 'Outhman sortit avec le pli et le lut aux gens. C'est alors qu'ils prêtèrent serment à 'Omar Ibn Al-Khattab et les gens furent satisfaits que ce soit lui leur calife.

Ensuite Abou Bakr convoqua 'Omar avec lequel il s'isola en privé et lui dit : "Je t'ai désigné à ma succession, et je te recommande de craindre Allâh. Allâh n'exige que l'on s'acquitte de certains devoirs de nuit, qu'Il ne peut accepter que l'on retarde pour les accomplir de jour ! De même il y a des charges que l'on doit accomplir de jour, Allâh n'aime pas qu'on les retarde pour les éxecuter de nuit ! Allâh n'accepte pas d'actes surérogatoires tant que l'on ne s'est pas acquitté de l'obligatoire qui est prioritaire ! Et si certains verront au Jour Dernier, leur balance pencher vers le bien, ce ne sera certes que grâce à leur attachement à la Vérité. Tandis que ceux dont les pesées seront légères ce sera parce qu'ils auront suivi les voies de l'égarement ; il est bien évident qu'une balance qui n'aura été chargée que de mauvais actes ne vaudra pas grand chose.
Allâh a cité les gens du Paradis en les louant par les meilleurs actes qu'ils aient accompli, et Il leur a pardonné leurs erreurs. Si tu les cite à ton tour dis toi : "J'ai peur de ne pas être parmi eux !"
De même Allâh a parlé des gens de l'Enfer, et Il leur a rappelé ce qu'ils commettaient. Lorsque tu te souviens d'eux, demande à ne pas être de ceux là. Ne te rappelles pas uniquement des versets où il n'est question que de la Miséricorde d'Allâh, mais souviens toi en même temps des versets qui parlent de Son Châtiment pour que tu sois de ceux qui craignent Allâh et espèrent en Lui. Pour que tu sois quelqu'un qui ne demande d'Allâh que ce qui est conforme à la Vérité, et ne se jette point dans les chemins de la perdition!
Si tu prends en considération mes recommandations, fait alors en sorte que le meilleur absent que tu souhaites rencontrer soit la mort, car elle va te rejoindre ; mais si tu négliges ce que je t'ai recommandé, la mort sera cet absent que tu n'aimes pas rencontrer, alors, qu'en vérité, tu ne pourras point la fuir! "

Quand 'Omar sortit, Abou Bakr leva les mains au ciel et invoqua Allâh en disant : "Seigneur, je n'ai voulu par cette décision que le bien des musulmans, pour les préserver de tout désordre (fitna) c'est pourquoi j'ai agi selon ce que TU sais mieux que quiconque, et j'ai fait de mon mieux pour faire le bon choix ; j'ai donc désigné à leur tête le meilleure d'entre eux, le plus capable parmi eux pour s'acquitter de cette charge, celui qui est le plus attentif et le plus sage. Voilà que Ta décision en moi s'accomplit (par la mort) : Sois Celui Qui les prendra en charge, car ils sont Tes serviteurs ; leur volonté est entre Tes Mains. Seigneur, réforme en ien leur tuteur fais en sorte qu'il soit parmi tes "califes bien guidés" et réforme pour lui ses sujets".fleche

Sa mort (13 H ; 63 ans)

Sa maladie survint le lundi sept du mois de Joumâdâ en l'an 13 de l'Hégire, dura 15 jours, et il mourut le mardi à l'heure de la prière du soir, huit jours avant la fin du mois.

La mort de Abou Bakr As-Siddiq eut lieu la treizième année, la nuit du mardi précédant les sept derniers jours du mois de Joumada Al-'Akhirah, à l'âge de soixante trois ans.

Son califat dura deux ans, trois mois et treize jours (ou sept jours de moins).fleche

Ce qu'Abou Bakr dit au moment de sa mort à 'Abdarrahmân Ibn 'Awf

'Abdarrahmân Ibn 'Awf rapporte : Abou Bakr, As-Siddiq me dit au moment de sa mort : "Je ne regrette rien à part trois choses que j'ai faites, et j'aurais voulu ne pas les avoir faites, et trois autres choses que je n'ai pas faites, et j'aurais voulu les avoir faites, et trois autres choses que j'aurais voulu demander au Messager d'Allah, prière et paix sur lui".
Parmi ces choses, il dit : "J'aurais voulu, le jour de la cour des Banou Sa'ida, lancer le califat à l'un de ces deux hommes : Abou 'Oubayda ou 'Omar. Il aurait était émir et j'aurais été ministre".
Il dit aussi : "J'aurais voulu, quand j'ai envoyé Khalid au Chèm, envoyer 'Omar en Irak. J'aurais ainsi étendu mes mains à droite et à gauche dans la voie d'Allah. Quant aux trois que j'aurais voulu demander au Messager d'Allâh j'aurais voulu lui demander à qui doit revenir le califat, ainsi personne ne le disputera au calife. J'aurais aussi voulu lui demander si les ançars y ont droit. J'aurais enfin voulu le questionner sur l'héritage de la tante maternelle et de la nièce par la soeur, car j'ai un doute là-dessus".

Alors qu'Abou Bakr agonisait il se découvrit le visage et dit à sa fille 'Aicha (raa) qui était affligée :
"Ne sois pas dans cet état mais récite plutôt : {Et puis voici le vertige de la mort, dévoilant du coup la vérité. Voilà Homme ce que tu cherchais à fuir !} (50/19)
Abou Bakr dit ensuite : "Prenez ces deux habits, lavez les, et utilisez les pour mon linceul; car les vivants ont plus besoin du neuf que le mort !".fleche

Le lavage de son corps et son enterrement

Sa femme Asma Bint 'Oumaïss et son fils 'Abd Arrahman se chargèrent du lavage rituel de son corps.

Selon At-Tabari 'Omar Ibn Al Khattab ordonna qu'on l'enterra immédiatement. Il fut enterré à côté de la tombe du Prophète d'Allâh dans la chambre personnelle (chouqqa) du Messager d'Allâh . 'Omar, Talha et 'Abd Arrahman (le fils d'Abou Bakr) descendirent dans la tombe et y placèrent le corps.fleche

Sa description physique

Il était blanc de visage, le corps fin, les favoris non fournis, le front proéminent.fleche

Ses mérites

On rapporte au sujet de Abou Moûsa Al-Ach'ari qu'il dit : "Je serai aujourd'hui le portier du Messager d'Allâh".
A ce moment arriva Abou Bakr qui poussa la porte. Je dis : "Qui va là?"
Il dit : "Abou Bakr".
Je lui dis : "Attends un peu".
Puis je m'en allai et dis : "Ô Messager d'Allâh! Voilà Abou Bakr qui demande l'autorisation d'entrer".
Il dit : "Laisse-le passer et annonce-lui le Paradis".
Je retournai auprès de Abou Bakr et lui dis : "Tu peux entrer et le Messager d'Allâh t'annonce le Paradis". (Al-Boukhâri, Mouslim)fleche

Selon Abou Hourayra, le Messager d'Allâh a dit : "Celui qui réunit deux bonnes actions au service d'Allâh, s'entend appeler à partir des portes du Paradis : "Ô esclave d'Allâh! Voilà une bonne chose que tu viens de faire". Celui qui fait partie des pratiquants fervents de la prière est appelé à partir de la porte de la prière. Celui qui fait partie des volontaires fervents à la guerre sainte est appelé à partir de la porte de la guerre sainte. Celui qui fait partie des pratiquants fervents du jeûne est appelé à partir de la porte dite "du Rayyan" et celui qui fait partie des dispensateurs fervents d'aumônes est appelé à partir de la porte de l'aumône". Abou Bakr dit : "Ô Messager d'Allâh! Que mon père et ma mère te servent de rançon! Il suffit d'être appelé à partir de l'une de ces portes pour être sûr du succès (d'entrer au Paradis)? Est-il possible que quelqu'un soit appelé à partir de toutes ces portes à la fois?"
Il dit : "Oui et j'ai bon espoir que tu sois l'un d'eux". (Al-Boukhâri, Mouslim)

Le Messager d'Allâh a dit : "S'il m'avait été permis d'avoir pour ami intime quelqu'un d'autre que Allâh, cela aurait été Abou Bakr. Seulement il est mon frère et mon compagnon". (al-boukhâri)

Le Prophète a dit : "Abou Bakr et Omar seront les guides de tous les hommes adultes au Paradis : du premier au dernier ; sauf les Prophètes et messagers d'Allah". (Tirmidhi, Ibn Mâja, Ibn Sa'd, Ahmad)

Le Messager d'Allâh a dit : "Certes, Abou Bakr, tu seras le premier individu de ma communauté à entrer au Paradis !". (Abou Dawoud et Al Hakim)

Houdhayfa a rapporté que le Prophète a dit : "Prenez exemple sur ceux qui viendront après moi : Abou Bakr et 'Omar !". (Tirmidhi et Al-Hakim)

'Aïcha a rapporté que l'envoyé d'Allâh a dit : "Il ne peut être question, lorsqu'Abou Bakr est présent dans un groupe, que ce soit quelqu'un d'autre qui dirige la prière !". (at-tirmidhi)

D'après Ibn 'Omar , le Prophète a dit à Abou Bakr : "Tu étais mon compagnon dans la caverne, et tu seras mon compagnon près du Bassin (au jour de la Résurrection)". (at-tirmidhi)

Abou Houraïra a rapporté que le Messager d'Allâh a dit : "Toute personne qui m'a prêté main forte, j'ai pu l'en récompenser, excepté Abou Bakr : il a eu pour moi tant de bienfaits, que seul Allâh saura l'en récompenser au Jour du Jugement dernier, et en vérité, il n'y a pas d'argent qui m'ait été aussi utile, comme l'a été l'argent d'Abou Bakr !". (at-tirmidhi)fleche

Zayd Ibn Aslam a rapporté de son père qui a dit : J'ai entendu 'Omar Ibn al-Khattâb dire : Le Messager d'Allâh (Prière et salut d'Allâh sur lui) a ordonné de donner l'aumône, et il se trouvait que j'avais une somme d'argent. Alors je me suis dit : Aujourd'hui, je ferai mieux qu'Abou Bakr, si j'arrive un jour à rivaliser avec lui. J'ai fait don de la moitié de ma richesse. Le Messager d'Allâh (Prière et salut d'Allâh sur lui) m'a demandé : Qu'as-tu laissé pour ta famille ?
J'ai dit : J'ai laissé l'équivalent de ce que j'ai donné.
Mais Abou Bakr avait apporté toute sa richesse et le Messager d'Allâh (Prière et salut d'Allâh sur lui) lui a demandé : Qu'as-tu laissé pour ta famille?
Il a répondu : Je lui ai laissé Allâh et Son Messager.
J'ai dit : Je ne rivaliserai plus jamais avec toi en quoi que ce soit.

Selon 'Abdurrahman Ibn Abi Bakr As-Siddiq, son père dit une fois à ses invités : "Mangez en toute tranquillité. Moi, par Allâh, je n'y goûterai pas". (Il craignait que le repas ne suffise pas à tout le monde).
'Abdurrahman dit : "Par Allâh, toutes les fois qu'on en prenait une bouchée, le volume du dîner augmentait par sa base si bien qu'ils ont mangé à satiété et le manger était encore plus copieux qu'au départ. Abou Bakr regarda le manger et dit à sa femme : "Ô sœur des béni Firas! Qu'est-ce donc que cela?"
Elle dit : "Par tout ce que j'aime, voilà donc que notre dîner est trois fois plus abondant qu'au début".
(Devant cette abondance inattendue) Abou Bakr se décida enfin à manger avec eux en disant : "Le serment que j'avais fait de ne pas manger n'était qu'une inspiration du Diable".
Il en prit une bouchée puis porta le plat au Prophète et le manger se trouva ainsi chez lui. Or juste en ces temps expira le terme d'une trêve entre nous et certaines tribus. Douze hommes des nôtres arrivèrent chacun avec ce qu'il avait pu mobiliser comme hommes (pour reprendre le combat contre ces tribus), Tous purent en manger à leur faim". (Al-Boukhâri, Mouslim)

Ibn Kathîr a dit : "Abou Bakr était le plus savant dans le Livre d'Allâh parmi les compagnons , car il est arrivé au Messager d'Allâh de le désigner pour diriger la prière à sa place, or le Messager d'Allâh a dit par ailleurs : "Celui qui guide les autres dans la prière doit être le plus savant d'entre eux"".

 

2. Omar Ibn Al-Khattab

Son nom et sa généalogie

Il se nomme Abou Hafs 'Omar Ibn l-Khattab Ibni Nafil. Son arbre généalogique rejoint celui du noble Prophète à Ka'b Ibn Lou'ayy. Sa mère est Houthmah Bintou Hachim.

Sa naissance

Il est né, que Allâh l'agrée, treize années après l'année de l'éléphant.

Sa conversion (-10 H ; 27 ans)

Il embrassa l'Islam trois années après la révélation, il avait alors vingt-sept ans.

La bataille de Badr (2 H)

Anas dit : "Le Messager d'Allah consulta les gens à propos des captifs à Badr en disant : "Allâh le Puissant,le Majestueux vous a fait triompher sur eux..."
'Omar Ibn al-Khattab se leva et dit : "Ô Messager d'Allah, tranche leur le coup!"
Le Messager d'Allâh se détourna de lui. Puis il reprit la parole : "Ô gens, Allâh le Puissant,le Majestueux vous a fait triompher sur eux. Pourtant hier encore ils étaient vos frères.."
'Omar Ibn al-Khattab se leva et dit : "Ô Messager d'Allah, tranche leur le coup!"
Le Messager d'Allâh se détourna de lui encore et reprit les mêmes propos à l'adresse de ses compagnons.
Abou Bakr se leva alors et dit : "Ô Messager d'Allah, si tu penses devoir leur pardonner et accepter une rançon...."
Le vissage du Prophète fut débarrassé de l'expression de souci qui l'avait marqué, et il leur pardonna et accepta une rançon.
Puis Allah, le Puissant, le Majestueux révéla : {N'eût-été une prescription préalable d'Allah, un énorme châtiment vous aurait touché pour ce que vous avez pris (de la rançon)} (8/67)". (Ahmad n°13143)

Son souhait de tuer le compagnon qui à voulu prévenir de les mecquois de l'arrivée de l'armée musulmane (8 H ; 45 ans)

Ali raconte : "Le Prophète nous convoqua Al Miqdad, Az Zoubayr et moi et nous dit : "Allez à Radwat Khakh où vous rencontrerez une femme portant une lettre, prenez lui cette lettre !".
Nous partimes au galop et à l'endroit désigné, nous rencontrâmes une femme et nous lui demandâmes de nous remettre la lettre qu'elle portait. Elle nous répliqua qu'elle ne portait point de lettre. Nous la menaçames de la fouiller si elle ne nous montrait pas la lettre. Elle la sortit de ses cheveux, où elle la tenait cachée. Nous retournâmes à Médine et nous remîmes la lettre au Messager d'Allâh. Le Prophète lut la lettre qui contenait des informations sur les plans de l'expédition. Le Prophète fit venir Hateb et lui dit "Qu'as tu fait ?".
Hateb répondit : "Je n'ai fait cela non dans le but de te trahir ou de renier l'Islam mais uniquement pour que ma famille restée à la Mecque obtiennent une protection de la part des Qoraïchites".

Omar intervint et dit : "Laisse moi nous débarrasser de cet hypocrite!".
Le Prophète dit : "Cet homme est sincère, et il s'est battu à Badr. Qui sait, Allâh a peut être pardonné leurs erreurs à tous ceux qui se sont battus à Badr".

Son choc lors de la mort du Prophète avant de revenir à la raison (11 H ; 48 ans)

'Omar s'est trouvé à la Mosquée du Prophète, et a dit : "Il y a des hypocrites qui prétendent que le Messager d'Allâh est mort. Certainement le Messager d'Allâh n'est pas mort, mais il est allé à son Seigneur, comme Moise, fils d'Imran, est allé à son Seigneur (pour recevoir les commandements célestes). Par Allâh, Muhammad reviendra comme Moise est revenu, et il coupera les mains et jambes de ceux qui ont prétendu que le Messager d'Allâh est mort". (Ibn Hicham, 2/655)

'Orwa Ibn Zoubayr, qu'Allâh les agrée, rapporte : Puis (Abou Bakr) sortit rapidement à la mosquée. Il passa au-dessus des épaules des gens et arriva au minbar. En le voyant venir, 'Omar s'assit. Abou Bakr se leva à côté du minbar et appela les musulmans. Ils s'assirent et écoutèrent.
Abou Bakr prononça l'attestation de foi et fit une introduction très touchante. Puis il reprit : "Allâh puissant et glorieux a annoncé à son Prophète sa mort alors qu'il était vivant et parmi vous, de même qu'il vous a annoncé votre mort. La mort est une vérité et il ne restera aucun parmi vous sauf Allâh puissant et glorieux. Allâh élevé a dit : {Mouhammad n'est qu'un messager - des messagers avant lui sont passés. S'il mourait, donc, ou s'il était tué, retourneriez-vous sur vos pas ? Quiconque retourne sur ses pas ne nuira en rien à Allah; et Allâh récompensera bientôt les reconnaissants} (3/144).
-Ce verset est dans le Coran?! s'exclama 'Omar. Par Allah! Je ne savais pas avant ce jour que ce verset avait été révélé (j'étais inconscient de son sens)!

Ibn al-Musayyib rapporte que 'Omar a dit : "Par Allah, dès que j'ai entendu la parole d'Abu Bakr, je suis tombé à terre. Je me suis senti comme si mes jambes ne pouvaient plus me porter, ainsi je me suis effondré quand je l'ai entendu le dire. Seulement alors j'ai réalisé que muhammad était vraiment mort". (Al-Boukhâri n°641)

Discours de 'Omar et le serment collectif pour Abou Bakr (11 H ; 48 ans)

Anas raconte : j'ai entendu le deuxième discours de 'Omar le lendemain de la mort du Messager d'Allah, prière et paix sur lui. Abou Bakr était silencieux et ne disait pas un mot. 'Omar dit : "J'espérais que le Messager d'Allâh vive jusqu'à ce qu'il soit le dernier d'entre nous à mourir. Mais si Mouhammad est mort, Allâh a mis parmi nous une lumière pour être guidés. Allâh a guidé Mouhammad et Abou Bakr est le compagnon du Messager d'Allâh et le {Deuxième de deux} (9/40). Il est le musulman le plus digne d'être votre chef. Levez-vous donc et prêtez-lui serment (bayâa)".
Un groupe lui avait déjà prêté serment dans la cour des Banou Sa'ida, et le serment public eut lieu alors sur le minbar. J'ai entendu 'Omar dire à Abou Bakr à ce moment-là : "Monte sur le minbar". 'Omar ne cessa de le presser jusqu'à ce qu'il monta et les musulmans lui prêtèrent serment.

Anas rapporte : on prêta serment à Abou Bakr dans la cour, et le lendemain il s'assit sur le minbar. 'Omar se leva et parla avant lui. Il loua Allâh et le félicita comme il le mérite puis dit : "Musulmans! Hier, je vous ai dit une parole fausse : je ne l'ai pas prise du livre d'Allâh et le Messager d'Allâh ne me l'avait pas confiée, mais j'avais cru que le Messager d'Allâh partirait après nous tous. Allâh a laissé parmi vous son Livre par lequel il a guidé le Messager d'Allah; si vous y tenez Allâh vous guidera vers ce quoi il a guidé son Prophète. Allâh vous a aussi unis avec le meilleur d'entre vous : le compagnon du Messager d'Allâh et le {Deuxième de deux quand ils étaient dans la grotte} (9/40). Levez-vous et prêtez-lui serment".
Puis Abou Bakr prit la parole. Il loua Allâh et le félicita comme il le mérite puis dit : "Musulmans! On m'a placé en tant que votre chef et je ne suis point le meilleur parmi vous. Si j'agis bien aidez-moi, et si j'agis mal, redressez-moi. Dire la vérité est une responsabilité dont il faut s'acquitter, et mentir est une trahison. Le faible parmi vous est fort à mes yeux jusqu'à ce que je lui donne son droit par la volonté d'Allah. Le fort parmi vous est faible à mes yeux jusqu'à ce que je prenne ce qu'il doit par la volonté d'Allah. Tous gens qui laissent le jihèd pour la cause d'Allah, Allâh les châtiera par l'humiliation. Tous gens parmi lesquels se propage la turpitude, Allâh leur infligera une calamité qui les frappera tous. Obéissez-moi tant que j'obéis à Allâh et à son Messager. Si je désobéis à Allâh et à son Messager, vous ne devez plus m'obéir. Levez-vous pour la prière, qu'Allâh vous fasse miséricorde".

Discussion au sujet du califat dans la cour

Ibn 'Abbâs, qu'Allâh les agrée, rapporte : 'Omar raconta : voilà ce qui s'est passé quand le Messager d'Allâh mourut. On vint nous dire que les ançars s'étaient réunis dans la cour des Banou Sa'ida pour prêter serment à Saâd Ibn 'Oubèda, qu'Allâh l'agrée. Je me suis levé précipitamment ainsi qu'Abou Bakr et Abou 'Oubeyda Ibn Al-jarrah, qu'Allâh les agrée. Nous craignîmes qu'ils ne causent un tort à l'Islam et nous partîmes les rejoindre. Nous rencontrâmes deux hommes véridiques des ançars : 'Ouwaym Ibn Sa'ida et Maâan Ibn آadiy, qu'Allâh les agrée. Ils demandèrent : "Où allez-vous?"
Nous répondîmes : "Rejoindre votre tribu, à cause de ce qu'ils préparent".
Ils proposèrent : "Retournez, car ils ne vous désobéiront pas et ne feront pas une chose que vous désapprouvez".
Mais nous insistâmes pour partir. Je me mis à arranger des paroles que je voulais dire jusqu'à ce que nous arrivâmes. Ils étaient autour de Saâd Ibn 'Oubèda qui était malade et couché sur un lit. Quand nous entrâmes, ils prirent la parole et dirent : "Ô mouhajirins! Un émir des nôtres et un des vôtres!"
Houbèb Ibn Almondhir dit : "C'est moi le stratège et le politicien hors pair! Par Allah! Si vous voulez, nous rallumerons la guerre!"
Abou Bakr dit : "Doucement".
Je voulus parler mais il dit : "Ecoute, 'Omar!"
Il loua Allâh et le félicita puis dit : "Ô ançars! Par Allah! Nous ne nions pas vos vertus, ni votre valeur dans l'Islam, ni nos devoirs envers vous. Mais vous savez bien que cette tribu, Qouraych, tient une place parmi les arabes qu'aucune autre tribu ne possède, et que les arabes ne se soumettront qu'à un homme d'entre eux. Nous serons donc les souverains et vous les ministres. Soyez pieux envers Allah! N'ébranlez pas l'Islam et ne soyez pas les premiers à causer du tort à l'Islam. Je vous propose un de ces deux hommes (moi et Abou 'Oubeyda), lequel choisirez-vous, vous pourrez lui faire confiance".
Par Allah! Il avait dit tout ce que je voulais dire, à part cette dernière parole. Par Allah! Je préfère être tué et être ressuscité, puis être tué encore et revivre, sans avoir commis de péché, plutôt que d'être le chef d'un groupe contenant Abou Bakr.
Puis je dis : "Ô ançars! Ô musulmans! La personne qui mérite le plus la place du Messager d'Allâh après lui est le {Deuxième de deux quand ils étaient dans la grotte} (9/40) : Abou Bakr qui a de loin dépassé tous les autres". Puis je pris sa main et un homme des ançars me précéda et tapa sur sa main avant moi. Puis les gens se suivirent et on laissa Saâd Ibn 'Oubèda.

Abou Bakr et 'Omar se rejettent le califat dans la cour

Ibn Sirine rapporte : ce jour-là, Abou Bakr et 'Omar, qu'Allâh les agrée, rejoignirent les ançars.
Abou Bakr dit : "Ô ançars! Nous ne nions pas vos vertus, et aucun croyant ne nie vos vertus. Par Allah! Tout bien que nous avons atteint, vous y avez participé. Mais les arabes n'accepteront qu'un homme de Qouraych et ne resteront pas sous l'autorité d'un autre. Les qouraychites sont les meilleurs orateurs, ils ont les origines les plus nobles et la terre la plus noble, ils sont aussi les plus généreux parmi les arabes. Prêtez donc serment à 'Omar!
- Non, répondirent-ils.
- Pourquoi donc? questionna 'Omar.
- Nous craignons d'être défavorisés.
- Tant que je vivrai, affirma-t-il, cela n'aura pas lieu. Prêtez donc serment à Abou Bakr.
- Tu es plus fort que moi, dit Abou Bakr à 'Omar.
- Tu es meilleur que moi, répliqua 'Omar.
- Tu es plus fort que moi, répéta Abou Bakr".
'Omar donna la même réponse. Abou Bakr répéta une troisième fois et 'Omar répondit : "Ma force est à ton service en plus de ta supériorité".
Ils prêtèrent alors serment à Abou Bakr, qu'Allâh l'agrée. Quand on prêta serment à Abou Bakr, certaines personnes allèrent voir Abou 'Oubayda Ibn Aljarrah. Il rétorqua : "Vous venez vers moi alors que le {Deuxième de deux} (9/40) est parmi vous!"

Abou Bakr dit à 'Omar : "C'est toi qui m'a fait porter cette responsabilité"

Ibn Rahawayh rapporte : quand il fut nommé calife, Abou Bakr s'assit tristement dans sa maison. 'Omar entra chez lui et Abou Bakr se mit à lui faire des reproches.
Il lui dit : "C'est toi qui m'a fait porter cette responsabilité" et il se plaint de devoir juger entre les gens.
'Omar lui dit : "Mais tu sais bien que le Messager d'Allâh a dit : si le gouverneur s'efforce et atteint la vérité, il a deux récompenses. Et s'il s'efforce et se trompe, il a une récompense". Abou Bakr fut alors un peu soulagé.

Son poste de calife après la mort d'Abou Bakr

Il prit le califat par désignation de Abou Bakr As-Siddiq, que Allâh les agrée tous deux. Il lui fut prêté serment de son vivant, puis il dirigea les affaires du califat avec loyauté, justice et excellentes gestion et stratégie.

La conquête de Damas (14 H.)

Lorsque l'affaire de Yarmouk fut réglée, les musulmans se dirigèrent vers Damas, ils l'assiégèrent durant soixante-dix nuits de ses quatre côtés. Une nuit, par surprise, Khalid Ibn l-Walid escalada le mur avec ceux qui étaient avec lui, tua les sentinelles gardant la porte et prit d'assaut la ville avec les soldats, puis il dit : "Allahou 'Akbar" et ils dirent : "Allahou 'Akbar". Les gens de la ville se réfugièrent auprès de leurs chefs qui appelèrent à faire un pacte de paix. Les musulmans entrèrent donc par les différents côtés de la cité grâce à ce pacte et se retrouvèrent avec Khalid Ibn l-Walid au centre de la ville. La partie de la ville pénétrée par Khalid fut elle aussi prise grâce à un pacte de paix. Cela eut lieu la quatorzième année de l'Hégire. Puis les soldats continuèrent leurs conquêtes, ils conquirent Tabariyah et Baysan grâce à un pacte de paix, sans effusion de sang, ainsi que Qayçariyyah, Ghazzah, Sibastiyyah. Ils conquirent aussi NAbouls, Ar-Ramlah, Loudd, 'Amwas, Bayt Habroun, Yafa et toute la région jusqu'à Gaza.

La conquête de Jérusalem

Ensuite Abou 'Oubayda marcha sur la Jordanie, réunit les armées et se dirigea vers Jérusalem. Il leur écrivit un puis les attendit. Mais ils refusèrent de se rendre. Il partit donc à leur rencontre, établit son camp à proximité d'eux et les assiégea. Lorsque le siège fut trop éprouvant pour eux, ils demandèrent la paix, ce qu'il accepta. Ils dirent : "Envoie un à ton gouverneur afin que ce soit lui qui nous donne le pacte de paix".

Abou 'Oubayda ayant écrit à l'Emir des croyants pour l'en informer, 'Omar réunit les grands compagnons et leur demanda leur opinion : devait-il s'y rendre ou non ? Ils lui suggérèrent tous d'y aller. C'est ainsi qu'il réunit une troupe et s'en alla après avoir nommé 'Ali Ibn Abi Talib, que Allâh l'agrée, à sa place au commandement de Médine l'Illuminée.

L'Emir des croyants entra à Jérusalem et c'est à ce moment là qu'eut lieu l'accord de paix entre les croyants et les chefs de la population de Jérusalem, moyennant le paiement de la jizyah - impôt - et d'autres conditions précises. Il fit mettre sur papier tous les points sur lesquels l'accord fut établi.

Lorsque l'Emir des croyants, 'Omar Ibn l-Khattab, que Allâh l'agrée, entra à Jérusalem avec l'extraordinaire armée des musulmans, il dégagea le Rocher et ordonna d'y construire une mosquée. Passant près du Mihrab de Dawoud, l'alcôve située à la porte de la ville dans la fortification, il y accomplit une prière, récita la Sourat Sad et se prosterna. Ensuite il changea l'orientation de la mosquée en direction de la Ka'bah. C'est à cette époque-là que furent conquises toutes les régions des pays du Cham.

Puis, il nomma 'Alqama Ibn Hakim à la tête de la moitié de la Palestine et fit de Ar-Ramlah sa capitale; d'autre part il nomma 'Alqamah Ibn Mahriz à la tête de l'autre moitié et l'installa à Jérusalem (Baytou l-Maqdis).

La désignation de 'Othmân comme successeur

'Omar avait désigné un collège de six illustres compagnons qui devraient choisir entre eux-mêmes celui qui lui succéderait et deviendrait le troisième calife.

Ce collège s'étant réuni, trois d'entre ses six membres expriment leur accord pour que quelqu'un parmi les autres soit calife : en fait ces trois membres remettent leur possibilité d'être nommé calife aux trois autres; restent donc Ibn Awf, 'Othmân et 'Alî. Ibn Awf se désiste lui aussi par rapport à la fonction de calife et propose à 'Othmân et à Alî de choisir le calife parmi eux. Ils acceptent. Il se met à consulter pendant trois jours les compagnons présents à Médine. La troisième nuit, il réveille al-Miswar ibn Makhrama, l'envoie appeler az-Zubayr et Sa'd, avec qui il s'entretient. Puis il envoie al-Miswar quérir 'Alî, avec qui il s'entretient longuement, puis 'Othmân avec qui il s'entretient longuement aussi (Al-Bukhârî n°7207).

Il dit notamment à chacun de ces deux personnages : "Fais serment par Allâh que si tu es nommé dirigeant tu seras juste et si l'autre est nommé tu obéiras". (Al-Boukhârî n°3700)

Sa mort

Il est mort dans le mois de Dhou Al Hijjah de l'an 23H, à 63 ans.

Sa description physique

Il était grand, blanc de peau avec beaucoup de rougeur, la barbe fournie mais légère au niveau des favoris, très fournie au niveau des moustaches, l'iris des yeux très rouge.

Ses mérites

Selon Abou Hourayra , le Messager d'Allâh a dit : "Il y avait dans les communautés qui vous ont précédés des hommes-inspirés d'Allâh. S'il y a un tel homme dans ma nation, c'est bien 'Omar". (Al Boukhâri n°3282 et Mouslim n°2389)

On rapporte au sujet de Abou Mousa Al-Ach'ari qu'il dit : "Or voilà que quelqu'un faisait bouger la porte. Je dis : "Qui va là?"
Il dit : "'Omar Ibn Al-Khattâb".
Je dis : "Attends un peu!" Je vins auprès du Messager d'Allâh , le saluai et lui dis : "'Omar demande l'autorisation d'entrer".
Il dit : "Fais-le entrer et annonce-lui le Paradis".
Je retournai à 'Omar et lui dis : "Tu peux entrer et le Messager d'Allâh t'annonce le Paradis".
Il entra donc et s'assit sur la margelle à gauche du Messager d'Allâh . Il plongea comme lui ses pieds dans le puits". (Al-Boukhâri, Mouslim)

Houdhayfa a rapporté que le Prophète a dit : "Prenez exemple sur ceux qui viendront après moi : Abou Bakr et 'Omar !". (Tirmidhi et Al-Hakim)

Il dit encore : "s'il devrait y avoir un Prophète après moi, ça aurait été Omar". (At-Tirmidhi et Ahmad)

Le Prophète a dit : "Allâh a placé la vérité sur la langue et dans le coeur de Omar". (Abou Dâwoûd, Tirmidhi, Ibn Mâja, Ahmad et Ibn Sa'd)

Le Messager d'Allâh a dit aussi à 'Omar : "Dès que le Diable te voit prendre une voie, il en prend aussitôt une autre".

Ibn 'Abbas raconte : "'Ouyayna Ibn Hisn vint une fois à Médine chez son neveu Al Hourr Ibn Qays qui était parmi les rares personnes que 'Omar rapprochait de lui. Les lecteurs du Coran formaient en effet l'entourage de 'Omar et étaient ses conseillers, qu'ils fussent en âge mûr ou des adolescents. 'Ouyayna dit à son neveu : "Mon neveu! Tu es introduit auprès de 'Omar; demande-lui de m'accorder un audience!".
'Omar la lui accorda; une fois entré chez 'Omar, il lui dit : "Gare à toi, ô Ibn Al Khattab! Par Allâh tu ne nous donnes pas en abondance et tu ne juges pas équitablement entre nous".
'Omar se fâcha tellement qu'il était sur le point de le frapper de sa colère.
Al Hourr lui dit alors : "Ô Prince des Croyants! Allâh Le Très-Haut à dit à Son Prophète : {Accepte ce qu'on t'offre de raisonnable, commande ce qui est convenable et éloigne-toi des ignorants.} (7/199) et cet homme fait partie des insensés".
Par Allah! 'Omar, au simple rappel de ce verset, ne le transgressa pas d'un pouce. Il respectait en effet srccupuleusement les prescriptions du Livre d'Allâh exalté". (Al-Boukhâri)

Al-Abbas Ibn Abd l-Mouttalib a dit : "J'ai été un voisin de 'Omar Ben Al-Khattab. Je n'ai jamais vu dans ma vie un homme meilleur que lui. Il veillait ses nuits en priant, ses jours en jeûnant et il vaquait aux besoins des gens. Quand il mourut, j'ai demandé à Allâh de me le faire voir en songe. En effet, une certaine nuit, je l'ai vu venant du marché de Médine, je l'ai salué et il m'a rendu le salut, puis je lui ai dit : "Comment vas-tu?"
"Bien", m'a-t-il répondu. En lui demandant sur ce qu'il a trouvé, dans l'autre monde, il m'a dit : "Je viens maintenant de rendre compte de toutes mes oeuvres. Si je n'avais pas trouvé un Seigneur Miséricordieux, j'aurais été parmi les perdants". (Abou Na'im)

Ibn 'Omar a dit : "Je n'ai jamais entendu 'Omar dire à propos d'une chose : "Je crois que c'est ainsi", sans qu'elle ne fût exactement ainsi".

3. Othman Ibn 'Affan

Son nom et sa généalogie

Il se nomme Abou 'Amr 'Othman Ibn 'Affan Ibn Abi l-'As. Sa mère est 'Arwa Bintou Kariz et son arbre généalogique rejoint celui du Prophète à 'Abdou Manaf.

Sa naissance

Il est né à At-Tâif, six ans après l'année de l'éléphant.

Sa conversion (-13 H. ; 39 ans)

Il fut parmi les premiers convertis à l'Islam, par Abou Bakr, que Allâh les agréé tous deux. Il avait à ce moment-là trente neuf ans.

Ses combats dans la voie d'Allâh

Il assista à tous les grands évènements avec le Messager d'Allâh sauf la bataille de Badr car sa femme Rouqayya était malade. Ainsi le Prophète lui ordonna de rester à son chevet à Médine ; il le compta cependant parmi les participants à la bataille de Badr et lui donna sa part du butin.fleche

Son éléction en tant que calife (23 H.)

Il lui fut prêté serment comme successeur à la tête des musulmans trois nuits après l'enterrement de 'Omar Ibn l-Khattab, que Allâh l'agrée.

Arrive l'heure de la prière de l'aube. Après l'avoir accomplie, Ibn Awf envoie quérir tous les Emigrants et les Auxiliaires présents à Médine, tous les chefs des armées - ils étaient venus accomplir le pèlerinage à la Mecque avec le défunt calife Omar - et tout ce monde se réunit dans la mosquée du Prophète. Ibn Awf déclare alors qu'après avoir consulté les gens, il a constaté "qu'ils ne considèrent personne comme étant du même niveau que 'Othmân".

Il fait alors allégeance à ce dernier, et les responsables présents la lui font eux aussi (Al-Boukhâri 7207). Alî aussi lui fait allégeance (Al-Boukhâri n°3700).

Les expeditions qu'il envoi

Beaucoup de pays furent conquis à son époque, comme l'Arménie et la Tripoli occidentale.

'Othman prépara une armée pour la conquête de l'Ifriqiya - l'actuelle Tunisie -. Le roi de cette région était Jarjir, un représentant de Héraclius à qui il envoyait chaque année un tribut. Lorsque ce roi apprit la nouvelle, il réunit une armée de cent vingt mille hommes et vint à la rencontre des musulmans à Soubaytoulah, la capitale de son royaume. Ils l'appelèrent à l'Islam ou à payer la jizyah mais il fit preuve d'orgueil.

Puis 'Othman envoya 'Abdoullâh Ibn z-Zoubayr avec des soldats en renfort. Jarjir eut vent de l'arrivée des renforts et prit peur. Les affrontements commencèrent, la bataille fit rage. Ils prirent d'assaut les campements romains et les mirent en déroute, beaucoup d'entre eux furent tués. 'Abdoullâh Ibn z-Zoubayr tua Jarjir, conquit Soubaytoulah, puis les habitants de l'Ifriqiyah demandèrent la paix moyennant deux millions cinq cent mille dinars.fleche

Les problèmes qu'Il dû affronter en tant que calife

C'est durant le califat de notre maître 'Othman, que Allâh l'agrée, que commençèrent les critiques vis-à-vis des gouverneurs qu'il avait nommés dans différentes contrées. Les gens reprochaient des erreurs de la part des gouverneurs et les amplifiaient; ces propos se propagèrent entre certains résidents de ces contrées qui commencèrent à parler à haute voix d'oppression et d'injustice de la part des gouverneurs mis en place par 'Othman dans les différentes contrées et régions. Ces paroles finirent par parvenir aux plus grands compagnons à Médine. Ils parlèrent à 'Othman en lui demandant de révoquer certains gouverneurs afin de faire cesser cette dissension. Alors 'Othman envoya des observateurs dans les différentes contrées qui lui rapporteraient les informations réelles. Entre autres, il envoya Mouhammad Ibn Maslamah à Koufa, Ousama Ibn Zayd à Bassora, 'Abdoullâh Ibn 'Omar au Cham et 'Ammar Ibn Yasir en Egypte. Ils partirent et revinrent en disant : " Nous n'avons rien vu de blâmable".

Les instigateurs pervers de la dissension cachaient intérieurement ce qu'ils recélaient de fourberies dans le cœur, ils faisaient croire aux gens qu'ils voulaient faire apparaître la vérité et la justice. Leur leader dans cette affaire était 'Abdoullâh Ibn Saba connu sous le nom de " Ibn as-Sawda". C'était un juif d'Irak, montrant hypocritement l'apparence de l'Islam dans le but de semer la dissension et la division dans la communauté musulmane. Lorsque les gens de Bassora le démasquèrent, ils l'expulsèrent de cette ville, il se rendit alors à Koufa puis au Cham, d'où il fut de nouveau expulsé. Ibn Sawda se dirigea vers l'Egypte et s'y implanta. C'est là-bas que le nombre de ses adeptes augmenta. Sa nuisance envers 'Othman redoubla car son but était de faire diverger la parole des musulmans.

Les cerveaux de l'intrigue n'ont aucun scrupule pour parvenir à leurs objectifs : ils n'hésitent pas à écrire des faux qu'ils signent du nom d'illustres compagnons et qu'ils envoient à des gens pour les soulever. Ils prétendront ainsi que Alî leur a écrit une lettre critiquant 'Othmân.

Alî s'exclamera : "Par Allâh je ne vous ai jamais envoyé de lettre".fleche

Pareillement, alors que Masrûq reproche à Aïcha d'avoir écrit aux gens pour les soulever contre 'Othmân, elle proteste et dit : "Par Celui en qui les croyants ont foi et que les incroyants renient, je ne leur ai pas écrit une seule lettre !".

Il met en place dans chaque grande ville un registre public destiné à recevoir les doléances des administrés, il invite ceux qui ont des plaintes à venir les faire entendre lors du pèlerinage; mais il refuse que pour le défendre on entreprenne quelque chose susceptible de faire couler le sang.

Mu'âwiya lui proposera d'envoyer une petite armée assurer l'ordre à Médine car celle-ci pourrait être la proie de ceux dont on sent bien qu'ils sont en train de faire naître une lame de fond. 'Othmân refuse. Plus tard d'autres compagnons lui proposeront de le défendre contre les insurgés. 'Othmân refusera encore de faire le premier des pas qui feront couler le sang.

Sa maison prise en siège pendant 40 jours 

Les critiques se multiplièrent ainsi que les on-dits à Médine. Les chefs meneurs de la dissension contactèrent leurs adeptes dans les différentes villes, leur disant de se présenter à Médine. Ces derniers entrèrent à Médine sous le prétexte du pèlerinage, en cachant leur complôt visant à porter atteinte à 'Othman, que Allâh l'agrée.

'Othmân leur demande : "Que voulez-vous ?"
Ils font part de leurs exigences, et 'Othmân finit par s'engager à les respecter : il y a notamment le fait de ne plus nommer que les gens que ces insurgés estiment dignes des postes administratifs; il y a aussi le fait de répartir les recettes fiscales de façon égale. Pour leur part les insurgés prennent l'engagement de reconnaître son autorité en tant que calife.
Ils repartent alors de Médine satisfaits, mais bientôt ils interceptent un cavalier porteur d'une lettre signée de 'Othmân qui demande au gouverneur d'Egypte de mettre à mort les insurgés. Ils reviennent alors à Médine. Des insurgés viennent rencontrer Alî et lui disent qu'ils vont se soulever contre 'Othmân et qu'il doit les aider dans cette entreprise. Devant son refus, ils lui disent : "Eh bien pourquoi nous as-tu donc envoyé la lettre ?
- Par Allâh je ne vous ai jamais envoyé de lettre !" proteste Alî.
Les insurgés vont demander des explications au calife 'Othmân. Celui-ci jure ne pas être à l'origine de la missive qu'ils ont interceptée. Ils lui demandent alors de leur remettre Marwân Ibn al-Hakam, son secrétaire. 'Othmân refuse . Les insurgés assiègent 'Othmân dans sa maison.fleche

Ils l'assiégèrent durant quarante jours, allant jusqu'à l'empêcher de se procurer de l'eau. 'Ali se mit en colère et fit apporter de l'eau, puis envoya Al-Haçan, Al-Housayn et un groupe de fils des compagnons monter la garde devant la maison de 'Othman, craignant qu'on la prenne d'assaut. Les rebelles attaquèrent en se ruant sur la porte de 'Othman, mais ils en furent empêchés par Al-Hasan, Al-Housayn, Az-Zoubayr, Talha et d'autres, puis ils escaladèrent les murs et prirent d'assaut la maison en passant par la maison de 'Amr Ibn Hazim et ceux qui gardaient la porte ne s'en aperçurent pas.

Mouhammad Ibn Abi Bakr entra et parla avec 'Othman, alors 'Othman lui dit : "Si ton père Abou Bakr te voyait il n'accepterait pas cela", alors il eu honte et sortit en regrettant.

Il a refusé les trois propositions de Al-Mughîra Ibn Su'ba dont l'une est d'employer la force pour combattre les insurgés présents à Médine (Ahmad n°451).

Quant à ces insurgés, 'Othmân leur dit : "Si vous me tuez, alors vous ne pourrez plus vous aimer les uns les autres, vous ne prierez plus sous la direction des uns et des autres et vous ne serez plus unis face à vos ennemis". (At-Tabarî)

'Othmân rappelle aux insurgés que le Prophète a interdit de verser le sang de l'homme, sacré par nature, sauf dans des cas précis; or aucun de ces motifs n'est présent en lui; "Pour quelle raison allez-vous donc me tuer ?" questionne-t-il (At-Tirmidhî n°2158, Abou Dâoûd n°4502, An-Nasâi n°4019, Ibn Mâja n°2533).

Othmân leur rappelle aussi que, du temps du Prophète, alors que les musulmans devaient auparavant acheter leur eau, il a, sur la demande du Prophète, acheté et offert aux musulmans le puits de Rûma à Médine et qu'aujourd'hui les insurgés lui interdisent de bénéficier de l'eau de la ville ; qu'il a acheté une parcelle de terrain pour la joindre à celle de la mosquée du Prophète et qu'aujourd'hui ils lui interdisent d'accomplir ne serait-ce qu'une prière dans cette même mosquée ; qu'un jour, alors que le Prophète, Abou Bakr, Omar et lui-même se trouvaient sur une colline de la Mecque, que celle-ci avait eu une secousse et que le Prophète avait alors dit à la colline de se tenir tranquille car elle portait un Prophète, un juste et deux martyrs. Ses ennemis ayant reconnu tout ce qu'il leur dit, 'Othmân s'exclame : "Allâhu Akbar ! Ils sont témoins, en ma faveur, par le Seigneur de la Kaaba, que je suis martyr !". (At-Tirmidhî n°3703, An-Nasâi 3608)fleche

Sa mort (35 H. ; 81 ans)

Puis, les effrontés semeurs de discorde entrèrent chez lui et l'un d'entre-eux le frappa de son sabre, sa femme Na'ilah se précipita sur lui et eut les doigts de la main sectionnés, puis ils le tuèrent, l'insurrection fit rage et la maison fut pillée.

Il est mort le vendredi 18 de Dhou l-Hijja en l'an 35 H, à 81 ans. Son califat dura douze ans moins un jour.

'Othman, que Allâh l'agrée, avait dit avant son assassinat : "Hier, j'ai vu le Messager d'Allâh en rêve ainsi que Abou Bakr et 'Omar qui m'ont dit : Patiente, car tu déjeunera auprès de nous la nuit prochaine".

Son enterrement

Il resta dans sa maison trois jours puis Hakim Ibn Houzam et Jabir Ibn Mout'am vinrent auprès de 'Ali qui les autorisa à préparer ses funérailles et à l'enterrer, il fut enterré entre al-maghrib et al-'icha dans un jardin que 'Othman, que Allâh l'agrée, avait acheté et qu'il intégra au cimetière de Baqi'ou l-Gharqad.fleche

Sa description physique

Il était de taille moyenne, avait un beau visage, blanc avec une rougeur, sur lequel apparaissaient des cicatrices suite à la variole. Il avait la barbe épaisse, les épaules larges, les bras longs et recouverts de poils. 

Ses mérites

On rapporte au sujet de Abou Musa Al Ash'ari qu'il dit : "Si Allâh veut du bien à mon frère. Il le fera venir à cette heure".
Juste à ce moment quelqu'un fit bouger la porte. Je dis : "Qui va là?"
Il dit : "'Othmàn Ibn 'Affàn".
Je dis : "Attends un peu!" Je partis l'annoncer au Prophète qui dit : "Laisse-le entrer et annonce-lui le Paradis ainsi qu'une épreuve qui le touchera".
Je revins et dis : "Entre! Le Messager d'Allâh t'annonce le Paradis ainsi qu'une épreuve qui te touchera".
Il entra et, ayant trouvé ce côté de la margelle déjà occupé, s'assit sur le côté d'en face". (Al-Boukhâri, Mouslim)

Selon 'Âicha : "Le Prophète était assis avec une cuisse découverte, Abou Bakr lui demanda permission d'entrer et il lui accorda sans changer de position, ensuite lui demanda 'Omar et il lui accorda sans changer de position, ensuite lui demanda 'Othmân et il recouvrit sa cuisse. Quand ils sont sortis je lui est demandé : "Ô Messager d'Allâh, Abou Bakr et 'Omar t'ont demandé la permission d'entrer et tu leur a accordé sans changé ta posture; mais quand te l'a demandé 'Othmân tu t'es recouvert" ?
Il dit : "Ô 'Âicha, ne devrais-je pas avoir honte d'un homme duquel, par Allâh, les anges ont hontes de lui"". (Ahmad, Al-Boukhâri en a également parlé)

 

4. Ali Ibn Abi Tâlib

 Son nom et sa généalogie

Il se nomme Abou l-Haçan 'Ali Ibn Abi Talib Ibni 'Abdi l-Mouttalib Ibni Hachim Ibni 'Abdi Manaf.

C'est le cousin paternel du Messager d'Allah.

Sa mère est Fatima Bint 'Asad Ibni Hachim.

Sa naissance

Il est né dix ans avant que le Prophète ne reçoive la révélation.

Son enfance

Tabari, nous dit que, voyant toutes les difficultés dans lesquelles Abû-Talib se trouvait à cause de la famine pour entretenir une grande famille, Muhammad se rendit chez `Abbâs, un autre oncle, qui était plus riche, et lui dit : "Abou Tâlib a beaucoup de difficultés en ce moment; il serait charitable de prendre un de ses enfants chez toi, comme moi je vais le faire". Ja'far fut ainsi adopté par `Abbâs, et `Alî par Muhammad.

Il fut éduqué entre les mains du Prophète et dans sa maison. Il était surnommé "Haydara" comparativement au lion mais le Prophète l'avait surnommé "Abou Tourab" le père de la terre, c'est le surnom qu'il préférait.

Sa conversion

Il est le premier à être entré en Islam après Khadijah alors qu'il était jeune.fleche

Son assistance au Prophète dès le début de l'Islam (-10 H. ; 10 ans)

'Ali a fait ce récit : "Quand le verset : {Et prévient ta proche tribu} a été révélée, le Messager d'Allâh m'a appelé et a dit : "Ali, certainement Allâh a commandé que je prévienne ma proche tribu, et je sens la difficulté de cette mission. Je sais que quand je les affronterai avec cet avertissement, je n'aimerai pas leur réponse". Alors le Prophète a invité les membres de son clan pour dîner avec lui sur une petite quantité de nourriture et peu de lait. Il y en avait quarante d'entre eux. Après qu'ils avaient mangé, le Prophète leur a parlé : "Ô Enfants d'Abdul Muttalib, par Allâh, je ne connais pas de jeune homme venant des Arabes qui a apporté à son peuple mieux que je ne vous apporté. Je vous ai apporté la bonté de ce monde et de l'Au-delà. Le Tout-puissant a commandé que je vous invite à lui. Qui parmi vous m'aidera dans cette mission et deviendra mon frère, mon exécuteur testamentaire, et mon successeur ?"
Personne n'accepta l'invitation, et j'ai ('Ali) dit : "Ô Messager d'Allâh, je serai votre assistant".
Il a tenu mon cou et leur dit : "Celui ci est mon frère, mon exécuteur testamentaire, mon successeur parmi vous. Ainsi écoutez-le et obéissez-lui".
Ils rirent et dirent à Abou Talib : "Il (Muhammad) vous a commandé d'écouter votre fils et de lui obéir"". (Tabari, Ibn Athir 2/62, Ibn Asakir 1/85, As-Souyouti dans Durr al-Manthur 5/97, al-Bayhaqi dans Dalail al-Nabawiya 1/428 et 430, et Ibn Ishaq)fleche

Son remplacement du Prophète lors de l'hégire, et sa propre hégire ensuite

Lorsque le Prophète fit l'Hégire de La Mecque à Médine, il ordonna à 'Ali de passer la nuit dans son lit, de rester là-bas trois jours pour rendre à leurs propriétaires les dépots confiés au Prophète et de le rejoindre ensuite à Médine. Il émigra de La Mecque à Médine à pied.

Son mariage avec Fâtima (2 H. ; 21 ans)

Ali , le fils d'Abou Tâlib, rassembla alors son courage et vint demander sa main au Prophète. En présence du Prophète pourtant, il se laissa intimider et perdit sa langue. Il ne quitta pas le sol des yeux et ne put dire un mot.
Le Prophète lui demanda alors : "Pourquoi es-tu venu ? As-tu besoin de quelque chose ?"
'Ali ne pouvait toujours pas parler alors le Prophète suggéra : "Peut-être es-tu venu pour demander Fâtima en mariage ?"
"Oui" répondit 'Ali

Selon ce qu'on rapporte, le Prophète dit simplement : "Bienvenue dans la famille" et cela fut prit comme l'approbation du Prophète par 'Ali et par les Ansars qui l'attendaient dehors.

On rapporte aussi que le Prophète approuva et demanda à 'Ali s'il avait quelque chose à donner en dot. 'Ali répondit que non. Le Prophète lui rappela qu'il avait un bouclier qu'il pouvait vendre.
Ali vendit le bouclier à 'Othman pour quatre dirhams et pendant qu'il se dépêchait de retourner chez le Prophète pour lui remettre la dot, 'Othman l'arrêta et lui dit : "Je te rends ton bouclier comme cadeau de ma part pour ton mariage avec Fâtima ".
Fâtima et 'Ali se marièrent donc probablement au début de l'an 2 de l'Hégire. Elle avait environ 19 ans à ce moment, et 'Ali en avait environ 21.

Le Prophète lui-même dirigea la cérémonie du mariage. Pour le repas de noce, on servit aux invités des dattes, des figues et une mixture de dattes et de beurre gras appelé hais. Un membre dirigeant des Ansars offrit un bélier et d'autres firent des dons de céréales.

Pour son mariage, on rapporte que le Prophète offrit à Fâtima et à 'Ali un lit de bois entrelacé de feuilles de palmes, une couverture de lit en velours, un coussin en cuir rempli de fibres de palmes, une peau de mouton, une marmite, une outre en peau et une meule manuelle pour moudre le grain.fleche

Dans l'humble demeure d'Ali il y avait seulement une peau de mouton en guise de lit. Le matin qui suivit la nuit de noces, le Prophète vint chez 'Ali et toqua à la porte. Barakah sortit et le Prophète lui dit : "Ô Oum Ayman ? Appelle mon frère pour moi"
"Ton frère ? C'est celui à qui tu as marié ta fille ?" demanda Barakah de façon quelque peu dubitative comme si elle se demandait : "Pourquoi le Prophète appelle 'Ali son frère ?"
Il faisait référence à 'Ali comme son frère seulement parce que faisant partie des musulmans qui se joignirent à la fraternité après l'hègire, le Prophète et 'Ali était donc liés comme des frères.

Le Prophète répéta ce qu'il venait de dire à plus haute voix. 'Ali vint et le Prophète fit une invocation, invoquant les bénédictions d'Allâh sur lui. Puis il demanda Fâtima . Elle arriva se faisant presque toute petite, dans un mélange de respect et de timidité et le Prophète lui dit : "Je t'ai marié à la personne de ma famille qui m'est le plus cher", de cette façon il cherchait à la rassurer. Elle ne commençait pas à vivre avec un parfait étranger mais avec quelqu'un qui avait grandi dans la même famille, qui était l'un des premiers à être devenu musulman à un jeune âge, qui était connu pour son courage, sa bravoure et sa moralité, et que le Prophète décrivait comme "son frère dans ce monde et dans l'au-delà".

Ses enfants avec Fâtima

Il eut d'elle 4 enfants : al Hasan, al hussein, zaynab al kubra, et oum kalthum al kubra.

Il n'épousa aucune autre femme durant la vie de Fâtima (رضي الله عنها), après elle il épousa

- khawla bint ja'far ben qis (il a 1 fils muhammad al akbar)
- layla bint mas'oud (2 fils, 'ubaid allah et abu bakr)
- oum al banin bint hazzam (4 fils, al 'abbas al akbar, 'uthman, ja'far et 'abdullah)
- asma bint 'amis (2 fils yahya et 'awn)
- oum habib bint rabî'a (1 fils 'Omar al akbar et 1 fille rouqayya)
- amamat bint abi l-'as (1 fils muhammad al awsat)
- oum said bint 'ourwa (2 filles oum al hasan et ramlat al kubra)
- muhayyat fille de amri qis (des filles : um hani, maymuna, zeinab asughra, ramla asughra, um kathum as sughra, fatima, umamat, khadija, um al kiram, um salam, um ja'far, jumana, naqisat et une fille qui n'a pas eu de nom)fleche

La bataille d'Ouhoud (3 H ; 22 ans)

L'homme qui commença la bataille d'Ouhoud s'appelait Talha bin Abi Talha, un grand guerrier de l'armée d'Abou Soufyân. Il s'engagea dans le champ de bataille et défia les Musulmans à se battre un contre un. Le défi fut accepté par 'Ali et en moins de deux le corps inerte de Talha gisait sur le sol. L'étendard fut pris par deux de ses frères, mais les deux furent abattus par les flèches des Musulmans.

Neuf Mecquois prirent l'étendard, l'un après l'autre, mais chacun d'eux fut envoyé en enfer par 'Ali. Ensuite, une soldat Ethiopien du nom de Sawaab s'avança sur le champ. Il avait un visage effrayant et en le voyant aucun Musulman n'osa avancer. Cet homme fut tué par 'Ali d'un seul coup.

Il est choisi pour porter l'étandard des musulmans le jour de la bataille de Khaybar (7 H ; 26 ans)

Selon Abou hourayra, le Messager d'Allâh a dit le jour de la bataille de Khaydar : "Je donnerai certainement la bannière à un homme qui aime Allâh et Son Messager. Allâh donnera par lui Sa victoire".
'Omar dit : "Je n'ai jamais aimé le commandement sauf ce jour-là".
Je me suis donc précipité à l'avant dans l'espoir d'être appelé à porter l'étendard. Mais le Messager d'Allâh appela 'Ali Ibn Abi Tâlib et lui donna la bannière en lui disant : "Marche sans te retourner jusqu'à ce que Allâh te donne la victoire"
'Ali se mit en marche puis s'arrêta un moment sans se retourner et cria : "Ô Messager d'Allâh! A propos de quoi dois-je combattre ces gens?"
Il dit : "Combats-les jusqu'à ce qu'ils attestent qu'il n'y a de dieu q ue Allâh et que Mohammad est le Messager d'Allâh. Dès qu'ils font cela, ils ont mis à l'abri (de toi) leur sang et leurs biens sauf pour ce qui est de leurs redevances légales et c'est uniquement à Allâh de leur demander des comptes"". (Mouslim)fleche

Il est chargé d'intercepter une lettre lors de la conquète de la Mecque (8 H ; 27 ans)

Hateb ben Abi Baltaâ voyant tout ce qui se passait, écrivit une missive pour les Chefs Qoraichites afin de les prévenir de l'attaque des Musulmans.
Ali raconte : "Le Prophète nous convoqua Al Miqdad, Az Zoubayr et moi et nous dit : "Allez à Radwat Khakh où vous rencontrerez une femme portant une lettre, prenez lui cette lettre !"".
Nous partimes au galop et à l'endroit désigné, nous rencontrâmes une femme et nous lui demandâmes de nous remettre la lettre qu'elle portait. Elle nous répliqua qu'elle ne portait point de lettre. Nous la menaçames de la fouiller si elle ne nous montrait pas la lettre. Elle la sortit de ses cheveux, où elle la tenait cachée. Nous retournâmes à Médine et nous remîmes la lettre au Messager d'Allâh . Le Prophète lut la lettre qui contenait des informations sur les plans de l'expédition. Le Prophète fit venir Hateb et lui dit "Qu'as tu fait ?".
Hateb répondit : "Je n'ai fait cela non dans le but de te trahir ou de renier l'Islam mais uniquement pour que ma famille restée à la Mecque obtiennent une protection de la part des Qouraychites".

Il est choisi pour garder Médine pendant la bataille de Taboûk (9 H ; 28 ans)

Après le départ du Prophète, les Hypocrites, s'évertuèrent à se moquer de 'Ali en lui disant que le messager d'Allâh l'avait laissé derrière lui pour porter son fardeau. Voulant se démontrer que les Hypocrites disaient là des mensonges, 'Ali décida d'aller voir le Prophète. Lorsqu'il rejoignit ce dernier à Jaraf, il lui expliqua la raison de sa venue et la moquerie des Hypocrites.
Le Prophète lui dit : "Les Hypocrites sont des menteurs. Je suis venu ici après t'avoir désigné comme mon député. Ô 'Ali! N'es-tu pas content que ton grade soit monté! Tu es à moi ce que Hârûn fut à Mûsâ, à cette différence près qu'il n'y aura pas de Prophète après moi».

Après cette explication, 'Ali retourna à Médine et le Prophète se dirigea vers Taboûk qui se trouvait à une distance de dix étapes de Damas et de Médine à la fois, et sur la frontière de l'Empire romain de l'époque.fleche

Son pélerinage

En revenant de TAbouk, le Prophète pensa au pélerinage. Puis il dit : "Les Polythéistes font la circumambulation tout en étant complètement nus, je redoute le pélerinage à cause d'eux".

Il envoya Abou Bakr à la Mecque et le fit suivre de 'Ali avec pour mission d'interdire désormais le pélerinage aux polythéistes, et de leur accorder un délai de quatre mois pour se convertir, au bout duquel, la guerre serait déclarée entre eux et les Musulmans, s'ils ne se convertissaient pas.

Il est rapporté que 'Ali récita aux Polythéistes des versets de la sourate "Le repentir" (9) le jour de Arafa en ajoutant : "Après cette année, aucun polythéiste ne pourra plus tourner nu autour de la Ka'ba, que seuls les Croyants entreraient au Paradis. Que celui qui a conclu un pacte avec l'Envoyé d'Allâh sache que la durée de ce pacte ne dépasse pas les quatre mois, après l'écoulement de cette période, Allâh et Son Prophète désavoueront les polythéistes. C'est bien là ce que Allâh voulait dire par ce verset : {Proclamation d'Allâh et de Son Prophète adressée aux hommes le jour du pélerinage : "Allâh et Son Prophète désavouent les polythéistes. Si vous vous repentez, ce sera un bien pour vous ; mais si vous vous détournez, sachez que vous ne réduirez pas Allâh à l'impuissance". Annonce un châtiment douloureux aux incrédules}" (9/1~3).fleche

L'hommage que lui rends le Prophète lors de son pèlerinage d'adieu (10 H. ; 29 ans)

Dans son pèlerinage d'adieu, et en la présence de plus de cent mille pèlerins au lieu dit de Ghadir Khum, le Messager d'Allâh a déclaré : "N'ai-je pas plus de droit sur les croyants qu'ils n'ont sur eux même ?"
Les gens ont pleuré et ont répondu : "Oui, Ô Messager d'Allâh".
Alors le Prophète a levé la main de 'Ali et a dit : "De quiconque je suis son Maître, 'Ali est son Maître. Ô Allâh, aimez ceux qui l'aiment, et soyez hostile à ceux qui lui sont hostile". (At-Tirmidhi, Ibn Mâja, Ahmad, Al-Hakim, An-Nasâi, Al-Haythami, Abou Nou'aym, et At-Tabarani)

Lors de la maladie de mort du Prophète , il le trouve proche de la guérison

Selon Ibn 'Abbàs , 'Ali sortit de chez le Messager d'Allâh au cours de sa maladie qui a été suivie de sa mort. Les gens lui dirent : "Ô Abou Hasan! Comment va ce matin le Messager d'Allâh ?"
Il dit : "Il est ce matin, par la grâce d'Allâh, tout près de la guérison". (Al-Boukhâri)

Abou Bakr s'excuse d'avoir accepté le califat et 'Ali et Zoubayr affirment qu'il en est le plus digne (11 H)

Sa'd Ibn Ibrahim Ibn 'Abdirrahmân Ibn 'Awf rapporte : 'Abdarrahmân Ibn 'Awf était avec 'Omar Ibn Alkhattab quand Mouhammad Ibn Maslèma cassa le sabre de Zoubayr Ibn Al-'Awwâm, qu'Allâh l'agrée. Puis Abou Bakr As-Siddiq se leva, sermonna les musulmans et s'excusa auprès d'eux en disant : "Par Allah! Jamais je n'ai voulu être émir, même pas un seul jour ou une seule nuit. Je ne l'ai jamais désiré et je ne l'ai jamais demandé à Allah, publiquement ni secrètement, mais j'ai craint la zizanie. Être émir n'est pas pour moi un soulagement, mais on m'a fait porter une responsabilité immense. Je n'ai pas la capacité ni les moyens de l'assumer sauf si Allâh puissant et glorieux me fortifie. J'aurais voulu que la personne la plus capable de l'assumer soit à ma place en ce jour". Les mouhajirins acceptèrent ses paroles et ses excuses. 'Ali et Zoubayr, qu'Allâh les agrée, déclarèrent : "Nous avons été fâchés uniquement parce que nous n'avons pas assisté à la concertation, mais nous savons qu'Abou Bakr est la personne qui le mérite le plus après le Messager d'Allah, prière et paix sur lui. C'est lui le compagnon dans la grotte et le {Deuxième de deux} (9/40), nous connaissons bien ses vertus et son âge. De plus, de son vivant, le Messager d'Allâh lui a ordonné de diriger la prière".

Ce qui se passa entre 'Ali et Abou Soufyân au sujet du califat d'Abou Bakr (11 H)

Souwèyd Ibn Rafla rapporte : Abou Soufyân entra auprès de 'Ali et 'Abbâs, qu'Allâh les agrée, et dit : "Ali! Et toi, 'Abbâs! Comment se fait-il que le pouvoir soit pris par le clan le plus vil et le moins nombreux de Qouraych?! Par Allah! Si tu veux, je lui enverrai (à Abou Bakr) une troupe immense de cavaliers et d'hommes".
'Ali répondit : "Non, par Allah! Je ne veux pas que tu lui envoies une troupe immense de cavaliers et de soldats. Si nous n'avions pas considéré qu'Abou Bakr en était digne, nous ne l'aurions pas laissé prendre le pouvoir. Abou Soufyân! Les croyants sont des gens qui se veulent le bien et qui sont compatissants les uns avec les autres, même si leurs demeures et leurs personnes sont éloignées. Les hypocrites, par contre, sont des gens qui se trompent les uns les autres même si leurs demeures et leurs corps sont proches. Nous avons prêté serment à Abou Bakr et il en est digne".

Ibn Abjèr rapporte : quand on prêta serment à Abou Bakr As-Siddiq, Abou Soufyân vint voir 'Ali et dit : "Comment la plus vile famille de Qouraych a-t-elle pu vous prendre le pouvoir?! Par Allah! Je vais leur envoyer une immense armée de chevaux et d'hommes si tu veux".
'Ali répliqua : "Tu es encore l'ennemi de l'Islam et des musulmans?! Cela ne nuira en rien à l'Islam et aux musulmans. J'ai considéré qu'Abou Bakr en était digne".

Morra Attayyib rapporte : Abou Soufyân Ibn Harb vint chez 'Ali Ibn Abou Talib et dit : "Comment se fait-il que le pouvoir est pris par le clan le moins nombreux et le plus vil de Qouraych (il voulait dire Abou Bakr)? Par Allah! Si tu veux, je lui enverrai une immense armée de cavaliers et d'hommes".
'Ali répliqua : "Abou Soufyân! Tu as longtemps été l'ennemi de l'Islam et des musulmans, et cela n'a nui en rien à l'Islam. J'ai considéré qu'Abou Bakr en était digne".

'Ali répond à Abou Bakr : "Nous n'acceptons pas ta démission et nous ne te démettons pas"

Aboul Jahhaf rapporte : quand on prêta serment à Abou Bakr il s'enferma pendant trois jours. Il sortait chaque jour et disait : "Musulmans! J'ai annulé votre serment! Prêtez serment à qui vous voulez". À chaque fois, 'Ali Ibn Abou Talib lui répondait : "Nous n'acceptons pas ta démission et nous ne te démettons pas. Puisque le Messager d'Allâh t'a placé à l'avant, qui donc te fera reculer?"

Zayd Ibn 'Ali rapporte : Abou Bakr, qu'Allâh l'agrée se leva sur le minbar du Messager d'Allâh et appela : "Y a-t-il une personne qui déteste que je sois émir pour que je démissionne?" Il répéta cela trois fois.
'Ali Ibn Abou Talib se leva alors et répondit : "Non, par Allah! Nous n'acceptons pas ta démission et nous ne te démettons pas. Qui donc pourra te faire reculer alors que le Messager d'Allâh t'a placé à l'avant?"

Il convaint Abou Bakr de ne pas sortir en personne pour le combat (11 H)

Aïcha raconte : mon père partit sur sa monture en brandissant son sabre vers Dhoul Qasça. 'Ali Ibn Abou Talib vint et attrapa les rênes de sa monture en disant : "Où vas-tu, calife du Messager d'Allah?! Je te dis comme t'a ordonné le Messager d'Allâh le jour d'Ouhoud : range ton sabre et ne nous cause pas la calamité de ta mort. Par Allah! S'il nous arrivait un malheur en ta personne, l'ordre de l'Islam ne sera jamais plus rétabli après toi". Abou Bakr retourna alors et envoya l'armée.

Sa désignation au poste de calife (35 H. ; 55 ans)

Lorsque 'Othman Ibn 'Affan, que Allâh l'agrée, fut assassiné, Talha, Az-Zoubayr et la plupart des Emigrants (Al-Mouhajiroun) et des Partisans (Al-Ansar) se réunirent et vinrent auprès de 'Ali lui prêter serment. Le premier à lui prêter serment fut Talha, puis Az-Zoubayr et le reste des gens, et il fit après le serment un discours pour les gens, les conseilla, puis rentra chez lui. Ceci eut lieu le jeudi, cinq jours avant la fin de dhou l-hijjah, la trente-cinquième année de l'Hégire.

Il racontera à des hommes venus le questionner sur ce qui s'était passé : "Des gens ont attaqué cet homme ['Othmân] et l'ont tué; j'étais à l'écart d'eux; puis ils m'ont nommé dirigeant; n'était la crainte pour [l'avenir de] l'Islam, je n'aurais pas accédé à leur demande". (Fath Al-Bâri 13/72)

Le jugement des meurtriers de 'Othmân

La discorde va naître de la divergence quant à l'attitude à adopter face aux meurtriers de 'Othmân. C'est un droit des parents de la victime que de réclamer aux autorités que les meurtriers de leur parent soient jugés et exécutés. Malheureusement Alî n'a pour le moment pas les moyens de juger les insurgés et de leur appliquer le talion. En effet, il sent bien qu'appliquer le talion en pareilles circonstances risque de provoquer un embrasement généralisé; il pense donc laisser les choses se calmer et juger plus tard les meurtriers (Fath Al-Bâri 13/107)

Quelques mois passent ainsi. C'est cette absence d'application du talion qui va être mal interprétée par d'illustres personnages : Aïcha, Talha, Az-Zoubayr, Mu'âwiya, Amr Ibn al-As, lesquels vont d'autant plus se méprendre sur les intentions de Alî du fait que les insurgés lui ont massivement fait allégeance, le soutiennent et évoluent dans son entourage.

La bataille du chameau (36 H.)

Dans la ville de La Mecque, où ils se sont rendus, Talha et Az-Zoubayr vont rencontrer Aïcha, qui y était allée pour le pèlerinage. Ils ne comprennent pas les intentions de Alî et - en toute bonne foi - croient que c'est parce que les insurgés le soutiennent qu'il refuse de leur appliquer le talion. A la tête de tout un groupe, ils partent donc de La Mecque pour l'Irak - pour la ville de Bassora précisément -, pensant y appeler les gens à soutenir leur demande de l'application du talion. (Fath Al-Bâri 12/354, 13/71).

Quand il apprend la nouvelle du départ de ces trois personnages pour l'Irak, 'Ali craint que cela soit le point de départ d'une division de la communauté. (Fath Al-Bâri 13/72)

Alî décide alors, avec l'objectif de clarifier les choses, d'aller, à la tête lui aussi d'un groupe, trouver les trois compagnons partis pour Bassora. Son fils Al-Hassan l'implore de ne pas quitter Médine et d'attendre que les choses se calment d'elles-mêmes (Ibn al-Athîr), mais Alî part quand même; Al-Hassan n'aura d'autre choix que celui de se joindre à son père à coeur défendant.

Si les deux groupes sont sortis avec des effectifs, nul n'a l'intention d'en découdre avec l'autre : Kulayb al-jarmî raconte que les gens de 'Ali disaient : "Nous ne sommes pas sortis pour les combattre - car nous ne combattrons que si eux nous attaquent en premier - mais pour apaiser"; Alî lui-même lui a dit des propos allant dans le même sens. (Fath Al-Bâri 13/72)

Abou Mûssa al-Ach'arî - qui était gouverneur de la ville de Kufa avant l'accession de 'Alî au poste de calife, et que 'Alî a gardé à ce poste - pense pour sa part que la situation est délicate et, bien que 'Ali lui demande de mobiliser des gens de Kufa pour venir grossir ses effectifs, il n'est pas décidé à le faire. 'Ali respecte son choix et envoie alors à Kufa son fils al-Hassan ainsi que 'Ammâr Ibn Yâssir pour mobiliser des gens. (Fath Al-Bâri 13/73).

Arrivés face à face, Alî parle en aparté avec Az-Zoubayr et lui demande : "N'avais-tu pas entendu le Prophète dire, alors que tu pliais ma main : "Tu le combattras alors qu'il sera dans son droit, puis il aura le dessus ?"
- "J'avais effectivement entendu cela ; je ne te combattrai donc pas" répond Az-Zoubayr. (Fath Al-Bâri 13/70)
Il qui quitte alors les lieux et prend le chemin de Médine (Fath Al-Bâri 6/276).

La situation est en bonne voie d'être résolue pacifiquement. Malheureusement, pendant la nuit, des insurgés parmi les fauteurs de trouble contre 'Othmân, présents dans le camp de 'Alî, attaquent le camp de 'Aïcha. (Fath Al-Bâri 13/72)

Pensant être attaqué par 'Alî, le groupe de 'Aïcha prend les armes pour se défendre. Voyant le groupe de Aïcha l'attaquer sans raison apparente, 'Alî appelle son groupe à prendre à son tour les armes pour se défendre. Et c'est le début de la bataille dite du Chameau (parce que Aïcha sera, au cours du combat, dans un palanquin sur un chameau). La bataille ne dure qu'une journée et se termine en faveur du groupe de Alî. Alî proclame : "N'achevez aucun blessé, ne tuez aucun fuyard et n'entrez dans aucune demeure". (Fath Al-Bâri 13/72).

Az-Zoubayr, dont nous avons vu qu'il avait pris le chemin de Médine avant que les combats débutent, a été tué pendant son sommeil par Amr Ibn Jurmûz, un homme qui était dans le groupe de 'Alî, qui avait retrouvé Az-Zoubayr et qui croyait bien faire en l'assassinant; quand Amr Ibn Jurmûz apporte la nouvelle à Alî, celui-ci lui annonce que le Prophète (sur lui la paix) lui avait dit un jour : "Celui qui tuera le fils de Safiyya (Az-Zoubayr), fais-lui l'annonce de la géhenne". (Fath Al-Bâri 6/276, 7/104).

Aïcha est traitée par 'Alî avec tous les égards qui lui sont dus; il demande à Muhammad Ibn Abî Bakr, frère de Aïcha, de la conduire à Médine. Le Prophète lui avait dit un jour : "Quelque chose surviendra entre toi et Aïcha.
- Je serai alors le plus malchanceux des humains ! s'était exclamé Alî.
- Non, mais quand cela arrivera, fais-la retourner à son lieu de sécurité" (Fath Al-Bâri 13/70).

La bataille de Siffin (36 H.)

Ali exige la reconnaissance immédiate de son autorité califale. Il pense que le calife a le droit de combattre ceux qui, sous forme de groupe constitué, ne reconnaissent pas son autorité, même s'ils ne le combattent pas.

Al-Hassan, fils de Alî, implore de nouveau son père : "Ne marche pas contre Mu'âwiya". (Al-Bidâya wan-nihâya cité dans WK p. 50).

Mais Alî décide de le faire pour établir l'autorité califale sur l'ensemble des terres musulmanes. (Fath Al-Bâri 6/753)

Questionné au sujet de la marche qu'il a ainsi entreprise, avait-elle comme source un dire du Prophète ou un avis personnel, Alî répondra : "Le Prophète ne m'a rien recommandé à ce sujet, ce n'est qu'un avis personnel". (Abou Dâoûd 4666).

Les deux groupes se font face à Siffîn en dhul-hijja 36. Ils parlementent, essaient de trouver une issue pacifique à la crise. Ils n'y parviennent cependant pas, et en safar 37, c'est le début des combats.

La bataille tourne à la faveur de Alî. Amr Ibn al-As recommande alors à Mu'âwiya d'appeler à un arbitrage sur la base du Coran pour mettre fin au différend qui existe entre eux. Alî, confiant dans le fait qu'il est dans son droit, accepte en disant : "J'ai priorité pour cela ; que le livre d'Allâh soit donc entre nous !". (Fath Al-Bâri 8/748)

Il est prévu que, dans le but de cesser de faire couler le sang, deux hommes soient désignés comme arbitres, l'un du groupe de Alî et l'autre de celui de Mu'âwiya, et que leur décision fasse autorité. Muâwiya présente Amr Ibn al-As, tandis que Alî est représenté par Abou Mûssa al-Ash'arî (il avait proposé un autre personnage mais il a dû céder devant l'avis de son groupe). L'arbitrage doit se dérouler en ramadan 37 à Dûmat al-jundul, à Adhruh.

Ceux qui - dans le groupe de Alî - refusent l'arrêt des combats et cet arbitrage quittent, mécontents, ses rangs ; cela leur vaudra le nom de "kharidjites", "les sortants". Ils étaient déjà opposés à Mu'âwiya et à Amr Ibn al-As; ils sont maintenant opposés à Alî aussi.

En ramadan 37, les deux arbitres, Abou Mûssa al-Ash'arî et Amr Ibn al-As, se rencontrent à l'endroit prévu. Al-Mughîra Ibn Shu'ba s'y rend lui aussi. Les deux arbitres envoient appeler Abdullâh Ibn Omar et Abdullâh Ibn az-Zubayr. D'autres personnalités de Quraysh s'y rendent elles aussi. (Abdour-Razzâq)

L'arbitrage ne donne pas de résultats concrets. (Fath Al-Bâri 12/356)

Retourné à Kufa, il doit faire face à l'insurrection des kharidjites

Ibn Hajar relate comment Alî fait tous les efforts possibles pour montrer aux kharijites qu'ils se trompent, qu'ils reprennent une parole de vérité ("Allâh seul est l'Arbitre") mais la comprennent et l'appliquent de façon entièrement erronée.

Alî dépêche auprès d'eux Ibn 'Abbâs ; celui-ci leur parle et 20.000 d'entre eux reviennent, pendant que 4.000 persistent dans leur déviance. Alî leur dit alors : "Nous vous garantissons malgré tout trois droits : nous ne vous empêcherons pas de venir dans les mosquées, nous ne vous priverons pas de votre part dans la redistribution fiscale (fay'), et nous ne vous combattrons pas tant que vous-mêmes ne créerez pas l'oppression".

Les kharijites se réunissent ensuite à Ctésiphon. Alî ne cesse de correspondre avec eux pour leur demander de revenir. Ils refusent et lui demandent de reconnaître d'abord qu'il a, lui, apostasié, et donc de se repentir. Alî continue sa correspondance, mais cette fois ils sont à deux doigts d'assassiner son émissaire. Puis ils prennent comme résolution que tout musulman n'appartenant pas à leur groupe pourra être tué et volé. Et ils se mettent effectivement à tuer ceux qui passent près du lieu où ils se sont établis. C'est seulement alors que Alî part les combattre. Il les écrase à Nehrawân, en l'an 38 (Fath Al-Bâri 12/355-356, 12/369-372)

Sa mort (40 H. ; 60 ans)

Il est mort le 21 Ramadhan de l'an 40H, à 60 ans. Il fut tué par la main d'un kharijite (parmi le peu qu'il en restait) dont le nom était 'Abdou r-Rahman Ibn Mouljam Al-Mouradiyy. Son califat dura quatre ans et neuf mois.

Al-Haçan, Al-Houçayn, et Abdoûllah Ibn Ja'far s'occupèrent de son lavage. Al-Haçan dirigea la prière funéraire qu'ils firent pour lui et il fut enterré peu avant l'aube. Certains disent en face de la Qibla de la mosquée de Koufa. Certains disent devant le palais des gouverneurs et d'autres ont dit au Najaf. Mais la vérité est qu'ils ont dissimulé sa tombe honorée par crainte des nuisances de la part des kharijites.

Sa description physique

Il était, que Allâh l'agrée, mat de peau, ses yeux étaient grands et noirs, avec un beau visage, de taille moyenne, avec un peu de ventre, poilu, la barbe large.

Ses mérites

Le Messager d'Allâh disait à 'Ali : "Ta position envers moi est comme celle de Aron à Moise, mais il n'y aura aucun Prophète après moi". (Al-Boukhari, Mouslim, Ibn Mâja, Ahmad, An-Nasâi, At-Tahawi)

Le Messager d'Allâh a dit : "Certainement Allâh ma commandé d'aimer quatre personnes et m'a informé qu'Il les aime".
Les compagnons ont demandé : "Ô Messager d'Allâh qui sont ces quatre personnes".
Le Prophète a dit : "'Ali en fait partie -le Prophète le répéta trois fois-, Abou Dhar, Salman al-Farsi, et Miqdad ". (Ibn Mâja n°149, Al-hâkim, Ahmad)

Il a aussi été rapporté que le Messager d'Allâh a dit : "Le Paradis désire ardemment trois hommes : 'Ali, 'Ammar et Salmân". (at-tirmidhi n°3884)

Le Calife 'Omar, répétait souvent : "Que je ne sois jamais confronté à un problème complexe sans trouver Abou l-Hassan pour le résoudre". (Tabaqât Ibn Sa`d, 2/339)

 

Source: http://islammedia.free.fr


Consommation d'alcool est-elle interdite en islam?

Mardi 13 Mai 2008 - 16:28:29

Depuis des temps immémoriaux, l'alcool a toujours été un fléau pour l'humanité. Et il continue de coûter d'innombrables vies humaines et de causer de terribles souffrances à des millions de personnes à travers le monde. L'alcool est la cause première de nombreux problèmes de société. Le nombre de cas croissant de troubles de santé mentale et les millions de familles détruites à travers le monde sont autant de témoignages incontestables du pouvoir destructeur de l'alcool.

1. L'interdiction de l'alcool dans le Coran

Le Coran interdit la consommation d'alcool dans le verset suivant: "Ô les croyants! Le vin, le jeu de hasard, les pierres dressées, les flèches de divination ne sont qu'une abomination, oeuvre du Diable. écartez-vous en, afin que vous réussissiez."
[Le Coran, 5:90]
 

2. L'interdiction de l'alcool dans la Bible

La Bible interdit la consommation d'alcool dans les versets suivants:
a)."Raillerie dans le vin! Insolence dans la boisson! Qui s'y égare n'est pas sage."
[Proverbes, 20:1]
b)."Ne vous enivrez pas de vin."
[éphésiens, 5:18]
 

3. L'alcool exerce une influence sur les mécanismes inhibiteurs du cerveau

Dans le cerveau humain se trouve un centre de l'inhibition qui retient une personne de faire des choses qu'elle considère mauvaises. Par exemple, lorsqu'elle est dans un état normal, une personne n'utilisera habituellement pas un langage grossier pour s'adresser à ses parents ou à des personnes âgées. Si une personne a besoin de se soulager, elle ne le fera normalement pas en public; c'est pourquoi elle utilisera des toilettes. Mais lorsqu'une personne consomme de l'alcool, son centre de l'inhibation devient lui-même inhibé. Et c'est précisément pour cette raison que l'on voit souvent une personne ivre se comporter de façon anormale. Par exemple, elle utilise un langage grossier et injurieux et ne réalise pas son erreur même si c'est à ses parents qu'elle s'adresse avec ce langage. Par ailleurs, on voit souvent des personnes ivres uriner dans leurs vêtements. Elles ne parlent ni ne marchent normalement et font parfois preuve d'inconduite scandaleuse.
 

4. Il y a plus de cas d'adultères, de viols, d'incestes et de SIDA chez les alcooliques

Selon le National Crime Victimization Survey Bureau of Justice (Département de Justice américain), en 1996 seulement, il y a eu en moyenne 2713 viols par jour. Les statistiques révèlent que la majorité de ces violeurs étaient ivres au moment où ils ont commis leur crime, tout comme la majorité de ceux qui ont commis des actes d'attentat à la pudeur.
Selon les statistiques, 8% des Américains commettent l'inceste, i.e. qu'une personne sur douze ou treize, aux états-Unis, est coupable d'inceste. La presque totalité de ces cas sont dus à une intoxication quelconque de l'une des deux personnes impliquées ou des deux.
L'un des facteurs majeurs associés à la propagation du SIDA est l'alcoolisme.

5. Chaque alcoolique a commencé par ne boire qu'en société

Plusieurs argumenteront en faveur de l'alcool en précisant qu'ils ne boivent qu'en société. Ils prétendent qu'ils ne prennent jamais plus d'un ou deux verres et que puisqu'ils arrivent à se contrôler, ils ne sont jamais ivres. Pourtant, chaque alcoolique a commencé par ne boire qu'en société. Il n'y a pas un seul alcoolique qui a commencé à boire avec l'intention de devenir un ivrogne. Et aucun consommateur d'alcool ne peut prétendre avoir bu de l'alcool pendant des années et être arrivé à si bien se contrôler qu'il n'a jamais été ivre, ne serait- ce qu'une seule fois.
 

6. S'il arrive à une personne de n'être ivre qu'une seule fois et qu'elle fait une chose honteuse, elle le regrettera toute sa vie

Supposez qu'un "buveur de société" perde la maîtrise de lui-même une seule fois. Et que dans cet état d'intoxication, il commette un viol ou un acte incestueux. Même si plus tard il regrette son geste, il est fort probable qu'il demeurera, toute sa vie, torturé par un sentiment de culpabilité. L'assaillant, aussi bien que la victime, est marqué de façon irréparable.
 

7. L'alcool est interdit dans les hadiths

Le Prophète Mohammed (paix sur lui) a dit:
a) Dans Sounan Ibn-Majah, Volume 3, Livre des Intoxicants, Chapitre 30, Hadith No. 3371:
"L'alcool est la mère de tous les vices et c'est le vice le plus honteux."
b) Dans Sounan Ibn-Majah, Volume 3, Livre des Intoxicants, Chapitre 30, Hadith No. 3392:
"Tout ce qui peut intoxiquer en grande quantité est interdit en petite quantité."
Il n'y a donc aucune excuse pour un "petit verre".
c) Non seulement ceux qui boivent de l'alcool sont-ils maudits, ceux qui traitent avec de façon directe ou indirecte sont également maudits par Allah. Dans Sounan Ibn-Majah, Volume 3, Livre des Intoxicants, Chapitre 30, Hadith No. 3380:
Anas (qu'Allah soit satisfait de lui) rapporte que le Prophète Mohammed (paix sur lui) a dit: Allah a maudit dix personnes qui traitent avec l'alcool. Celui qui le distille, celui pour qui il est distillé, celui qui le boit, celui qui le transporte, celui chez qui il est transporté, celui qui le sert, celui qui le vend, celui qui profite de l'argent obtenu par sa vente, celui qui l'achète pour lui-même et celui qui l'achète pour quelqu'un d'autre."

 

8. Maladies associées à l'alcoolisme

Il y a plusieurs raisons scientifiques qui expliquent l'interdiction de consommer de l'alcool. Le taux de mortalité le plus élevé au monde attribuable à une cause en particulier est celui relié à la consommation d'alcool. Des millions de personnes meurent chaque année des conséquences de la consommation d'alcool. Je ne crois pas devoir énumérer toutes les conséquences désastreuses liées à l'alcool puisque la plupart sont bien connues. Voici toutefois une liste de quelques-unes des maladies reliées à l'alcool:

  1. La cirrhose du foie est la plus connue des maladies associées à la consommation d'alcool.
  2. Il y a également le cancer de l'oesophage, le cancer de la gorge, le cancer du foie (hépatome), le cancer des intestins, etc
  3. L'oesophagite, la gastrite, la pancréatite et l'hépatite sont aussi liées à la consommation d'alcool.
  4. La cardiomyopathie, l'hypertension, l'arthérosclérose coronaire, l'angine et la crise cardiaque sont liées à une consommation d'alcool importante.
  5. Les attaques d'apoplexie, les convulsions et différents types de paralysie sont également associés à la consommation d'alcool.
  6. La neuropathie périphérique, l'atrophie corticale et l'atrophie cérébelleuse sont aussi des syndromes bien connus causés par la consommation d'alcool.
  7. Le syndrome Wernicke–Korsakoff dont les symptômes sont l'amnésie des événements récents et des conversations, mais la mémoire des événements anciens, le tout accompagné de différents types de paralysie est principalement dû à une déficience en thiamine causée par une malnu- trition découlant d'une consommation excessive d'alcool.
  8. Le béribéri et autres déficiences ne sont pas rares chez les alcooliques. Même la pellagre est courante chez eux.
  9. Le delirium tremens est une condition sérieuse dont peuvent souffrir les alcooliques lorsqu'ils sont atteints d'infections récurrentes. C'est un symptôme qui survient également lorsque la personne est en manque d'alcool. C'est une condition très sérieuse qui peut causer la mort, même si la personne est traitée dans un centre ultra-moderne.
  10. De nombreux désordres endocriniens ont été associés à l'alcoolisme, allant du myxoedème à l'hyperthyroïdie, en passant par la maladie de Cushing.
  11. Les conséquences néfastes au niveau hématologique sont longues et variables. Une déficience en acide folique, cependant, est la manifestation la plus répandue de l'abus d'alcool, résultant en anémie macrocytique. Le syndrome de Zieve comporte trois composantes: l'anémie hémolytique, la jaunisse et l'hyperlipidémie consécutive aux beuveries.
  12. La thrombocytopénie et autres anomalies des plaquettes sont relativement communes chez les alcooliques.
  13. L'antibiotique d'usage courant appelé métronidazole et l'alcool ont une très mauvaise interaction.
  14. Les infections récurrentes sont très fréquentes chez les alcooliques invétérés. La résistance aux maladies et le système immunitaire sont menacés par une consommation excessive d'alcool.
  15. Les infections de la poitrine sont d'une triste notoriété chez les alcooliques. La pneumonie, l'abcès pulmonaire, l'emphysème et la tuberculose sont fréquents chez eux.
  16. Au cours d'une intoxication aigüe, il est fréquent que la personne saoûle vomisse. Comme le réflexe de la toux, qui assure une protection, est paralysé, les vomissures peuvent facilement pénétrer les poumons, causant ainsi une pneumonie ou un abcès pulmonaire. Il arrive aussi que cela provoque la suffocation et même la mort.
  17. Les effets dévastateurs de la consommation d'alcool sur les femmes ne peuvent être passés sous silence. Les femmes sont plus vulnérables que les hommes aux cirrhoses liées à l'alcool. La consommation d'alcool durant la grossesse a des effets extrêmement néfastes sur le foetus. Le syndrome d'alcoolisme foetal est de plus en plus reconnu au sein du monde médical.
  18. Les maladies de la peau sont également reliées à la consommation d'alcool. L'eczéma, l'alopécie, la dystrophie de l'ongle, la paronychie (infection autour des ongles) et la stomatite angulaire (inflammation des coins de la bouche) sont également des maladies fréquentes chez les alcooliques.
      

9. L'alcoolisme est une "maladie"

Les médecins d'aujourd'hui sont devenus laxistes envers l'alcoolisme et ils l'appellent maintenant "maladie" plutôt que "dépendance". The Islamic Research Foundation a publié une brochure qui avance ce qui suit:
Si l'alcool est une maladie, c'est bien la seule maladie qui:

    • est vendue en bouteilles
    • qui fait de la publicité dans les journaux, les magazines, à la radio et à la télévision
    • possède un permis de propagation
    • rapporte de l'argent au gouvernement
    • provoque des morts violentes sur les routes
    • détruit des familles et mène au crime
    • n'a pas de cause virale ou bactérienne

L'ALCOOLISME N'EST PAS UNE MALADIE – C'EST L'OEUVRE DE SATAN

Allah (swt), dans Sa sagesse infinie, nous a mis en garde contre ce piège de Satan. L'islam est appelé le “Din-oul-Fitrah”, ou la religion naturelle de l'homme. Toutes les injonctions qu'elle contient ont pour but de préserver l'état naturel de l'homme. L'alcool est une déviation de cet état naturel, pour l'individu comme pour la société. Il rabaisse l'homme à un niveau inférieur à celui des bêtes auxquelles il affirme être supérieur. C'est pourquoi la consommation d'alcool est interdite en islam.

Source: http://islammedia.free.fr/


LA RELIGION ISLAMIQUE

Samedi 19 Avril 2008 - 12:18:35

 N.B. : L’Islam est bien plus qu’un ensemble de croyances ou de dogmes et de pratiques cultuelles qui constituent les rapports de l’homme avec Dieu ; en effet, l’Islam englobe tous les aspects de la vie. C’est pourquoi le mot religion tel qu’il est perçu dans la langue française est partiellement inadéquat à la traduction du mot arabe Dine ; malgré tout, dans un souci de simplicité, nous utiliserons le mot religion dans notre traduction.
L’Islam est la religion avec laquelle Allah a envoyé Mohammed .

 

Allah a parachevé les messages antécédents avec l’avènement de l’Islam, et complété Sa religion pour Ses serviteurs et les a comblés de Son bienfait en agréant l'Islam, n'acceptant ainsi de personne une autre religion.
Allah a dit :

 

Mohammed n'a jamais été le père de l'un de vos hommes, mais le messager d'Allah et le dernier des prophètes. Allah est Omniscient.
(Sourate 33 Al Ahzab/Les Coalisés V. 40)

 

Aujourd’hui, J’ai parachevé pour vous votre religion, et accompli sur vous Mon bienfait. Et J’agrée pour vous l’Islam comme religion.
(Sourate 5 Al Maïda/La Table Servie V. 5)

 

Certes, la religion acceptée d’Allah, c’est l’Islam.
(Sourate 3 Al ‘Imrane/La Famille d’Imrane V. 19)

 

Et quiconque désire une religion autre que l’Islam, ne sera point agréé, et il sera, dans l’au-delà, parmi les perdants.
(Sourate 3 Al ‘Imrane/La Famille d’Imrane V. 85)

 

Et le Prophète a dit :
« Mon cas et celui des Prophètes qui m’ont précédé est pareil au cas d’un homme qui a bâti une maison, l’a embellie et ornée, laissant vacante la place d’une brique. Les gens viennent en faire le tour, l’admirent et disent : Dommage ! Pourquoi n’a-t-on pas mis cette brique ? - Eh bien, je suis cette brique ! Je suis le sceau des prophètes ! »
Rapporté par El Boukhari et Mouslim

 

Ainsi, Allah ordonne à l'humanité tout entière de prendre l'Islam comme religion :
Allah a dit :

 

Dis: Ô gens! Je suis, pour vous tous, le messager d'Allah qui est le Possesseur de la royauté des cieux et de la terre. Pas de divinité à part Lui. Il donne la vie et Il donne la mort. Croyez donc en Allah, et en Son messager, le prophète illettré qui croit en Allah et en Ses paroles. Et suivez-le afin que vous soyez bien guidés.
(Sourate 7 Al A’raf V. 158)

 

Dans l'authentique de Mouslim d'après Abou Houraïra, le Prophète a dit :
« Je le jure par Celui qui possède l'âme de Mohammed entre Ses mains, quiconque parmi les juifs et les chrétiens entend parler de ma personne et ensuite meurt sans croire au message avec lequel j'ai été envoyé, fera parti des gens de l'Enfer. »

 

La foi en Islam consiste donc à approuver ce qu'a apporté Mohammed avec acceptation et obéissance (c’est à dire, avec soumission et satisfaction totale) ; et ce n'est pas une simple croyance verbale comme le pensent certaines personnes.
C'est pourquoi Abou Taleb n'a pas cru au prophète, son neveu, bien qu'il ait reconnu la véracité de son message et qu'il ait témoigné que l'Islam était la meilleure religion.

 

En effet, la religion islamique comprend tous les avantages que possédaient les religions précédentes tout en se distinguant de celles-ci par le fait qu'elle soit convenable en tout temps, en tout lieu et à toute nation.
Allah a dit :

 

Et sur toi (Mohammed) Nous avons fait descendre le Livre avec la vérité, pour confirmer le Livre qui était là avant lui et pour prévaloir sur lui.
(Sourate 5 Al Maïda/La Table Servie V. 48)

 

L'explication que « l'Islam soit convenable en tout temps, en tout lieu et à toute nation » consiste à croire que le fait de s’y attacher fortement n'infirme pas le bien-être de la nation qui suit cette religion.
Au contraire, par l'Islam la société sera corrigée et trouvera l’équilibre, la tranquillité et le bonheur. Et cela ne signifie pas, comme le revendiquent certaines gens, que l'Islam est soumis au temps, au lieu, et aux nations.
Certes, l'Islam est la religion de Vérité ; Allah a garanti la victoire et la gloire à celui qui s'y attachera fortement et véridiquement :

 

Allah a dit :
C'est Lui qui a envoyé Son messager avec la guidée et la religion de Vérité, pour la placer au dessus de toute autre religion, en dépit de l'aversion des associateurs.
(Sourate 61 Es Saf/Le Rang V. 9)

 

Allah a promis à ceux d’entre vous qui ont cru et pratiqué les bonnes œuvres qu’Il leur donnerait la succession sur terre comme il l’a donnée à ceux qui les ont précédés. Il donnerait force et suprématie à leur religion qu’Il a agréée pour eux. Il leur changerait leur ancienne peur en sécurité. Ils M’adorent et ne M’associent rien et celui qui mécroit par la suite, ce sont ceux-là les pervers.
(Sourate 24 En Nour/La Lumière V. 55)

 

L’Islam est aussi une religion complète dans sa croyance et dans ses lois :

 

1 - Il appelle à l’unicité d'Allah (Et Tawhid) et interdit l'association
(Ec Chirk) :
Allah a dit :
Ô gens ! Adorez votre Seigneur, qui vous a créés vous et ceux qui vous ont précédés. Ne Lui cherchez donc pas des égaux...
(Sourate 2 El Baqara/La Vache V. 21-22)

 

D’après Mou’adh Ibnou Jabel, le Prophète a dit :
« Le droit d’Allah sur Ses serviteurs est qu’ils L’adorent seul sans rien Lui associer. Et le droit des serviteurs sur Allah, est qu’Il ne châtie pas qui L’a adoré seul sans rien Lui associer... »
Rapporté par El Boukhari et Mouslim

 

2 - Il appelle à la véracité et interdit le mensonge :
Allah a dit :
Ô vous qui croyez ! Craignez Allah et soyez avec les véridiques.
(Sourate 9 At Tawbah/Le Désaveu ou Le Repentir V. 119)

 

Ibnou Messaoud a rapporté que le Prophète a dit :
« La véracité mène à la piété, et la piété conduit au Paradis. L’homme ne cesse d’être véridique jusqu'à ce qu’il soit inscrit véridique auprès d’Allah. Le mensonge conduit à la turpitude, et la turpitude conduit à l’Enfer. Et certes, l’homme ne cesse de mentir jusqu'à ce qu’il soit inscrit menteur auprès d’Allah. »
Rapporté par El Boukhari et Mouslim

 

3 - Il appelle à la justice et interdit l'oppression :


N.B. : La justice : C’est établir l’égalité entre les choses similaires (semblables), et faire la différenciation entre celles qui ne le sont pas.
La justice, ce n’est pas établir l’égalité absolue comme certains l’affirment en disant : «L’Islam, c’est la religion de l’égalité» ; car établir l’égalité entre les choses différentes n’est rien d’autre qu’une injustice. L’Islam ne reconnaît pas ceci et il reconnaît encore moins celui qui commet cette injustice.
Allah a dit :
…Les injustes n’auront ni ami zélé, ni intercesseur écouté.
(Sourate 40 Ghafir/Le Pardonneur V. 18)

 

D’après Jaber, le Prophète a dit :
« Redoutez l’injustice, car elle sera ténèbres le Jour de la Résurrection... »
Rapporté par Mouslim

 

4 - Il appelle à l'honnêteté et interdit la déloyauté :
Allah a dit :

 

Certes Allah vous commande de rendre les dépôts (tout ce qui est dû à autrui) à leurs ayants-droit, et quand vous jugez entre des gens, de juger avec équité. Quelle bonne exhortation qu’Allah vous fait !
(Sourate 4 En Nissa/Les Femmes V. 58)

 

D’après Abou Horeïra, le Messager d’Allah a dit :
« Les signes qui caractérisent l’hypocrite sont au nombre de trois : Lorsqu’il parle, il ment ; lorsqu’il promet, il ne tient pas sa promesse ; et lorsqu’on lui confie un dépôt, il ne le restitue pas. »
Rapporté par El Boukhari et Mouslim

 

5 - Il appelle à la fidélité et interdit la trahison :
Allah a dit :
Ô les Croyants ! Remplissez fidèlement vos engagements.
(Sourate 5 El Maïda/La Table Servie V. 1)

 

Et remplissez l’engagement, car on sera interrogé au sujet des
engagements.
(Sourate 17 Al Isra/Le Voyage Nocturne V. 34)

 

Abd-Allah Ibn ‘Amar Ibnou El ‘Aç rapporte que le Prophète a dit : «Quiconque est caractérisé par ces quatre choses est un hypocrite ; et celui qui est caractérisé par l’une d’elles a un signe d’hypocrisie jusqu'à ce qu’il s’en débarrasse : Si on lui confie un dépôt, il ne tient pas son engagement ; lorsqu’il parle, il ment ; lorsqu’il fait un pacte, il le trahit ; et lorsqu’il se querelle, il est de mauvaise foi».
Rapporté par El Boukhari et Mouslim

 

6 - Il appelle au bon comportement envers les parents et interdit l'ingratitude envers eux :
Allah a dit :

  Et ton Seigneur a décrété : N’adorez que Lui; et marquez de la bonté envers les père et mère : Si l’un d’eux ou tous deux atteignent la vieillesse auprès de toi, alors ne leur dit point : Fi ! (signe d’exaspération, voire de mépris) et ne les brusque pas, mais adresse-leur des paroles respectueuses. Et par miséricorde, abaisse pour eux l’aile de l’humilité, et dit : Ô mon Seigneur, fais leur à tous deux, miséricorde comme ils m’ont élevé lorsque j’étais tout petit.
(Sourate 17 El Isra/Le Voyage Nocturne V. 23-24)

  Abd-Allah Ibn ‘Amar Ibnou El ‘Aç rapporte que le Prophète a dit :
« Les grands péchés sont : L’association (Ec Chirk), l’ingratitude envers les parents, le meurtre et le faux serment. »
Rapporté par El Boukhari

 

Et Abou Houraïra rapporte que le Prophète a dit :
« Qu’il soit humilié ! Qu’il soit humilié ! Qu’il soit humilié ! Celui qui dont le père et la mère, ou l’un d’eux, atteignent la vieillesse auprès de lui, et ne les traite pas avec bonté, n’entrera jamais au paradis. »
Rapporté par Mouslim

 

7 - Il appelle à préserver les liens familiaux et interdit de les rompre :
Allah a dit :
Craignez Allah au nom duquel vous vous implorez les uns les autres, et craignez de rompre les liens familiaux. Certes Allah vous observe parfaitement.
(Sourate 4 En Nissa/Les Femmes V. 1)

  Joubeïr Ibnou Mout’ime rapporte que le Prophète a dit :
« N’entrera pas au Paradis celui qui rompt les liens familiaux. »
Rapporté par El Boukhari et Mouslim

  8 - Il appelle à être bon avec ses voisins et interdit de leur nuire :
Allah a dit :
Adorez Allah et ne Lui donnez aucun associé. Agissez avec bonté envers vos père et mère, les proches, les orphelins, les pauvres, le proche voisin, le voisin lointain, le partenaire et le voyageur, et ceux qui sont sous votre gouverne, car certes, Allah n’aime pas le présomptueux et l’arrogant.
(Sourate 4 En Nissa/Les Femmes V. 36)

  En somme, l'Islam appelle aux nobles caractères et interdit tout mauvais comportement ; et il exhorte à faire des bonnes oeuvres et interdit toute mauvaise action :
Allah a dit :
Certes Allah ordonne l'équité, la bienfaisance et l'assistance aux proches et Il interdit la turpitude, l'acte répréhensible et la tyrannie, Il vous exhorte afin que vous vous souveniez.
(Sourate 16 An Nahl/Les Abeilles V. 90)
 

  Cheikh - Mohammad Sâlih Al’uthaimine

LA VIE DU PROPHETE (saw)

Dimanche 23 Mars 2008 - 22:21:33

- La Biographie du Prophète (saw) ne vise pas uniquement à relater des faits historiques ou à décrire des aventures attrayantes ; elle ne doit pas être considérée comme une simple étude historique. Elle sert à montrer au Musulman la vérité de l'Islam dans son ensemble.

- La biographie doit viser les buts suivants :

  • envisager la personnalité du Prophète (saw) du point de vue de la Prophétie et de la révélation à travers les évènements qu'il a vécu afin de prouver que Mohamed (saw) ne se distingua pas seulement par son génie mais qu'il fut avant tout un Prophète inspiré, soutenu par Dieu.

  • Montrer au lecteur, l'idéal moral incarné dans le réel sous son image la plus nette, le plus complète et la plus parfaite : la personnalité du Prophète (saw). Dieu fit de lui le modèle à imiter par l'humanité entière.

  • La biographie du Prophète (saw) aide le Musulman à mieux comprendre le Coran et à se pénétrer de son esprit ; nombre de versets trouvent en effet leur illustration et leur explication dans le comportement du Prophète (saw) face aux évènements qu'il a dû affronter.

  • Fournir au Musulman des connaissances certaines et très étendues se rapportant à l'Islam, ses préceptes et sa morale car il n'est pas de doute que la vie du Prophète (saw) est la concrétisation et l'application parfaite de tous les principes de l'Islam et de ses Lois.

  • Donner aux éducateurs et aux précheurs l'exemple d'une méthode d'enseignement et d'éducation très efficace. Le Prophète (saw) s'avéra en effet être un pédagogue et un éducateur émérite au cours des différentes étapes de sa mission.

- La Biographie du Prophète (saw) n'est que la concrétisation de la vérité de l'Islam et son application dans le réel à travers un modèle exemplaire : Mohamed Ibnou Abdallah (saw). La biographie relate sa naissance, sa mission et les révélations que Dieu lui fit. Elle nous décrit son caractère, sa sincérité, sa fidélité, les miracles que Dieu accomplissait par son intermédiaire, les différentes étapes par lesquelles il passa dans l'exercice de sa mission en exécutant les ordres de Dieu.

- La biographie du Prophète (saw) qui nous est parvenue a été écrite avec une parfaite objectivité et selon des règles scientifiques. Les biographes se sont arrêtés aux faits tels quels en les considérant en eux-mêmes, objectivement, non à travers leurs propres sentiments et les tendances de leurs milieux.

Les sources auxquelles se référèrent les biographes du Prophète sont les suivantes :Les livres se rapportant à la Tradition (Sunna) écrits par des Imams qui sont connus pour leur objectivité et leur profond attachement du vrai, citons entre autres le Mouwatta de l'Imam Malek.

  • Le Coran qui représente la première référence qui fournit les traits caractéristiques de la biographie du Prophète (saw) et les principales étapes de sa mission dans un style pur, spécifique du Coran.

Certains biographes n'hésitèrent pas à faire de la biographie du Prophète (saw) une étude subjective. C'est à dire que ces hommes interprétaient certains faits en concluant le plus souvent à de fausses analyses. Ils n'hésitèrent pas à avancer que Mohamed (saw) fut un super homme et ils laissèrent le côté miraculeux de la Prophétie tel que le voyage nocturne par exemple.

DE LA NAISSANCE A LA REVELATION

   

Le Prophète (saw) est né en Arabie en 570/571 (l'année de l'éléphant) à l'écart de toutes civilisations, à la Mecque (appelé aussi par sa position géographique selon les vieux continents "le nombril de la Terre") . L' Arabie était une contrée déserte partagée par des tribus qui se guerroyaient continuellement. Même les armées puissantes et organisées romaines ou autres ne cherchèrent pas à coloniser ce territoire. Rien que du sable et une ignorance profonde. La Mecque, cité marchande n'abritaient pas moins de 360 dieux de toutes sortes. Sa naissance fut accompagnée de miracles.

Il ne connut pas son père, Abdallah Ben Abdelmottalib, qui décéda quelques mois avant sa naissance d'une maladie. Il fut confié par sa mère Amina dès son jeune âge à une nourrice du nom de Halima et c'est durant cette période que l'enfant fit la rencontre avec l'Ange Jibril (as) qui lui ouvrit la poitrine, lui lava le coeur et en sortit une boule noire. (voir sourate Nachra n° 94 ). Il retourna pour peu de temps auprès de sa mère qui décéda alors qu' il n' avait que 6 ans. Il fut confié à son grand père Abdelmottalib qui mourrut quelques temps après. Finalement, ce sera son oncle paternel Abou Talib qui le prendra sous sa responsabilité.

 CE QU' IL FAUT EN TIRER

Les ennemis de l' Islam ne pouvaient pas dire que le Prophète fut influencé par ses parents pour un quelconque pouvoir car il n'eût aucune éducation de leur part.

Durant son séjour chez la nourrice, le clan qui accueillit l'enfant, fut surpris de constater le retour de la prospérité au niveau de leur bétail, cultures... La bénédiction d' Allah accompagnait l'enfant là où il se trouvait et Mohamed était celui qui était protégé.

La rencontre avec les Anges fut bien réelle et la poitrine lui fut réellement lavé. Cela prouve que Mohamed, enfant, était destiné à un grand avenir, et qu' il avait été choisi pour une tâche noble. Certains musulmans qui ont rédigés des biographies du prophète estiment que le miracle de l'ouverture de la poitrine n' est pas à prendre au premier degré et qu' il ne s'agit en fait que d'une image, d'une métaphore. Ces affirmations sont non fondées. Car Anas (raa) grand Compagnon du Prophète (saw) a dit dans un hadith rapporté par Bokhari qu'il avait vu la cicatrice sur la poitrine du Messager (saw).

Ces analyses sont graves car elles tendent à rejeter le côté miraculeux divin et rendre ainsi Mohamed comme étant un super Homme alors qu' il fut Prophète. Il faut comprendre que si des personnes tombent dans ce piège, cela peut amener à des interprétations de toutes sortes qui reviendrait à mettre en doute dans l'esprit de ces gens, la validité du plus grand miracles des miracles à savoir le Coran.

Le Prophète (saw) fut recueilli par son grand-père (Abdelmottalib) puis par son oncle paternel Abou Taleb qui veillera à le vêtir, le nourrir. Plus tard dans sa mission prophétique, Mohamed (saw) comprenait l'importance du respect de l'orphelin car il avait lui même connu cette situation.

Après avoir mené son adolescence, il fit plus tard la connaissance de Khadidja pour qui il travaillera en tant qu' Intendant de ses affaires commerciales. Il épousera Khadidja à l' âge de 25 ans alors qu' elle en avait 40. Ceci démontre que le Mohamed (saw) recherchait non les plaisirs de la chair, mais bien au contraire son attirance pour Khadidja résidait dans le fait qu' elle possédait de nobles qualités et une vertue exemplaire. Il prit soin de choisir son épouse sur des critères moraux et pour Khadidja, la démarche était exactement la même, elle avait vu en Mohamed (saw), un homme sincère, juste ayant des qualités nobles, aimé des Mecquois. Les jeunes de son âge s' étonnaient du choix qu' il avait fait, car ces derniers vêtus de la mode d' époque s'adonnaient au libertinage et préféraient épouser de belles femmes jeunes sans se soucier de leur moralité , et par ailleurs, ils changeaient souvent de femmes, tout cela pour leur plaisir de la chair.

Nous retrouvons de nos jours ces mêmes symptômes dans la jeunesse, une grande majorité des jeunes recherche la beauté physique ou s'adonne au libertinage créant souvent un grave malaise au sein du couple ou engendrant de graves répercussions sociales au niveau national (plus d'un tiers des couples en France se séparent dont un sur deux à Paris).

Sa vie de couple avec Khadidja se passaient très bien, Mohamed (saw) continuaient les affaires commerciales et par ailleurs il réglait les litiges entre les gens. Son sens de la Justice lui avait valu le surnom de "Al Amine" (le digne de confiance). Ce passage nous démontre comment les gens aimaient Mohamed (saw) et n' hésitaient pas à lui confier des dépôts de toutes sortes. Montagne où il y méditait longuement. Cette retraite spirituelle lui était nécessaire, car il ressentait un certain mal à l 'aise à la Mecque. Il cherchait à s' oxygéner de tous les maux qui frappaient la ville, bien qu' il fut toujours protégé du vice et de la turpitude. En Effet, étant adolescent, Mohamed (saw) voulut se rendre à une fête et il fut pris d' un sommeil inexplicable, si bien qu' il ne put assister à l' évènement et ceci se produisait à chaque fois qu' il était proche de festivités. Allah le Très Haut écarta son futur Prophète de tout vice et cela depuis sa naissance (l' ouverture de la poitrine). Hira lorsqu' il fit la rencontre avec l'Ange Jibril (as). C' est à ce moment que se fera la révélation des cinq premiers versets du Qoran (sourate Alaq n° 96 du Qoran). L 'Ange lui dira alors"Je suis Jibril envoyé par Ton Seigneur et tu es le Prophète qu' il a choisi". Après avoir reçu la révélation, le Prophète (saw) rentra chez lui, effrayé, apeuré et demanda à sa femme Khadidja de le couvrir.

A l'approche de la quarantaine, Mohamed (saw) prenait l' habitude de se retirer à l' extérieur de la ville et il se réfugiait sur une

Mohamed se retira à son habitude sur la Montagne, plus précisément à la grotte de

 CE QU' IL FAUT EN TIRER

Il est bon pour le Musulman de se retirer de temps à autre afin qu' il réfléchisse et médite sur lui même, son environnement. Actuellement, notre grotte représente la Mosquée où il est bon de s'y rendre afin de se retirer de ce monde matérialiste et donner ainsi à son âme sa nourriture spirituelle.

Allah le Très Haut a révélé comme premier mot "Iqra" (Lis !) c'est à dire qu'Il invitait les Hommes et les Femmes à la science, car sans science, comment connaître notre Créateur et comment comprendre sa foi et le but des actes d'adorations. Il est obligatoire à tout musulman de s'éduquer qu'il soit homme ou femme. L'éducation peut se faire par les Livres, les rencontres, les K7 audios ou vidéos...

Le Prophète Mohamed (saw) jouissait avant cet évènement d'une confiance totale de tous les Mecquois, pour preuve ils le surnomèrent 'le digne de confiance". Il n'était pas homme à inventer, fabuler, il était reconnu par tous et toutes comme étant sincère, loyal et véridique.

Il faut noter le rôle de l'épouse, donc de l' importance de la femme qui est source de paix pour l' Homme. En effet, le Prophète (saw) se réfugia auprès de sa femme et trouva en elle le réconfort. Allah le Très Haut a dit : "Parmi Ses signes est qu' il vous a créé à partir de vous mêmes des épouses afin que vous trouviez auprès d' elle le calme et le gîte et qu' Il a établi entre vous des liens de tendresse et de miséricorde. Il y a en cela des signes certains pour des gens qui méditent" (sourate 30 verset 21)

L'IMAM MALEK (RAA)

L'Imam Malek (Raa) est né en l'an 93 de l'Hégire (environ en 712-715), parmi les meilleures choses qu'il ait laissé à la communauté, nous pouvons citer le livre intitulé "Al Mouwatta" qui reprend les hadiths les plus sûrs rapportés par les Savants du Hijaz, il y adjoignit beaucoup de paroles de Compagnons ainsi que beaucoup de réponses juridiques. Ce livre était considéré comme le plus sûr jusqu'à ce qu'apparaisse le Livre de l'Imam Al Bokhari (raa). De sa jeunesse à sa mort, sa vie entière fut consacrée dans la recherche de la science, il était doté d'un comportement exemplaire et d'une mémoire étonnante. Beaucoup de personnes se rendaient chez lui pour le questionner et malgré qu'il fut un éminent savant, il avait peur de rendre ces décisions par crainte d'égarer le questionneur. On rapporte même que sur 48 questions qu'on lui posa il ne donna la réponse qu'à 6 d'entre elles et quant à celles restées en suspens, il répondit : "Je ne sais pas". Il était d'une grande modestie malgré que les gens le comparait à un Sultan car il était très écouté. L'Imam Malik mourut en l'an 169 de l'hégire.

QU'EST CE QUE L'ANNEE DE L'ELEPHANT

Les Ethiopiens avaient conquis le Yémen et y avaient construit une église somptueuse dans l'espoir d'évincer la Kaaba et d'y attirer les caravanes de pélerins qui se rendaient chaque année à la Mecque. Mais les Arabes restèrent fidèles à leur premier temple élevé (ou rénové) par Ibrahim (as) et pour se venger de cette concurrence, des Arabes se rendirent au temple de Yémen pour y commettre un sacrilège.

Les Abyssins envoyèrent alors leur général "Abraha" à la tête d'une puissante armée et avec un énorme éléphant destiné à effrayer les Arabes et à démolir la Kaaba. Les Arabes furent effectivement effrayés et laissèrent la voie libre aux Abyssins. Mais, arrivés aux portes de la Mecque, Dieu envoya sur eux une nuée d'oiseaux qui les bombardèrent avec des cailloux, pas plus gros que la taille de pois chiches
(
voir la sourate Fil n° 105). Ainsi le temple fut sauvé par ce miracle dont tous les Arabes ont été témoins. En outre, une épidémie tua Abraha et la plupart de ces hommes. C'est en cette année dite de l'éléphant que naquit le Prophète et Messager Mohamed (SAW).


La femme a-t-elle aussi le droit de divorcer ?

Jeudi 21 Fevrier 2008 - 11:52:28

Question :

La femme a-t-elle elle aussi le droit de divorcer en islam, ou bien ce droit est-il réservé à l'homme seulement ?


Réponse :

Conformément au hadith rapporté par Al-Bukhârî et autres compilateurs, lorsqu’une femme vint trouver le Prophète — paix et bénédiction de Dieu sur lui — en lui disant qu’elle n’avait rien à reprocher à son époux mais qu’elle ne voulait pas rester mariée avec lui, le Prophète — paix et bénédiction de Dieu sur lui — ne lui demanda ni les raisons de ses sentiments à l’égard de son mari, ni les raisons de son malaise. Sa seule réponse fut de parler au mari de cette femme, tout en enjoignant à cette dernière d’accepter de lui rendre sa dot, à savoir un verger. Le hadith est suffisamment explicite pour nous faire parvenir à la conclusion à laquelle aboutit Ibn Rushd (Averroès) dans son livre Bidâyat Al-Mujtahid, volume 2 : « Le talâq [2] est garanti à l’homme toutes les fois qu’il souhaite quitter sa femme. Et de la même manière, le khul` [1] est garanti à la femme toutes les fois qu’elle souhaite quitter son mari. »L'homme comme la femme ont la possibilité de divorcer en islam.

A. D'après les textes de l'islam, le mari peut, pour divorcer, prononcer la formule de divorce (appelée "talâq") ou bien un mot qui n'est employé que pour désigner l'équivalent.

B. Si la femme n'a pas recours à la formule du "talâq", elle a cependant le recours à une des trois possibilités suivantes :
a. soit elle demande à son mari de prononcer la formule de divorce et le mari le fait ;
b. soit elle lui propose le khul' : elle lui rend le douaire (mahr) qu'il lui avait donné au moment du mariage (nikâh), et tous les deux mettent fin à leur état conjugal (les avis des savants sont divergents au sujet de savoir si cela constitue alors un "talâq", ou un "faskh") ;
c. soit elle porte plainte auprès du cadi (juge en pays musulman) pour un certain nombre de griefs, et le cadi, après examen du dossier, prononce le divorce (appelé ici "taf'rîq"). Le mari ne peut pas s'y opposer ni faire appel. Parmi ces griefs il y a : coups et blessures, abandon du foyer par le mari, refus de subvenir aux besoins financiers de l'épouse, impuissance sexuelle, présence chez le mari d'une maladie repoussante, etc. ; il y a même comme cause valable une aversion pour le mari entraînant la décision de ne plus vouloir vivre avec lui. Il y a certes divergences d'opinions à propos des modalités liées au divorce pour ces griefs-là, mais notez qu'en Inde, Cheikh Khâlid Saïfullâh, qui occupe les fonctions de cadi dans l'Etat de l'Andhra Pradesh (en Inde cela est possible parce qu'y existe la muslim personal law) n'hésite pas à donner sur le sujet des avis d'autres écoles juridiques que la sienne (il est de l'école juridique hanafite) pour trouver des solutions aux problèmes que connaissent les femmes. En témoignent ses écrits.

Pourquoi la forme du recours est-elle différente ?

Vous allez me dire : toutes ces raisons sont équitables, mais pourquoi dans les textes de l'islam le mari peut-il divorcer d'une simple parole, et l'épouse non ? On aurait en effet pu supposer que mari et femme aient recours au jugement d'un tribunal pour pouvoir divorcer. Et de fait en islam il est des cas où le mari a, lui aussi, recours au juge pour que celui-ci prononce le divorce (c'est l'avis de certains savants, voir Al-fiqh al-islâmî wa adillatuh, tome 9 p. 7048, p. 7062). Cependant, le mari a une forme supplémentaire de recours : la possibilité de rompre le mariage par la formule du "talâq". Pourquoi ? L'islam est une religion universelle, destinée à tous les pays et toutes les cultures. Et à un avocat hindou lui ayant posé la question que je viens de vous faire dire ci-dessus, Cheikh Khâlid Saïfullâh nous a raconté avoir fait la réponse suivante : "En Inde, la communauté hindoue est, non pas seulement en nombre d'individus mais en pourcentage même, beaucoup plus instruite que la communauté musulmane. Pourtant, vous savez comme moi que le pourcentage de coups et blessures dans les couples est beaucoup plus élevé chez les citoyens indiens de confession hindoue que chez les citoyens indiens de confession musulmane. Pourquoi ? Parce que même si l'Inde est un Etat laïc, les hindous restent en général attachés sur le plan moral à leur religion. Or le mari est, sauf exception, plus fort physiquement que la femme ; et lors d'une trop grande tension, c'est malheureusement souvent lui qui perd patience et qui a recours aux coups. Chez les musulmans, la possibilité de divorcer par la formule fait en quelque sorte fonction de fusible lors d'une trop grande tension chez le mari : celui-ci prononce la formule de divorce." Khâlid Saïfullâh nous rapporta que sa réponse avait satisfait cet avocat.
Vous me direz qu'il est impensable qu'un mari puisse seulement imaginer de battre sa femme parce qu'il y a une trop grande tension et qu'il n'y a pas le "fusible" de la formule du divorce. C'est vrai, et nous avons déjà rappelé dans un autre article présent sur ce site qu'il était interdit de battre sa femme en islam. Mais, comme nous venons de le dire, l'islam est une religion universelle, et la réalité de toutes les sociétés n'est pas toujours conforme à l'idéal que nous sommes en droit d'espérer pour tous. L'idéal est une chose, le réel une autre. Un réel que Khâlid Saïfullâh nous a rapporté être bien présent en Inde malgré cinquante ans de secularism : en pourcentage, les mauvais traitements dans les couples y sont plus nombreux chez des non-musulmans que chez les musulmans.
Il faut ajouter à cela que le mari doit payer le douaire (mahr) à la femme avec qui il se marie (cela n'a rien à voir avec la dot que dans certaines sociétés du passé et d'aujourd'hui, le père de la fille doit verser à celui qui se marie avec sa fille ou doit remettre au couple). Or, dans les pays arabes, ce douaire (mahr) est élevé, assez élevé pour dissuader le mari de répudier sa femme pour un rien ; c'est d'ailleurs une des raisons pour lesquelles il a été institué (cf. Fatâwâ mu'âssira, tome 2 pp. 342-346).
Il faut ajouter également que certains savants musulmans sont d'avis qu'en cas d'utilisation abusive, par le mari, du droit de divorce par la formule, la femme ainsi divorcée peut demander le versement d'une pension compensatoire (voir Al-fiqh al-islâmî wa adillatuh, tome 9 pp. 7065-7066).

Enfin, il est des savants qui pensent que le divorce devient inéluctable quand l'épouse propose au mari le khul'. Le Hadîth rapporté par al-Bukhârî dit qu'une femme est venue voir le Prophète disant qu'elle n'aimait plus son mari et qu'elle voulait se séparer d'elle moyennant la restitution du verger qu'il lui avait donné en douaire ; le Prophète dit au mari : "Accepte le verger et divorce d'elle" (fin de citation). As-San'ânî écrit en commentaire : "Le fait que le Prophète lui ait ordonné de se séparer d'elle est un ordre de recommandation et non d'obligation ; c'est ce qui a été dit. Mais le plus probable est que l'ordre soit considéré comme signifiant son sens originel, à savoir l'obligation ; le prouve le fait que Dieu ait dit : "Soit il la garde avec bienséance, soit il se sépare d'elle avec bienfaisance" : l'une de ces deux choses est obligatoire sur le mari ; or, ici il n'est plus possible qu'il "la garde avec bienséance" puisqu'elle demande la séparation ; il ne lui reste donc plus que "se séparer d'elle avec bienfaisance" (Subul us-salâm, as-San'ânî, tome 3 p. 263).

N'oublions cependant jamais : le divorce, en islam, est le dernier recours. Il ressort des principes de l'islam que ce n'est pas là chose légère mais chose que mari comme femme ne devraient entreprendre qu'en dernier recours.

Si votre époux n’est pas prêt à accepter votre demande de khul` [1], vous devez en référer à une autorité compétente ou à toute autre personne habilitée à agir en lieu et place du juge afin d’en arriver à une solution. L’imam de n’importe quel centre islamique pourrait avoir cette autorité et représenter le juge pour toute action autre qu’une action en justice. En effet le juge a un pouvoir d’exécution tandis que l’imam ne dispose pas d’un tel pouvoir. Toutefois vous-même pouvez prendre à votre compte la décision prise par l’imam et faire valoir vos droits en justice.

 

 

Source: http://www.maison-islam.com

 


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